« Un be­soin urgent de re­voir les règles du jeu »

Jacques Creys­sel, dé­lé­gué gé­né­ral de la Fé­dé­ra­tion du com­merce et de­la dis­tri­bu­tion

Le Parisien (Paris) - - Economie - Pro­pos re­cueillis par B. C. ET EL. M.

Le re­pré­sen­tant du monde de la grande dis­tri­bu­tion prône un élar­gis­se­ment des au­to­ri­sa­tions d’ou­ver­ture du di­manche. Les en­seignes de bri­co­lage ouvrent au­jourd’hui mal­gré l’ar­rêt du Con­seil d’Etat. Cette ou­ver­ture est- elle lé­gale ? JACQUES CREYS­SEL. Ces en­seignes ne font pas par­tie de notre fé­dé­ra­tion, je me gar­de­rai donc de par­ler en leur nom. Ce­pen­dant, cet évé­ne­ment montre que nous avons un be­soin urgent de re­voir les règles du jeu en ma­tière de travail do­mi­ni­cal dans la dis­tri­bu­tion. Le monde a chan­gé. Les Fran­çais achètent de plus en plus sur In­ter­net. Il faut ré­pondre aux nou­veaux be­soins des consom­ma­teurs. Les ma­ga­sins phy­siques doivent pou­voir leur of­frir les mêmes pos­si­bi­li­tés que les sites In­ter­net de com­merce électronique. Sur la Toile, on peut com­man­der à toute heure. Les ma­ga­sins phy­siques doivent- ils res­ter ou­verts 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ? Non, mais il faut al­ler vers une ou­ver­ture plus grande des ma­ga­sins. C’est le sens de l’his­toire. Il est aus­si né­ces­saire d’as­su­rer une éga­li­té de trai­te­ment entre les sec­teurs. Rien ne jus­ti­fie la dis­tinc­tion faite entre l’ameu­ble­ment, au­to­ri­sé à tra­vailler le di­manche, et l’élec­tro­mé­na­ger, qui en est in­ter­dit. Les en­seignes d’ameu­ble­ment ven­dant de l’élec­tro­mé­na­ger, il y a une in­éga­li­té de trai­te­ment à cor­ri­ger. Les ma­ga­sins d’élec­tro­mé­na­ger doivent pou­voir ou­vrir le di­manche. Le dé­cret en pré­pa­ra­tion sur l’ou­ver­ture du di­manche des ma­ga­sins de bri­co­lage doit être élar­gi à l’élec­tro­mé­na­ger ? Si ce­la peut pas­ser par ce dé­cret, oui. Au- de­là de ce texte, nous at- ten­dons ra­pi­de­ment une nou­velle loi pour mo­di­fier ce sys­tème. Le travail du di­manche re­pré­sente un gi­se­ment im­por­tant d’em­plois. Sai­sis­sons cette op­por­tu­ni­té ! Cette loi de­vra tout re­mettre à plat et trai­ter d’autres pro­blèmes comme ce­lui de vieux arrêtés pré­fec­to­raux à Pa­ris qui bloquent l’ou­ver­ture do­mi­ni­cale — pour­tant lé­gale — de cer­tains com­merces ali­men­taires. Les con­tre­par­ties pour les sa­la­riés doivent- elles ins­crites dans cette loi ? Les condi­tions so­ciales dans les­quelles les ou­ver­tures se fe­ront doivent être dis­cu­tées au ni­veau des branches ou des en­tre­prises pour col­ler à la réa­li­té du sec­teur.

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