Pé­guye­taus­siFour­nier, Per­gaud, Apol­li­naire…

Le Parisien (Paris) - - Mon Dimanche - D. C.

Par­mi les 9 mil­lions de morts du pre­mier conflit mon­dial, de nom­breux ar­tistes sont tom­bés au champ d’hon­neur. Sur une plaque ap­po­sée au mur du Pan­théon qui cé­lèbre les grands dis­pa­rus fran­çais, 546 noms de poètes, de peintres, de sculp­teurs ou de ro­man­ciers sont ain­si gra­vés.

Par­mi ces vic­times, plus il­lustres que les ba­taillons d’ano­nymes fau­chés dans l’im­pi­toyable bou­che­rie, fi­gure un ami de Charles Pé­guy, le ro­man­cier Alain Four­nier, au­teur du « Grand Meaulnes » , tué sur le champ de ba­taille à Saint- Ré­my- laCa­lonne dans la Meuse en sep­tembre 1914. Son corps ne se­ra re­trou­vé et iden­ti­fié qu’en 1991 dans une fosse com­mune. Le 8 avril 1915, le sous­lieu­te­nant Louis Per­gaud, au­teur de la cé­lèbre « Guerre des bou­tons » en 1912 et ins­ti­tu­teur dans le ci­vil, est mor­tel­le­ment bles­sé par les balles al- le­mandes lors d’une of­fen­sive dans la Meuse.

Un an plus tard, le grand poète Guillaume Apol­li­naire, au­teur d’ « Al­cools » et du « Pont Mi­ra­beau » , est sé­rieu­se­ment at­teint à la tête dans les tran­chées par un éclat d’obus. Très af­fai­bli par ses bles­su- res, il ex­pire en no­vembre 1918, à 38 ans, après avoir pu­blié « Cal­li­grammes » . nRe­nom­mées Du fait de leur dis­pa­ri­tion au front, les ar­tistes et leurs oeuvres ont connu des for­tunes post­humes di­verses. Le

post­humes

« Grand Meaulnes » d’Alain Four­nier, pu­blié en 1913 et qui man­que­ra le Gon­court d’une voix cette même an­née, n’a vrai­ment conquis son pu­blic qu’une fois son au­teur dis­pa­ru.

Plus anec­do­tique mais tout aus­si ins­truc­tif : le sous- lieu­te­nant d’ar­tille­rie Al­bert- Paul Gra­nier a trom­pé l’en­nui et la mort en écri­vant un re­cueil res­té dans l’ano­ny­mat d’un grenier jus­qu’en 2008. Abattu par l’ar­tille­rie al­le­mande en plein vol, il a lais­sé der­rière lui de ma­gni­fiques poèmes dé­cou­verts un jour de brocante par Fran­çois de Cor­nières, qui le trans­met à l’écri­vain Claude Du­ne­ton. Ce der­nier par­vien­dra à le faire pu­blier ( « Les Co­qs et les Vau­tours » , Edi­tions Equa­teurs pa­ral­lèles) et à dé­ter­mi­ner, grâce à de nom­breuses re­cherches, que l’au­teur avait re­çu un prix de l’Aca­dé­mie fran­çaise pour ses vers en dé­cembre 1917, trois mois après sa mort.

( Ro­ger- Viol­let et API.)

Alain Four­nier, Louis Per­gaud et Guillaume Apol­li­naire font par­tie des écri­vains vic­times de la Grande Guerre.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.