Vam­pire, es- tu­là ?

Le Parisien (Paris) - - Mon Dimanche -

Dra­cu­la est né en 1897… dans l’es­prit et sous la plume d’un écri­vain ir­lan­dais, Bram Sto­ker. Pour don­ner da­van­tage de chair his­to­rique à son hé­ros vam­pire, il lui donne une de­meure qu’il dé­niche, à force de re­cherches historiques, au coeur des Car­pates, et le cos­tume d’un guer­rier san­gui­naire. L’homme qui ins­pire l’écri­vain est le fils de Vlad Dracul ( le « diable » en rou­main), prince de Va­la­chie et seigneur des Car­pates au XVe siècle. Sui­vant les traces de son père, Vlad Tepes ( l’Em­pa­leur) se montre un guer­rier san­gui­naire et par­ti­cu­liè­re­ment fé­roce, puis­qu’il prend l’ha­bi­tude d’ache­ver ses en­ne­mis en les em­pa­lant en­core vi­vants sur un pieu !

Par­tir sur les traces de Dra­cu­la, c’est suivre celle de ce Vlad. Au châ­teau de Bran, tout d’abord, construit en 1377 à quelques ki­lo­mètres au sud de Bra­sov, deuxième ville du pays ( 25 lei ou 5,50 € l’en­trée, et 10 lei ou 2,20 € l’au­dio­guide en fran­çais). Aus­tère, gla­ciale et ju­chée sur un pi­ton ro­cheux do­mi­nant une val­lée de sa­pins en­nei­gés l’hi­ver, la bâ­tisse est aus­si ma­gni­fique que ter­ri­fiante. C’est pour­tant l’une des ré­si­dences d’été que la fa­mille royale rou­maine, après avoir amé­na­gé un peu plus confor­ta­ble­ment une par­tie des 57 pièces, fré­quen­tait avant la Se­conde Guerre mon­diale. Seules deux pièces, bien do­cu­men­tées, sont consa­crées au san­gui­naire Vlad Tepes, qui y fut em­pri­son­né quelques an­nées. « Nous al­lons dé­ve­lop­per et mieux ex­ploi­ter la lé­gende de Dra­cu­la, car c’est elle qui at­tire ici 90 % de nos 500000 vi­si­teurs par an, pro­met Alexan­dru Pris­cu, le res­pon­sable mar­ke­ting du châ­teau. Le pre­mier étage, qui se­ra ac­ces­sible par un as­cen­seur et un tun­nel, lui se­ra en­tiè­re­ment consa­cré dans quelques mois. » nLa Les ven­deurs de ba­bioles, au pied du chateau, sont heu­reu­se­ment là pour nous rap­pe­ler le mythe à force de tasses, tee- shirts, porte- clés ou pe­tites cuillères aux couleurs du hé­ros lo­cal. Tout comme le pro­prié­taire de la Casa Vlad Dracul, un res­tau­rant ni­ché à l’étage de la mai­son na­tale de

tombe du comte

Vlad Tepes à Si­ghi­soa­ra, une cen­taine de ki­lo­mètres au nord, au coeur de la Tran­syl­va­nie. Au menu, une soupe ( le plat na­tio­nal) faite de lé­gumes ou de tripes et ser­vie en pain sur­prise en guise de bol, mais aus­si des viandes grillées ( l’autre grande spé­cia­li­té cu­li­naire rou­maine) agré­men­tées de sauce tomate ha­bi­le­ment cui­si­née pour rap­pe­ler le sang des vic­times du comte.

Le cir­cuit Dra­cu­la s’achève dans un lieu bien plus pai­sible. Le mo­nas­tère de Sna­gov, po­sé sur une pe­tite île pri­vée au mi­lieu du lac du même nom, non loin de Bu­ca­rest, se gagne en barque ou à pied sur un pon­ton de bois. Dans la cha­pelle or­tho­doxe du lieu, où vit en­core un moine, re­pose la dé­pouille de Vlad Tepes. La tombe, en pierre de taille, scel­lée à même le sol, est elle aus­si aus­tère, mais la cha­pelle aux murs en­tiè­re­ment dé­co­rés de ta­bleaux et d’icônes se dé­chiffre comme les pages d’un livre d’his­toire de l’or­tho­doxie rou­maine.

Bu­ca­rest ( Rou­ma­nie). Le pa­lais du Par­le­ment est une fo­lie ar­chi­tec­tu­rale qu’on doit à l’an­cien dic­ta­teur com­mu­niste Ni­co­las Ceaușes­cu.

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