La­vraieo­dys­sée­du­nau­fra­gé

Uneé­tude amé­ri­caine ac­cré­dite les dires de Jo­sé Sal­va­dor Al­va­ren­ga. Ce­thomme dé­cou­vert su­ru­na­toll per­duaf­fir­mait avoir dé­ri­vé treize mois dans le Pacifique.

Le Parisien (Paris) - - Société - A. HI

Il y a deux se­maines, un homme sur un ba­teau s’échouait sur le ri­vage d’un atoll per­du des îles Mar­shall. L’in­croyable his­toire de Jo­sé Sal­va­dor Al­va­ren­ga, af­fir­mant avoir dé­ri­vé pen­dant treize mois seul dans le Pacifique, a fait le tour du monde de­puis. Et évi­dem­ment sus­ci­té beau­coup d’in­cré­du­li­té. Une étude amé­ri­caine dé­voi­lée ce week- end lè­ve­ra- telle le doute par­mi les scep­tiques ? Le ré­cit de l’in­croyable odys­sée de plus d’un an est en ef­fet cor­ro­bo­ré par les ré­sul­tats de cette en­quête me­née par l’uni­ver­si­té d’Ha­waii. nUne étude ba­sée sur les cou­rants, les vents, les dé­bris de ba­teaux… Le Sal­va­do­rien cer­ti­fiait qu’il était par­ti, pour une simple jour­née de pêche, en dé­cembre 2012 de l’Etat du Chia­pas, dans le sud du Mexique, ac­com­pa­gné par un autre homme, qui, lui, n’a pas sur­vé­cu. Il au­rait donc par­cou- ru 12 500 km en se nour­ris­sant, se­lon ses dires, d’oi­seaux, de pois­sons et en bu­vant du sang de tortue ain­si que son urine. « Les dé­cla­ra­tions d’Al­va­ren­ga sur sa dé­rive pen­dant et sur son point de dé­part, le Mexique, cor­res­pondent aux conclu­sions de notre ex­pé­rience et aux sché­mas des vents et des cou­rants océa­niques pen­dant sa tra­ver­sée » , note l’étude, qui dé­cor­tique 16 tra­jets pos­sibles.

« Les ex­pé­riences ti­rées des dé­bris de ba­teaux de pêche après le tsu­na­mi du Ja­pon ( NDLR : le 11 mars 2011), qui ont at­teint les rives de Ha­waii un an et de­mi ou deux ans et de­mi plus tard, nous ont per­mis de mettre en place un mo­dèle réa­liste pour si­mu­ler la dé­rive d’un ba­teau de­puis les côtes du Mexique » , a pré­ci­sé Jan Haf­ner, un des au­teurs de l’étude. nEn­core des exa­mens médicaux en cours. Le sur­vi­vant, lui, est en- core sou­mis à des exa­mens médicaux. Il doit res­ter hos­pi­ta­li­sé au moins jus­qu’à au­jourd’hui. Le mi­ra­cu­lé souffre de­puis son aven­ture d’une pho­bie de la mer. Les mé­de­cins ont aus­si diag­nos­ti­qué « un épui­se­ment men­tal » et un « stress post- trau­ma­tique » qui le font ré­gu­liè­re­ment écla­ter en san­glots. Tou­te­fois, il arrive à se li­vrer.

Jus­qu’à pré­sent, on igno­rait à peu près tout de ses pre­miers échanges avec les ha­bi­tants de l’atoll d’Ebon. On sait dé­sor­mais qu’Al­va­ren­ga a été ac­cueilli par un couple vi­vant dans une mai­son iso­lée sur une autre île toute proche. Ne par­lant pas es­pa­gnol, les deux ha­bi­tants lui ont no­tam­ment pré­pa­ré des crêpes, qu’il a dé­vo­rées. Ils se sont en­suite ren­dus sur l’île prin­ci­pale pour pré­ve­nir la maire, Ione de Brum, de leur étrange ren­contre. nUn dia­logue avec les ha­bi­tants de l’atoll grâce à « Do­ra l’ex­plo­ra­trice » . C’est le fils de l’édile qui a per­mis de per­cer le mys­tère. Grâce à ses quelques no­tions d’es­pa­gnol, « ap­prises en re­gar­dant avec ses en­fants le des­sin ani­mé té­lé­vi­sé Do­ra l’ex­plo­ra­trice » , il a pu conver­ser avec le nau­fra­gé et com­prendre d’où il ve­nait. « Il vou­lait tel­le­ment expliquer ce qui s’était pas­sé qu’il par­lait à toute vi­tesse et nous ne pou­vions pas tout com­prendre » , a confié la maire.

Le Sal­va­do­rien est res­té cinq jours sur Ebon avant qu’une patrouille maritime en­voyée par le gou­ver­ne­ment le trans­porte vers la ca­pi­tale, Ma­ju­ro, d’où il s’est en­vo­lé pour Ha­waii puis le Sal­va­dor. Il a lais­sé son ba­teau au couple qui lui avait don­né eau, nour­ri­ture et vê­te­ments. L’em­bar­ca­tion sert dé­sor­mais à trans­por­ter pas­sa­gers et mar­chan­dises à tra­vers l’atoll.

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