Pi­lu­lean­tiac­né: je­la­re­prend­sou­pas ?

Diane 35 est de nou­veauen­vente de­pui­sun­mois. Mais il est en­core dif­fi­cile de se la pro­cu­rer et cer­taines pa­tientes se­posent en­co­re­beau­coupde ques­tions.

Le Parisien (Paris) - - Lerendez- Vous - TAÏNA CLU­ZEAU

C’est à ne plus rien y com­prendre. Il y a un an tout juste, la pi­lule an­ti­ac­néique Diane 35 se re­trou­vait au coeur d’un énorme scan­dale sa­ni­taire ( lire ci- des­sous). Tout comme les pi­lules contra­cep­tives de 3e et 4e gé­né­ra­tions, les études mon­traient qu’elle aug­men­tait les risques de throm­bose vei­neuse, donc de phlé­bite, AVC et autres em­bo­lies pul­mo­naires par rap­port aux pi­lules de pre­mière gé­né­ra­tion. Re­ti­rée du mar­ché fran­çais, elle est de nou­veau com­mer­cia­li­sée, of­fi­ciel­le­ment de­puis le 15 jan­vier après une dé­ci­sion eu­ro­péenne. De quoi sou­le­ver une foule de ques­tions. nDan­ge­reuse ou pas ? Fabien Gui­bal, der­ma­to­logue et vice- pré­sident du Syn­di­cat des der­ma­to­logues- vé­né­ro­logues, est for­mel. « Les femmes qui pre­naient Diane 35 avant son in­ter­dic­tion en France peuvent la re­prendre. Le risque est mi­nime si on n’a pas d’an­té­cé­dents fa­mi­liaux et qu’on ne fume pas. C’est aus­si va­lable pour ses gé­né­riques, Mi­ner­va 35, Eve­par ou ce­lui com­mer­cia­li­sé par Te­va. « L’Agence na­tio­nale de sé­cu­ri­té du mé­di­ca­ment et des pro­duits de san­té ( ANSM) vient de reconnaître que cette pi­lule a un ni­veau de risque qui n’est pas dif­fé­rent de ce­lui des pi­lules com­mer­cia­li­sées ac­tuel­le­ment » , pré­cise le der­ma­to­logue. nLe mé­de­cin peut- il re­fu­ser de la pres­crire ? Les nou­velles règles de pres­crip­tion sont pré­ci­sées dans une lettre de l’ANSM aux pro­fes­sion­nels de san­té da­tée de jan­vier. On peut y lire qu’il s’agit d’un trai­te­ment de « se­conde in­ten­tion » après l’échec d’autres trai­te­ments, comme les crèmes et les an­ti­bio­tiques. Par ailleurs, il faut que l’ac­né soit ju­gée « mo­dé­rée à sé­vère » . Sur les blogs, cer­taines in­con­di­tion­nelles de Diane 35, chez qui les autres trai­te­ments ne fonctionnent pas, s’in­quiètent de ne pou­voir en bé­né­fi­cier. Ambre, une jeune Gre­no­bloise, confirme que son mé­de­cin s’est mon­tré « ré­ti­cent » , même si elle pre­nait Diane 35 avant l’in­ter­dic­tion. « J’ai même dû lui pro­mettre de ne pas por­ter plainte en cas d’AVC » , ra­conte- t- elle. Un­cas iso­lé ? « La plu­part des mé­de­cins et des der­ma­to­logues n’hé­si­te­ront pas à pres­crire à nou­veau cette pi­lule » , es­time le doc­teur Fabien Gui­bal. nPour­quoi n’est- telle pas dis­po­nible dans toutes les phar­ma­cies ? En théo­rie, elle est com­mer­cia­li­sée à nou­veau de­puis le 15 jan­vier. Mais de nom­breuses femmes mu­nies de leur or­don­nance se sont vu ré­pondre ces der­nières se­maines que le mé­di­ca­ment était tou­jours in­ter­dit et qu’il n’était donc pas en rayon. En fait, cer­tains lo­gi­ciels uti­li­sés par les pharmaciens conti­nuent d’in­di­quer que le pro­duit est pros­crit. Ce­la de­vrait ren­trer dans l’ordre pe­tit à pe­tit. Et, si les pla­quettes ne sont pas en rayon, il est tou­jours pos­sible de les com­man­der. Con­sé­quence de ce qui peut ap­pa­raître comme un par- cours du com­bat­tant, sur cer­tains blogs, on s’échange les adresses des sites In­ter­net qui la vendent. Et cer­tains in­ter­nautes re­com­mandent car­ré­ment de se four­nir à l’étran­ger. L’ANSM dé­con­seille for­mel­le­ment ce type de pra­tique. Quant au prix, il semble qu’il ait été vic­time de l’in­fla­tion. Il peut dé­pas­ser les 33 €, alors qu’avant l’in­ter­dic­tion en 2012 on pou­vait se pro­cu­rer les trois pla­quettes à par­tir de 15 €. nEt si je n’ai plus confiance ? Si Ambre, la Gre­no­bloise, a tout fait pour re­prendre son trai­te­ment, de nom­breuses pa­tientes pré­fèrent re­non­cer. « Je n’ai plus au­cune confiance dans les contra­cep­tifs à base d’hor­mones syn­thé­tiques » , ex­plique Sé­ve­rine, une jeune fille du Nord- Pas- de- Ca­lais. Elle pré­fère trai­ter son ac­né grâce à un trai­te­ment à base de plantes « même si ce n’est pas aus­si ef­fi­cace » . « D’autres so­lu­tions existent, mais toutes ont aus­si leurs ef­fets se­con­daires, aver­tit Fabien Gui­bal. Un trai­te­ment par iso­tré­ti­noïne, an­cien­ne­ment connu sous le nom de Roaccutane, est très ef­fi­cace contre l’ac­né, mais il im­plique une contra­cep­tion obli­ga­toire et des prises de sang ré­gu­lières. An­dro­cur est un mé­di­ca­ment qui fonc­tionne sur le même prin­cipe que la Diane 35 mais qui est plus for­te­ment do­sé. Deux fa­milles d’an­ti­bio­tiques sont aus­si uti­li­sées pour éli­mi­ner les bac­té­ries res­pon­sables des pous­sées de bou­tons : les cy­clines et les ma­cro­lides. Quelques der­ma­to­logues pres­crivent de l’al­dac­tone, un ac­tif aus­si ef­fi­cace que la cy­pro­té­rone conte­nue dans la Diane 35. Peu uti­li­sée en France, elle n’a pas d’ef­fet contra­cep­tif et peut être uti­li­sée chez la femme en­ceinte. En­fin, la prise de gélules de zinc peut par­fois don­ner des ré­sul­tats.

( Phanie/ Voi­sin.)

La pi­lule Diane 35 est gé­né­ra­le­ment pres­crite contre l’ac­né mais d’autres trai­te­ments plus spé­ci­fiques existent.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.