Une femme abat­tue dans son bar

La gé­rante d’un bar-res­tau­rant a été tuée par balles hier dans son éta­blis­se­ment à Pa­ris. Son ex-ma­ri, dé­jà connu pour vio­lences conju­gales, a été ar­rê­té aus­si­tôt après.

Le Parisien (Paris) - - La Une - STÉ­PHANE SELLAMI AVEC ALEXANDRE ARLOT

Il a peut-être sciem­ment choi­si le jour de la fête des amou­reux pour com­mettre l’ir­ré­pa­rable. Hier vers 18 heures, ave­nue de la Grande-Ar­mée, à deux pas des Champs-Ely­sées à Pa­ris, un homme a fait ir­rup­tion dans un bar-res­tau­rant, l’Ai­glon, avant de faire feu, au moins à trois re­prises, en di­rec­tion de la gé­rante des lieux. Tou­chée de deux balles en plein tho­rax, la vic­time, âgée de 41 ans, s’est écrou­lée tan­dis que l’au­teur des coups de feu quit­tait l’éta­blis­se­ment. A la sor­tie du com­merce, des po­li­ciers de la bri­gade an­ti­cri­mi­na­li­té (BAC) du XVIIe ar­ron­dis­se­ment en patrouille ont aper­çu le ti­reur en train de ran­ger son arme. Ce der­nier, ma­ni­fes­te­ment dans un état se­cond, était en train d’ânon­ner les pa­roles sui­vantes : « j’ai tué ma femme… j’ai tué ma femme… »

Aus­si­tôt in­ter­pel­lé, le meur­trier pré­su­mé, qui se­rait âgé de 45 ans et qui sem­blait être sous l’em­prise de l’al­cool, a été conduit dans les lo­caux du 1er dis­trict de po­lice ju­di­ciaire (DPJ), en charge de l’af­faire.

La vic­time, Fillatre Kio­rou­na, née au Laos, a suc­com­bé à ses bles­sures, quelques mi­nutes après les coups de feu, mal­gré l’in­ter­ven­tion ra­pide des se­cours. « La gé­rante de ce com­merce a été prise pour cible alors qu’elle se trou­vait der­rière le comp­toir de son éta­blis­se­ment, pré­cise Ch­ris­tophe Cré­pin, char­gé de la com­mu­ni­ca­tion pour le syn­di­cat de po­lice Unsa. L’au­teur pré­su­mé des faits n’a pas op­po­sé de ré­sis­tance au mo­ment de son in­ter­pel­la­tion. » n Mère Se­lon nos in­for­ma­tions, la vic­time ve­nait d’ob­te­nir le di­vorce de son com­pa­gnon. Le couple était do­mi­ci­lié en Seine-et-Marne. L’homme est connu des ser­vices de po­lice pour « des vio­lences conju­gales et des vio­lences sur concu­bine ».

« Nous avons vu des gens cou­rir et il y avait beau­coup d’agi­ta­tion, confie une fleu­riste dont la bou­tique est si­tuée à proxi­mi­té de l’Ai­glon. Nous avons en­ten­du des bruits mais sans pou­voir dis­tin­guer s’il s’agis­sait de coups de feu. La

de quatre en­fants

gé­rante de ce bar était une femme sym­pa­thique, tou­jours dis­po­nible et qui bos­sait dur. » Fillatre Kio­rou­na avait re­pris cet éta­blis­se­ment au mois de dé­cembre 2012. Cette élé­gante femme brune aux che­veux longs, tou­jours « bien ap­prê­tée » était mère de quatre en­fants dont cer­tains en bas âge. « Son res­tau­rant était bien te­nu et c’était un en­droit agréable pour man­ger, pour- suit le même té­moin. Il n’y a ja­mais eu d’in­ci­dent dans son éta­blis­se­ment. Nous sa­vions qu’elle était en ins­tance de sé­pa­ra­tion et que son di­vorce s’an­non­çait dif­fi­cile… »

L’au­di­tion du meur­trier pré­su­mé de­vait avoir lieu hier soir. « Il est pros­tré, pré­ci­sait un proche de l’af­faire. Il va être exa­mi­né par un mé­de­cin pour dé­ter­mi­ner s’il peut être au­di­tion­né tout de suite. L’arme du crime, un re­vol­ver, a été sai­sie et sou­mise à ex­per­tise. Se­lon les pre­miers élé­ments de l’en­quête, rien ne lais­sait pré­sa­ger d’une telle is­sue à cette sé­pa­ra­tion. Ce couple avait mon­té une af­faire en­semble avant que la vic­time ne dé­cide de re­prendre ce com­merce. »

(Lp/phi­lippe La­vieille.)

Pa­ris (XVIe), hier. La po­lice ana­ly­sait hier soir la scène du crime, dans le bar-res­tau­rant l’Ai­glon près des Champs-Ely­sées.

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