Drô­lesde jeux­de­mots

Le Parisien (Paris) - - Espectacles - A. R.

On ne rit pas des mêmes choses à Pa­ris et à Pé­kin. « En France, on s’amuse vo­lon­tiers sur scène avec le sexe, les pro­blèmes de couple, la po­li­tique ou de cli­chés sur les dif­fé­rences avec nos voi­sins, ex­plique Pa­trick Veis­se­lier. Rien de tout ça en Chine, où il n’y a pra­ti­que­ment pas de one- man- show mais des duos co­miques très tra­di­tion­nels, un peu à la Fran­cis Blanche, où le res­sort co­mique re­pose es­sen­tiel­le­ment sur des jeux de mots. » Pour que chaque spec­ta­teur qui vien­dra le voir sur scène — « 50 % de Chi­nois et 50 % de Fran­çais ap­pre­nant le man­da­rin » d’après lui — y trouve son compte, l’hu­mo­riste a bâ­ti sa re­pré­sen­ta­tion au­tour d’un sa­vant mé­lange de blagues « à la fran­çaise » et de bons mots « à la chi­noise » . Le tout dé­pei­gnant l’his­toire d’un qua­dra un peu loo­ser qui dé­cide un beau jour de de­ve­nir chi­nois, car « eux réus­sissent tout, ou presque » . Les dif­fé­rences cultu­relles, dans un va- et- vient per­ma­nent, servent alors de socle co­mique. Pa­trick Veis­se­lier uti­lise par exemple, à un mo­ment de son spec­tacle, la ma­nière dont les Chi­nois com­mu­niquent avec des chiffres. « Lor­qu’on en­voie 521 par tex­to, ce­la veut dire je t’aime, car la pro­non­cia­tion du je t’aime chi­nois res­semble très for­te­ment à celle de 521 » , ex­plique Vé­ro­nique Mi­chel, lin­guiste spé­cia­liste des langues asia­tiques et au­teur d’ou­vrages dont l’hu­mo­riste s’est très lar­ge­ment ins­pi­ré. Sur scène, 521 de­vient 518 ou d’autres nombres aux si­gni­fi­ca­tions dif­fé­rentes en man­da­rin. De quoi faire rire les Chi­nois dans la salle…

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