Pho­to­gra­phie Le­sé­tran­ges­vi­sions­deDa­vidLynch

Le Parisien (Paris) - - Mon Dimanche - HU­BERT LIZÉ

on der­nier film, « In­land Em­pire » , re­monte à plus de sept ans. De­puis, le Da­vid Lynch ci­néaste s’est ef­fa­cé der­rière le peintre et le pho­to­graphe. Et le monde en­tier s’ar­rache les oeuvres de l’ar­tiste ca­li­for­nien à la cri­nière grise. La pho­to, une ma­nière dif­fé­rente pour le réa­li­sa­teur de « Mul­hol­land Drive » de ra­con­ter, sur un sup­port en noir et blanc, « de pe­tites his­toires sans mots » , comme s’in­ti­tule l’ex­po­si­tion de 55 images que lui consacre la Mai­son eu­ro­péenne de la pho­to­gra­phie à Pa­ris.

Cette sé­rie de cli­chés oni­riques et tein­tés de sur­réa­lisme dévoile des ob­jets, des lieux ou des per­son­nages en clair- obs­cur, flot­tant dans l’at­mo­sphère, flous ou au contraire ex­po­sés bien nets dans des vi­trines : une voi­ture jouet, des fi­gu­rines en pa­pier mâ­ché, des têtes en forme de lune, les fesses d’une femme nue sur

Sun ca­na­pé, une arai­gnée géante, une mouche sur une boule de nour­ri­ture, un pis­to­let, un che­val à rou­lettes, un mou­ton qui paît sur la mo­quette… nUn On ju­re­rait que Da­vid Lynch, à 68 ans, s’amuse à re­tom­ber en en­fance en ma­niant son boî­tier. Ou que cet adepte de la mé­di­ta­tion trans­cen­dan­tale n’est ja­mais tout à fait re­des­cen­du. Enig­ma­tique en par­cou­rant son ex­po, l’au­teur ré­vèle tou­te­fois que de­puis qu’il a « une pe­tite fille d’un an et de­mi pré­nom­mée Lu­la ( NDLR : comme son film Sai­lor and Lu­la), des tas de choses traînent » dans sa mai­son de Los An­geles, « au-

homme heu­reux

tre­fois très vide » . Et qu’il sculpte lui­même les têtes en ar­gile ou en bubble gum qu’il met en­suite en scène, en par­tie dans l’ate­lier de son ga­le­riste pa­ri­sien. D’où lui vient son ins­pi­ra­tion ? « De rêves éveillés, ja­mais de cau­che­mars » , ré­pond- il en sou­riant. « J’ai du mal à ana­ly­ser mon travail. Une idée vient, puis une autre. Je ne sous- titre pas mes pho­tos, je laisse le soin aux spec­ta­teurs d’ima­gi­ner ce qu’ils y voient, en fonc­tion de leur hu­meur. »

Ce qui est cer­tain, c’est que l’hu­meur de Da­vid Lynch est au beau fixe. « Un jour par­fait, c’est un jour où je suis heu­reux du ma­tin au soir, et ce­la m’arrive très souvent » , avoue- til. Et aus­si bi­zar­roïdes qu’elles soient, ses pho­tos dé­gagent toutes une cer­taine quié­tude. Mais ceux pour qui ses films, à part peut- être « Ele­phant Man » , de­meurent une énigme, ne se­ront guère plus avan­cés en ob­ser­vant ses pho­tos. Ex­po­si­tion Da­vid Lynch, jus­qu’au 16 mars à la MEP, 5- 7, rue de Four­cy, Pa­ris IVe. Du mer­cre­di au di­manche, de 11 heures à 19 h 45. En­trée : 8 €.

Da­vid Lynch tra­vaille en noir et blanc.

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