Le­sap­pels­de­fem­me­sau115ex­plosent

Se­lon le ba­ro­mè­trede la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des as­so­cia­tions d’ac­cueil et de ré­in­ser­tion so­ciale, les de­mandes pou­ru­na­bri d’ur­gen­cene fai­blissent pas. Et sont souvent sans ré­ponse…

Le Parisien (Paris) - - Société - FLO­RA GE­NOUX

Le nombre d’ap­pels au 115* a aug­men­té de 5 % au mois de jan­vier. D’après le ba­ro­mètre de la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des as­so­cia­tions d’ac­cueil et de ré­in­ser­tion so­ciale ( Fnars), réa­li­sé dans 37 dé­par­te­ments et que nous dé­voi­lons ce ma­tin, cette hausse ne marque pas une aug­men­ta­tion du nombre de de­man­deurs… mais la ré­pé­ti­tion de leurs ap­pels. « Les trois quarts des ap­pe­lants au 115 sont dé­jà connus. Ils sont pris en charge quelques nuits puis re­tournent à la rue, com­mente Florent Gue­guen, di­rec­teur gé­né­ral de la Fnars. Ils ne sortent ja­mais de l’ex­clu­sion. » Ce ba­ro­mètre men­suel marque une lé­gère « ten­dance à l’amé­lio­ra­tion » , alors que le gou­ver­ne­ment a an­non­cé avoir créé ou pé­ren­ni­sé 7 033 places d’hé­ber­ge­ment d’ur­gence.

C’est souvent leur com­pa­gnon qui les a mises de­hors”

Alain Le­met­ter, res­pon­sable des Res­tos du coeur dans l’Orne

En jan­vier, 42 % des de­mandes ont dé­bou­ché sur l’at­tri­bu­tion de places, contre 39 % le mois pré­cé­dent. « Mais le taux de non- ré­ponse reste très éle­vé, alors même que des places sup­plé­men­taires ont été ou­vertes. La de­mande aug­mente plus vite que l’offre » , s’in­quiète Florent Gue­guen.

Dans le dé­tail, ce sont les fa­milles qui sont tou­jours aus­si nom­breuses à dé­cro­cher le té­lé­phone : elles re­pré­sentent près d’un ap­pel sur deux. Ma­jo­ri­tai­re­ment orien­tées vers l’hô­tel, ce sont aus­si elles qui es­suient le plus de re­fus. Mais le chan­ge­ment le plus frap­pant vient du nombre de femmes iso­lées ayant re­cours à ce nu­mé­ro d’ur­gence : leurs de­mandes ont aug­men­té de 11 % le mois der­nier, et même de 24 % à Pa­ris la nuit.

Sur le ter­rain, comme de­vant les dis­tri­bu­tions de re­pas des Res­tos du coeur, les bé­né­voles re­marquent chaque mois un nombre plus im­por­tant de femmes dans les longues files d’at­tente. « Je le vois de­puis deux ans mais c’est en­core plus fort cette an­née. Elles sont sur­tout jeunes, sans em­ploi. Et c’est souvent leur com­pa­gnon qui les a mises de­hors » , ob­serve Alain Le­met­ter res­pon­sable des Res­tos du coeur dans l’Orne.

« Il manque sur­tout de places pour les femmes seules, dé­plore Eric Pliez, pré­sident du Sa­mu so­cial de Pa­ris. La ma­jo­ri­té des centres d’hé­ber­ge­ment d’ur­gence sont des­ti­nés aux hommes. » Les de­mandes d’hommes seuls aus­si ont aug­men­té en jan­vier de 7 %. « On l’ex­plique en par­tie par le pic de tra­vailleurs sai­son­niers grecs ou por­tu­gais dans le sud de la France » , re­marque Florent Gue­guen, qui re­doute la fer­me­ture de mil­liers de places d’ur­gence après le 31 mars, fin de la cam­pagne hi­ver­nale. Afin de sou­la­ger l’hé­ber­ge­ment d’ur­gence, le gou­ver­ne­ment a an­non­cé la construc­tion de 2 000 lo­ge­ments très so­ciaux en 2014 et de 3 000 en 2015. * Le 115 est un nu­mé­ro gratuit qui fonc­tionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. L’ac­cueil, si la per­sonne le sou­haite, peut être ano­nyme.

( LPJu­lie Gou­jon.)

Pa­ris. Sur le ter­rain, les in­ter­ve­nants du Sa­mu so­cial ren­contrent chaque mois un nombre plus im­por­tant de femmes dans la dé­tresse.

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