Chez les voyants, le bou­lot dé­trône l’amour

Quatre consul­ta­tions sur cinq concernent l’ave­nir pro­fes­sion­nel, se­lon Claude Alexis, mé­dium­pré­sent jus­qu’à de­main au sa­lonPa­rap­sy. Par­mi les nou­veaux clients : des­pa­trons in­quiets.

Le Parisien (Paris) - - Société - CH­RIS­TINE MA­TEUS

Vais- je trou­ver l’âme soeur ? Est- il ( elle) in­fi­dèle ? Vi­si­ble­ment, ces ques­tions n’in­té­ressent plus per­sonne. Le sa­lon Pa­rap­sy, qui se tient jus­qu’à de­main à Pa­ris*, a beau coïn­ci­der avec la Saint- Va­len­tin, ce n’est plus l’amour qui y fait re­cette. Dé­sor­mais, les pré­oc­cu­pa­tions fleurent bon la crise éco­no­mique et ce­lui qui se trouve de l’autre cô­té de la boule de cris­tal est de plus en plus souvent un chef d’en­tre­prise, in­quiet quant à l’ave­nir de sa so­cié­té.

« Les de­mandes sur l’em­ploi viennent au­jourd’hui en pre­mier lieu. C’est fla­grant, con­corde Serge Koskas, mé­dium ta­ro­logue. J’ai ré­cem­ment eu en consul­ta­tion un pa­tron, qua­si­ment en larmes, sou­cieux de ne pas être en me­sure de payer ses charges. La crise est bien pré­sente et les in­quié­tudes qui vont avec. »

« Nous consta­tons une grosse an­goisse liée à l’ar­gent, pré­cise non loin Patricia Las­serre, as­tro­logue. Est- ce que je vais en man­quer de­main ? Est ce que l’en­tre­prise va fer­mer ? sont de­ve­nues des ques­tions ré­cur­rentes. Nous voyons éga­le­ment beau­coup de per­sonnes qui en­vi­sagent une re­con­ver­sion, un chan­ge­ment ra­di­cal d’ac­ti­vi­té, après un li­cen­cie­ment par exemple. Du coup, ils viennent nous voir pour sa­voir s’ils ont le po­ten­tiel pour le faire, si c’est le bon mo­ment d’en­tre­prendre ce pro­jet. Un peu comme on pren­drait ren­dez- vous avec un conseiller d’orien­ta­tion ou un coach pro­fes­sion­nel. »

Con­sé­quence non négligeable de cette ten­dance : la part plus im­por­tante d’hommes — da­van­tage pré­sents sur les postes à res­pon­sa­bi­li­tés — dans la clien­tèle des voyants. « Ils ne veulent pas trop que ce­la se sache, de peur d’être dé­cré­di­bi­li­sés. Pour­tant, les de­vins ont tou­jours conseillé les puis­sants : les rois, les chefs d’Etat… » égrène l’as­tro­logue, par ailleurs doc­teur en phi­lo­so­phie. Au to­tal, 10 mil­lions de Fran­çais consul­te­raient chaque an­née.

Un peu per­due dans les al­lées, ne sa­chant pas vers quel stand se di­ri­ger, Ni­cole, 67 ans, est ve­nue pour

Lorsque l’on gère une en­tre­prise, on a be­soin de vi­si­bi­li­té pour avan­cer” An­na­belle de Ville­dieu, thé­ra­peute mé­dium

son fils. C’est aus­si l’une des grandes nou­veau­tés consta­tées par les pro­fes­sion­nels des arts di­vi­na­toires : ces aî­nés qui s’in­quiètent pour les jeunes gé­né­ra­tions… tou­jours sur le plan éco­no­mique. « Après plu­sieurs em­plois pré­caires, de longues pé­riodes de chô­mage, mon gar­çon a créé il y a deux ans sa so­cié­té de net­toyage. Il est tel­le­ment stres­sé qu’il s’en rend ma­lade. Je l’en­tends souvent dire qu’il va mettre la clé sous la porte, sou­pire la re­trai­tée. Je n’en peux plus d’être im­puis­sante. Ici, on va peut- être m’éclai­rer sur ce qui l’at­tend et me conseiller. »

Le cé­lèbre voyant mé­dium Claude Alexis a même des sta­tis­tiques très pré­cises. « Sur cinq consul­ta- tions, quatre sont liées au travail. Il y a en­core cinq ans, les gens ve­naient sur­tout pour des ques­tions ayant trait au do­maine sen­ti­men­tal. C’est ce qui fai­sait pen­ser à cer­tains que la voyance était fu­tile. » Dans sa clien­tèle, le sec­teur mé­di­cal, et no­tam­ment l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique, est très re­pré­sen­té. Quel­que­suns viennent aus­si de so­cié­tés qui ont ré­cem­ment connu des dif­fi­cul­tés : Peu­geot, Mi­che­lin, Doux, Air France…

« Sa­la­riés ET membres de la di­rec­tion » , in­siste d’ailleurs l’homme au re­gard per­çant. An­na­belle de Ville­dieu, thé­ra­peute mé­dium, n’est pas éton­née par cet af­flux. « Lorsque l’on gère une en­tre­prise, on a be­soin de vi­si­bi­li­té pour avan­cer. Or, la voyance est une gui­dance, un sou­tien pour prendre les dé­ci­sions les plus judicieuses. » * Sa­lon Pa­rap­sy, Es­pace Cham­per­ret, porte de Cham­per­ret ( Pa­ris XVIIe). De 10 h 30 à 20 heures jus­qu’à de­main. Plus d’in­fos au 04 72 76 24 21 ou sur sa­lonpa­rap­sy. com.

( LP/ Hum­ber­to de Oli­vei­ra.)

Pa­ris ( XVIIe), hier. « Nous voyons beau­coup de per­sonnes qui en­vi­sagent une re­con­ver­sion. Du coup, ils viennent pour sa­voir s’ils ont le po­ten­tiel pour le faire, si c’est le bon mo­ment d’en­tre­prendre ce pro­jet » , ra­conte Patricia Las­serre, as­tro­logue, pré­sente au sa­lon Pa­rap­sy.

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