Et­ses­prin­ci­pa­les­fai­blesses

Le Parisien (Paris) - - Lefaitdujour - B. C.

Voi­ci les fai­blesses de l’éco­no­mie fran­çaise les plus no­tables aux yeux des in­ves­tis­seurs in­ter­na­tio­naux. nUne At­ten­du à 46,3 % du PIB en 2013, le taux de pré­lè­ve­ment obli­ga­toire — qui me­sure le poids des im­pôts, taxes et co­ti­sa­tions so­ciales dans l’éco­no­mie — est l’un des plus éle­vés en Eu­rope. Cette pres­sion fis­cale a for­te­ment aug­men­té de­puis le dé­but de la crise. Ce­la s’est tra­duit à la fois par une aug­men­ta­tion du taux des im­pôts exis­tants et par une mul­ti­pli­ca­tion de nou­veaux pré­lè­ve­ments ( sur­taxe de l’im­pôt sur les so­cié­tés…).

L’avis de l’ex­pert. « Nous sommes au­jourd’hui dans l’ex­cès fis­cal. Pour­quoi ? Car nous de­vons fi­nan­cer une dé­pense pu­blique trop éle­vée. Il ne s’agit pas d’aban­don­ner notre mo­dèle so­cial. Mais il faut faire re­ve­nir la dé­pense pu­blique fran­çaise à un ni­veau proche de ce­lui de pays comme l’Al­le­magne, qui ar­rivent tout de même à conser­ver un bon ni­veau de pro­tec­tion so­ciale. » nUne Ré­pon­dant à une opi­nion pu­blique en de­mande per­ma­nente de chan­ge­ments, les par­le­men­taires ont mul­ti­plié les lois ces der­nières an­nées. Un em­pi­le­ment de nou­velles me­sures qui, en fis­ca­li­té ou en droit du travail, dé­bous­sole les ac­teurs éco­no­miques. Chaque chan­ge­ment ajoute un peu de com­plexi­tés à des codes ju­ri­diques dé­jà forts lourds.

L’avis de l’ex­pert. « L’im­pré­vi­si­bi­li­té fis­cale em­pêche les in­ves­tis­seurs de bâ­tir des plans d’in­ves­tis­se­ment so­lides. Il faut com-

forte pres­sion fis­cale

in­sta­bi­li­té lé­gis­la­tive

men­cer par ar­rê­ter de mul­ti­plier les règles ré­tro­ac­tives. Par exemple, en fis­ca­li­té, les en­tre­prises pré­fèrent, quitte à avoir un im­pôt plus éle­vé, un droit simple plu­tôt qu’un chan­ge­ment per­ma­nent. » nUn Se­lon les chiffres d’Eu­ro­stat, dans le clas­se­ment des pays eu­ro­péens où la main- d’oeuvre est la plus chère, la France se classe cin­quième ( der­rière la Suède, le Da­ne­mark, la Bel­gique et le Luxem­bourg). Le coût ho­raire moyen d’un em­ployé fran­çais était de 34,20 € en 2012, contre 30,40 € en Al­le­magne ou en­core 21,60 € au Royaume- Uni. Ce qui pèse par­ti­cu­liè­re­ment sur les charges des en­tre­prises.

L’avis de l’ex­pert. « Lors­qu’ils choi­sissent entre plu­sieurs pays, les in­ves­tis­seurs re­gardent des élé­ments de base comme le ni­veau gé­né­ral du coût du travail ; ils n’entrent pas trop dans le dé­tail et ne dé­tectent pas les me­sures dé­ro­ga­toires qui peuvent l’al­lé­ger. Or, le prix ca­ta­logue du travail est trop haut en France. Dé­ci­dé par le gou­ver­ne­ment, le cré­dit im­pôt com­pé­ti­ti­vi­té em­ploi est une bonne ini­tia­tive. Mais son im­pact sur le coût du travail est in­suf­fi­sant. Son ap­pro­fon­dis­se­ment et sa re­mise à plat dans le cadre du pacte de res­pon­sa­bi­li­té sont une bonne chose. » nUn Les conflits so­ciaux as­sez durs qui ont dé­frayé la chro­nique ces der­nières an­nées ont fait naître l’idée dans la tête de cer­tains in­ves­tis­seurs que la France était en ré­vo­lu­tion per­ma­nente. A ce­la s’ajoute un droit du travail fran­çais par­ti­cu­liè­re­ment com­plexe.

L’avis de l’ex­pert. « La France amé­lio­re­rait sa com­pé­ti­ti­vi­té si elle ga­gnait en a flexi­bi­li­té. Je parle no­tam­ment des pro­cé­dures de re­struc­tu­ra­tion. Une en­tre­prise doit pour in­ves­tir sa­voir que si elle doit re­struc­tu­rer ce­la se fe­ra ra­pi­de­ment et dans le dia­logue so­cial. L’ac­cord na­tio­nal in­ter­pro­fes­sion­nel ap­porte des avan­cées­mais il faut al­ler plus loin dans la ré­flexion. »

coût du travail éle­vé

« cli­mat » so­cial

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