L’ou­ver­ture des ma­ga­sins le di­manche vire au bri­co­lage

Après la sus­pen­sion, mer­cre­di, du­dé­cret au­to­ri­sant les ma­ga­sins de bri­co­lage à ou­vrir le di­manche, la plu­partdes grandes en­seignes lè­ve­ront leur ri­deau au­jourd’hui.

Le Parisien (Paris) - - Economie - BO­RIS CAS­SEL ET EL­SA MA­RI

Re­tour à la case dé­part. Quatre jours après la dé­ci­sion du Con­seil d’Etat de sus­pendre l’au­to­ri­sa­tion des ma­ga­sins de bri­co­lage à ou­vrir le di­manche, la plu­part des grandes en­seignes ouvrent leurs portes au­jourd’hui. Les géants de la dis­tri­bu­tion ont dé­ci­dé d’uti­li­ser toutes les as­tuces ju­ri­diques pour ne pas se mettre dans l’illé­ga­li­té. « Tous nos ma­ga­sins qui fai­saient l’ob­jet d’une ou­ver­ture do­mi­ni­cale res­te­ront ou­verts ce di­manche, car nous avons toutes les au­to­ri­sa­tions né­ces­saires, dans la me­sure où la loi nous ac­corde le droit d’ou­vrir cinq di­manches par an à ti- tre ex­cep­tion­nel » , ex­plique une re­pré­sen­tante de Castorama. Des « rus­tines » ju­ri­diques en at­ten­dant la pu­bli­ca­tion d’un nou­veau dé­cret leur per­met­tant d’ou­vrir tous les di­manches.

Le gou­ver­ne­ment s’est en ef­fet en­ga­gé à réviser sa co­pie très ra­pi­de­ment. Se­lon nos in­for­ma­tions, un nou­veau pro­jet de dé­cret a d’ores et dé­jà été trans­mis au Con­seil d’Etat. Ce­lui- ci pour­rait donc être pu­blié pro­chai­ne­ment. Mais le gou­ver­ne­ment de­vra rendre une co­pie so­lide. Car il est at­ten­du au tour­nant. « Nous étu­die­rons ce nou­veau dé­cret de près pour voir s’il y a la pos­si­bi­li­té de l’at­ta­quer » , pré­vient Mi­chèle Chay, se­cré­taire gé­né­rale de la CGT com­merce, l’une des or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales ayant contri­bué à in­va­li­der le texte ori­gi­nel. Des pro­pos qui laissent pré­sa­ger un énième re­bon­dis­se­ment dans un feuille­ton qui n’en manque pas. Et qui risque en­core de du­rer quelques mois, le temps qu’une loi tranche en­fin cette épi­neuse ques­tion. Jean- Marc Ay­rault, le Pre­mier mi­nistre, a an­non­cé un texte lé­gis­la­tif pour le cou­rant de l’an­née. Ça ne fe­ra ja­mais que le troi­sième en six ans ( lire ci- des­sous).

Ce texte s’ins­pi­re­ra d’un rap­port com­man­dé par Ma­ti­gnon à Jean- Paul Bailly, l’ex- pa­tron de la Poste. Iro­nie de l’his­toire, re­mis en dé­cembre der­nier au Pre­mier mi­nistre, ce do­cu­ment en­cou­rage… la fin des dé­ro­ga­tions sec­to­rielles. Au­tre­ment dit, les ma­ga­sins de bri­co­lage ne pourraient plus ou­vrir tous les di­manches. Il fau­drait même, pour l’au­teur du rap­port, re­ve­nir sur cer­taines au­to­ri­sa­tions ac­cor­dées ces der­nières an­nées. « La sor­tie, à terme, du sec­teur de l’ameu­ble­ment de la liste des dé­ro­ga­toires de droit est in­dis­pen­sable » , est- il écrit noir sur blanc dans ce rap­port. Le bras de fer entre les pou­voirs pu­blics et les pa­trons des en­seignes spé­cia­li­sées ( Castorama, Leroy Mer­lin, Bri­co­ra­ma, etc.) n’est pas prêt de s’ache­ver. D’au­tant que les avis des sa­la­riés sur la ques­tion di­vergent, cer­tains étant fa­vo­rables à l’ou­ver­ture do­mi­ni­cale des ma­ga­sins pour do­per leur pou­voir d’achat, et d’autres, à l’ins­tar des syn­di­cats, vou­lant sanc­tua­ri­ser le der­nier jour de la se­maine. Le gou­ver­ne­ment ne pour­ra pas comp­ter non plus sur les éco­no­mistes pour mettre fin à la ca­co­pho­nie am­biante, les ex­perts n’étant pas d’ac­cord entre eux sur les re­tom­bées qu’au­rait un éven­tuel bou­le­ver­se­ment de la lé­gis­la­tion sur le mar­ché de l’em­ploi.

Pa­ris ( XVIIe). Bri­co­ra­ma, Castorama, Leroy Mer­lin... La plu­part des grandes en­seignes ou­vri­ront ce di­manche en uti­li­sant leur droit à cinq ou­ver­tures ex­cep­tion­nelles par an.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.