Pé­cha­lat- Bour­zat, comme un vieux couple

Le duo est en­ga­gé dans le pro­gramme court de danse

Le Parisien (Paris) - - Sports - SOT­CHI ( RUS­SIE) De notre en­voyé spé­cial ÉRIC BRU­NA

Au dé­part, ils avaient peu d’af­fi­ni­tés. Puis ils ont vé­cu plus de deux ans en­semble avant de se sé­pa­rer. A par­tir de ce soir, sauf s’ils évo­luent « comme des sa­vates » ( au­quel cas ils at­ten­draient peut- être les pro­chains Mon­diaux pour di­vor­cer en ama­teurs), Na­tha­lie Pé­cha­lat, 30 ans, et Fa­bian Bour­zat, 33 ans, vont mettre un terme à une his­toire de couple qui dure de­puis plus de treize ans. D’abord avec le pro­gramme court, au­jourd’hui, sur le « Ca­ba­ret » de Bob Fosse, puis sur le libre du « Pe­tit Prince et la Rose » de­main. Avec une fraî­cheur in­tacte. « Il suf­fit qu’elle ouvre la bouche pour me sur­prendre » , glisse, un brin per­fide, Fa­bian Bour­zat. « Quelle las­si­tude vou­lez­vous qu’on ait ? On a tou­jours en­vie de se mettre sur la tronche, ré­pond Na­tha­lie Pé­cha­lat, dans un re­gard com­plice. On se dit les choses. Sauf que nous, c’est un peu en gueu­lant. Fort. Par­fois on est comme un vieux couple. On se dit : Comment j’ai fait pour le sup­por­ter pen­dant tout ce temps ? Mais on se marre bien fi­na­le­ment, on se fait des blagues. De toute fa­çon, on n’est pas les mêmes et il est trop tard pour nous chan­ger. » Na­tha­lie a le dé­bit fa­cile. Fa­bian la laisse vo­lon­tiers par­ler. « Pas­sez une jour­née avec nous, vous com­pren­drez, souffle- t- il. On n’a ja­mais le temps de s’en­nuyer ! » Au fil des ans, la jeune femme a bien ten­té de cor­ri­ger quelques dé­fauts de son par­te­naire. Avant de re­non­cer.

nElle ren­tre­ra en France et lui res­te­ra aux Etats- Unis

« J’ai vou­lu, par exemple, lui faire ache­ter des billets d’avion, lance- t- elle entre mo­que­rie et conster­na­tion. Il s’est trom­pé et c’est moi qui me suis dis­pu­tée avec l’hô­tesse de l’air. Je lui di­sais : C’est bon, il n’est pas con à ce point- là ! Et Fa­bian ne bron­chait pas… Il te fait ça deux, trois fois, tu ar­rêtes. Le truc, c’est que dans la vraie vie tu te dis oui, mais je l’aime pour telle et telle rai­son, donc ça fait par­tie de lui, je l’ac­cepte si­non je change de mec. C’est une vo­lon­té. Nous, c’est plus : on me l’a mis dans les pattes et bon… il faut se for­cer. » En­core un pe­tit ef­fort avant la sé­pa­ra­tion pour le duo le plus ti­tré du pa­ti­nage tri­co­lore ( doubles cham­pions d’Eu­rope et mé­daillés de bronze aux Mon­diaux 2012 no­tam­ment). Après les Jeux, Bour­zat va res­ter à Dé­troit ( Etats- Unis), où ils avaient leur base d’entraînement.

Pé­cha­lat, elle, ren­tre­ra en France. « On va conti­nuer à faire des shows pen­dant quelques mois, se ras­sure- telle. Ce n’est pas comme si on pa­ti­nait ici en­semble pour la der­nière fois. C’est moins dra­ma­tique. » Puis ce se­ra le re­tour à une vie « nor­male » . « Il va fal­loir que je trouve un job, s’in­quiète presque Na­tha­lie, qui a fait des études en ma­na­ge­ment. En même temps, ce­la au­rait été ri­di­cule d’en­voyer dé­jà des CV… » Le tacle glis­sé fuse. « Quel CV ? lance Fa­bian. Ce­la fait six mois que tu as ton CV à faire ! » La belle at­ten­dait d’y écrire une der­nière ligne. Celle d’une mé­daille à Sot­chi.

( AP/ Ber­nat Ar­mangue.)

Sot­chi ( Rus­sie), le 8 fé­vrier.

Na­tha­lie Pé­cha­lat et Fa­bian Bour­zat

( ici lors de l’épreuve par équipe) met­tront un terme à leur car­rière à l’is­sue des JO, après une his­toire

de plus de treize ans.

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