La­pe­ti­teen­tre­prise du­half- pi­pe­fran­çais

Le Parisien (Paris) - - Sports - SOT­CHI ( RUS­SIE) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux ÉRIC BRU­NA

L( au centre), eur pe­tite en­tre­prise ne connaît pas la crise… De­puis six ans, Ke­vin Rol­land, Be­noît Va­len­tin, Xa­vier Ber­to­ni et Tho­mas Krief, qui s’élancent pour une pre­mière olym­pique de­main après- mi­di ( à par­tir de 14 h 45) à l’as­saut du « pipe » de Ro­sa Khu­tor, forment le Free Ski Pro­ject. « L’idée est née en 2007, ra­conte Tho­mas Krief. On a dé­ci­dé de par­tir en Nou­velle- Zé­lande faire un test et d’em­me­ner Greg Gue­net, qui nous en­traî­nait via le co­mi­té de Sa­voie, de le payer et de voir ce que ça don­nait. En un mois et de­mi, on a pro­gres­sé comme ja­mais. C’est par­ti comme ça… »

R é s u l t a t , l e coach du qua­tuor est aus­si… son em­ployé ! « On a créé le truc en­semble, dé­taille Gue­net. On a dé­mar­ché la Fé­dé­ra­tion, mais je sa­vais qu’il ne fal­lait rien at­tendre d’eux, si­non on était morts. Après, ils ont des pa­rents qui y ont cru, moi j’ai fait des ef­forts les deux pre­mières an­nées en par­tant ponc­tuel­le­ment avec eux sans être payé. On a vrai­ment joué sur le pa­ri. » Un pa­ri ga­gnant.

Au­jourd’hui, outre l’en­traî­neur, la struc­ture em­ploie un ki­né, un pré­pa­ra­teur phy­sique et un pré­pa­ra­teur de ski. Cha­cun dis­pose par ailleurs d’un ca­mé­ra­man et/ ou d’un pho­to­graphe per­son­nel. « Un spon­sor nous aide et paie nos dé­pla­ce­ments, dé­taille Krief. Nous, on paie les sa­laires avec nos contrats. »

( de gauche à droite),

Dans le groupe, dont le bud­get de fonc­tion­ne­ment se si­tue entre 200000 et 250000 € ( soit dix fois plus qu’au dé­part), toutes les dé­ci­sions se prennent à l’una­ni­mi­té. « Tout est di­vi­sé par quatre, confie Be­noît Va­len­tin. Les gains, c’est tel­le­ment va­riable que c’est pour tout le monde pa­reil. Quand il y a une orien­ta­tion à prendre, si l’un de nous dit non, ou on le convainc ou on fait au­tre­ment. » Un mode de fonc­tion­ne­ment qui a par­fois ses in­con­vé­nients. « Si j’avais un bud­get en dé­but d’an­née comme n’im­porte quel en­traî­neur, ce se­rait beau­coup plus fa­cile, souffle Gue­net. Là, tout ce qui de­mande un in­ves­tis­se­ment fi­nan­cier, on est obli­gés d’en ré­fé­rer aux quatre, d’at­tendre la ré­ponse des quatre, de de­man­der à un des quatre de payer… alors que c’est moi le chef ! Heu­reu­se­ment qu’on est cinq co­pains. »

« Le kif, c’est sur­tout d’être des chefs d’en­tre­prise. On se dé­brouille seuls de­puis tou­jours et on ne rend de comptes à per­sonne, ex­plique Ke­vin Rol­land, la tête d’af­fiche du groupe, très at­ten­du pour une mé­daille. Notre in­dé­pen­dance fait notre force. Il ne faut pas ve­nir me dire : Ke­vin, c’est comme ça ou comme ça. Mais Greg, c’est la rou­tine de­puis que j’ai 12 ans. » Gue­net n’a donc pas be­soin de pin­cettes. « Je leur gueule des­sus sans peur de me faire vi­rer, sou­rit- il. Ils sont pas cons, ils savent bien qu’il faut qu’ils se prennent quelques râ­clées de temps en temps ! »

Notre in­dé­pen­dance fait notre force”

Ké­vin Rol­land

Ke­vin Rol­land, Be­noît Va­len­tin, Xa­vier Ber­to­ni et Tho­mas Krief ici au­tour de leur coach Greg Gue­net ont créé le Free Ski Pro­ject.

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