Pé­cha­la­tetBour­zat lan­cen­tu­nap­pe­laux­juges

Ils jouent ce soi­ru­ne­mé­daille fa­ceau­cou­ple­russe

Le Parisien (Paris) - - Jeuxolympiques D'hiver - SOT­CHI ( RUS­SIE) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux ÉRIC BRU­NA

Le rêve est à por­tée de pa­tin… Avant le pro­gramme libre, ce soir ( leur pas­sage est pré­vu à 18 h 38, heure fran­çaise), Na­tha­lie Pé­cha­lat, 30 ans, et Fa­bian Bour­zat, 33 ans, oc­cupent en ef­fet la 4e place pro­vi­soire ( 72,78 pts) de l’épreuve de danse der­rière les in­tou­chables Amé­ri­cains Da­vis- White ( 78,89) et Ca­na­diens Vir­tue- Moir ( 76,33) et le jeune couple russe Ili­nykh- Kat­sa­la­pov ( 73,04) por­té par tout un peuple. Hier soir, pour le pro­bable der­nier court de sa car­rière, le duo le plus mé­daillé du pa­ti­nage ar­tis­tique tri­co­lore n’a pas ra­té son ren­dez- vous au « Ca­ba­ret » de Bob Fosse. Un pro­gramme en­tiè­re­ment re­vu et cor­ri­gé dans les se­maines qui ont pré­cé­dé les Jeux. « C’est notre meilleur de la sai­son, sou­rit Na­tha­lie Pé­cha­lat. On n’au­rait pas pu mieux faire. » La Fran­çaise a quand même eu un pe­tit coup de stress en voyant les notes — mé­ri­tées — de la paire russe avant de pé­né­trer sur la pa­ti­noire de l’Ice­berg. « J’ai eu deux se­condes de vide, j’ai re­gar­dé Fa­bian. Il m’a dit : Faut y al­ler, et y al­ler vrai­ment, on n’a pas le choix. Quitte à se plan­ter… » A l’ar­ri­vée, Pé­cha­lat et Bour­zat concèdent un in­fime bout de glace de re­tard sur les Russes, qui les avaient de­van­cés lors du der­nier tro­phée Bom­pard. Presque un sou­la­ge­ment pour la Tri­co­lore.

« J’ima­gi­nais bien que ce se­rait dur avec les Russes, n’im­porte les­quels ( NDLR : on at­ten­dait aus­si Bo­bro­va- So­lo­viev, 5e avec 69,97) et qu’on al­lait tout de­voir jouer sur le libre. Mais je pen­sais qu’on par­tait d’un peu plus loin avec toutes les cri­tiques qu’on a en­ten­dues cette sai­son sur la danse courte. »

Après avoir rec­ti­fié le tir, les Fran­çais se re­trouvent dans la peau des chas­seurs. Une po­si­tion en em­bus­cade qui n’est pas faite pour leur dé­plaire. « On aime bien, glisse Pé­cha­lat, plu­tôt que troi­sièmes, avec les 4es et 5es qui nous collent. » Les fu­turs re­trai­tés comptent sur leur libre, un pe­tit bi­jou de poé­sie sur le thème du Pe­tit Prince et de la Rose, pour des­si­ner un po­dium.

« On est se­reins. On n’a rien à se re­pro­cher, on n’a plus rien à perdre. A per­for­mance égale, on a le pro­gramme pour faire la dif­fé­rence, lâche Bour­zat. On a de la lé­gè­re­té, de l’ori­gi­na­li­té. C’est pas le Lac des Cygnes ( NDLR : pro­gramme libre d’Ili­nykh- Kat­sa­la­pov), quoi… » Tou­jours à l’avant- garde de la créa­ti­vi­té, le couple es­père en­fin ré­col­ter les fruits de son au­dace. « J’ai­me­rais bien que les juges se sou­viennent que ça fait dix ans qu’on amène des nou­veau­tés, qu’on se bouge vrai­ment, lance Pé­cha­lat. J’ai­me­rais qu’ils se disent : C’est la fin de leur car­rière, on peut pas les lais­ser comme ça ! On a bien don­né à la danse sur glace. Ele­na ( Ili­nykh) et Ni­ki­ta ( Kat­sa­la­pov) sont d’ex­cel­lents pa­ti­neurs, mais ils ont don­né que dalle, com­pa­ré à ce qu’on a fait nous. » Mais le monde du pa­ti­nage ne marche pas tou­jours au mé­rite. La géo­po­li­tique, sur­tout vis- à- vis du pays hôte, a par­fois aus­si ses rai­sons. Et la paire fran­çaise, en douze ans de com­pé­ti­tion, est bien pla­cée pour le sa­voir…

Ça fait dix ans qu’on amène des nou­veau­tés ”

Na­tha­lie Pé­cha­lat

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