« LesTuche » : des Ch’tis àMo­nac’

Le Parisien (Paris) - - Mon Dimanche - AYMERIC RE­NOU CHAR­LOTTE MO­REAU

TF 1 20 h 50. Dans la ca­té­go­rie na­nar, « les Tuche » pourraient fa­ci­le­ment pré­tendre, aux yeux des cri­tiques, à l’une des marches du po­dium de l’an­née 2011. Ce se­rait al­ler un peu vite en be­sogne tel­le­ment ce film, si­gné Oli­vier Ba­roux ( le « O » de Kad & O), fait du ti­rage de grosses fi­celles et de la ca­ri­ca­ture gro­tesque un art to­ta­le­ment maî­tri­sé. La fa­mille Tuche, dont la phi­lo­so­phie tient en une phrase, « l’homme n’est pas fait pour tra­vailler » , se contente d’al­lo­ca­tions pour vivre chi­che­ment, mais dans un bon­heur familial rare, dans le Nord. Pa­ta­tras, l’ « Eu­ro Lo­te­rie » passe par là, les gra­ti­fie d’un pac­tole de 100 mil­lions qui les pro­pulse… à Monaco. L’in­trigue qui suit n’a que peu d’im­por­tance : deux mondes qui s’en­tre­choquent et une pe­tite mu­sique dé­jà connue sur le thème « l’ar­gent ne fait pas le bon­heur » , ou « les pauvres ont la plus belle ri­chesse, celle du coeur » … Le jeu des ac­teurs et leurs ré­pliques ( co­écrites par Chan­tal Lau­by) sont, elles, un vrai fes­ti­val de n’im­porte quoi ju­bi­la­toire. Jean- Paul Rouve ex­celle en chef de fa­mille Tuche, foo­teux nor­diste et en­traî­neur- sau­ve­teur des pu­pilles de l’AS Monaco. Isa­belle Nan­ty se ré­vèle délicieuse en ma­man dé­pri­mée de­ve­nant la meilleure amie d’une ri­chis­sime épouse dé­lais­sée. Claire Nadeau, alias « ma­my Suze » , at­teint, elle, des som­mets d’ab­sur­di­té que ne re­nie­rait au­cun des co­miques ayant écu­mé le « Col­la­ro Show » des an­nées 1980. Avec les Tuche, la dé­mons­tra­tion est faite : plus c’est gros, plus ça passe ! HD 1, 20 h 50. Fils de truand et chef d’un gang de bra­queurs, Doug ( Ben Af­fleck) rêve d’échap­per à la vio­lence du quar­tier de Bos­ton où il ré­side, The Town. Tou­te­fois, pour pou­voir rac­cro­cher, il est for­cé d’or­ga­ni­ser un ul­time hold- up. Ha­bi­tué de­puis des an­nées à pla­ni­fier ses coups sans se faire prendre par la po­lice, Doug a an­ti­ci­pé le moindre im­pré­vu. Sauf un : ce­lui de tom­ber amou­reux de la char­mante di­rec­trice de banque qu’il a prise en otage… Si « Gone Ba­by Gone » ( 2007), dé­jà si­tué à Bos­ton, a ré­vé­lé en Ben Af­fleck un ci­néaste pro­met­teur, « The Town » ne per­met­tait plus d’en dou­ter. Tous les atouts de l’ex- jeune pre­mier fa­lot d' « Ar­ma­ged­don » y sont réunis : l’art de fil­mer l’ac­tion et l’ur­gence, de ra­con­ter le poids d’une vie et d’un en­vi­ron­ne­ment en met­tant le sen­ti­ment au coeur du ré­cit. Dans la pa­lette de « The Town » , au­cune émo­tion n’est ou­bliée. On y re­trouve l’hé­ri­tage d’un Clint East­wood, idole d’Af­fleck et les germes qui lui ont per­mis, trois ans plus tard, de dé­cro­cher l’Os­car du meilleur réa­li­sa­teur pour « Ar­go » . In­jus­te­ment pas­sé in­aper­çu lors de sa sor­tie en salles en 2010, « The Town » mé­rite ré­pa­ra­tion ce soir.

( Prod.)

Jean- Paul Rouve ( tee- shirt jaune) et Isa­belle Nan­ty dans leur rôle de chef de fa­mille.

ex­cellent cha­cun

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.