Mar­tin Hirsch

« L’Hô­tel- Dieu­gar­de­ra sa­vo­ca­tion­mé­di­cale » Le nou­veau­pré­sident des Hô­pi­taux dePa­ris la pre­mière fois ses­dé­ci­sions sur l’épi­neux dos­sier de l’hô­pi­tal de l’Hô­tel- Dieu ( IVe).

Le Parisien (Paris) - - Paris - Pro­pos re­cueillis par ELO­DIE SOULIÉ

Trois mois après sa no­mi­na­tion pour suc­cé­der à Mi­reille Fau­gère, « dé­bar­quée » de la di­rec­tion gé­né­rale de l’As­sis­tance Pu­blique Hô­pi­taux de Pa­ris, Mar­tin Hirsch le consen­suel com­men­çait à cris­tal­li­ser les re­proches. Ce­lui de « ter­gi­ver­ser » , voire de « ne pas as­su­mer les en­jeuxde l’Hô­tel- Dieu ( IVe) » et de sa trans­for­ma­tion. Au­jourd’hui le pa­tron de l’AP- HP sort du si­lence et veut tordre le cou aux ru­meurs ( fer­me­ture de l’hô­pi­tal, réouverture des ur­gences) et aux cri­tiques. « Mon ca­len­drier n’est pas élec­to­ral mais sai­son­nie­ret mé­di­cal ! » , mar­tèle le di­rec­teur gé­né­ral qui livre au « Pa­ri­sien » ses pre­mières dé­ci­sions. Pour­quoi avoir at­ten­du si long­temps, au re­gard de la crise tra­ver­sée par l’Hô­tel- Dieu, pour ébau­cher « le ca­len­drier et la mé­thode » an­non­cés en jan­vier ? MAR­TIN HIRSCH. C’est un dos­sier sur le­quel al­ler trop vite re­vien­drait juste à ac­ter des choses né­ga­tives. Je trouve con­tra­dic­toire de de­man­der un pro­jet dif­fé­rent et concer­té et de ré­cla­mer des dé­ci­sions dé­fi­ni­tives im­mé­diates. Si l’on croit, comme moi, que l’Hô­tel- Dieu a un ave­nir au sein de l’AP- HP, le fait qu’on prenne le temps est plu­tôt une ga­ran­tie ! J’ai tou­jours dit que pour les ser­vices dont les trans­ferts étaient dé­jà bou­clés, ou très avan­cés, l’on ne pou­vait re­ve­nir en ar­rière. Il au­rait été trop dif­fi­cile de dé­tri­co­ter ce qui était très en­ga­gé, et la com­mis­sion mé­di­cale d’éta­blis­se­ment n’au­rait d’ailleurs sans doute pas sui­vi. Mais c’est dé­but dé­cembre, donc très ra­pi­de­ment, que j’ai an­non­cé l’aban­don du pro­jet d’ins­tal­ler les bu­reaux du siège de l’AP- HP sur un site qui doit gar- der une vo­ca­tion mé­di­cale, sans opé­ra­tion im­mo­bi­lière. Le ser­vice d’ac­cueil d’ur­gence ( SAU) est de­ve­nu une consul­ta­tion 24 heures/ 24 de­puis trois mois. Re­vien­drez­vous sur cette fer­me­ture ? L’uni­té d’ur­gence n’est pas fer­mée mais trans­for­mée, dans un contexte d’un site sans ré­ani­ma­tion et sans bloc opé­ra­toire ne pou­vant donc ac­cueillir les pa­tho­lo­gies les plus lourdes. D’ailleurs j’ai nom­mé la se­maine der­nière le Dr Del­phine Can­tin à sa tête, pour qu’il y ait une res­pon­sable sur place : en­ga­ge­ment pris et te­nu. Ma vi­sion des ur­gences est mé­di­cale, et je m’ap­puie sur l’avis des spé­cia­listes, dont le Pr Car­li ( NDLR : le pa­tron du Sa­mu de Pa­ris). Une fois la pé­riode d’hi­ver pas­sée, nous fe­rons un bi­lan trans­pa­rent sur les flux de pa­tients, les pro­blèmes qui ont pu se po­ser dans les autres hô­pi­taux, site par site. C’est au vu de ce bi­lan que nous ver­rons, avec les mé­de­cins, l’or­ga­ni­sa­tion dé­fi­ni­tive à sta- bi­li­ser. Et ce­la s’in­tègre dans un sou­ci d’amé­lio­rer toutes les ur­gences, de­puis l’orien­ta­tion des ma­lades, leur prise en charge dif­fé­ren­ciée se­lon leurs be­soins, la ré­gu­la­tion en amont et leur ac­cueil post­ser­vice d’ur­gence, ain­si que le po­si­tion­ne­ment du vé­hi­cule du Smur.

700 pa­tients viennent chaque jour. Il y en au­ra au moins au­tant en 2014 et de plus en plus”

Qu’en est- il des deux seuls ser­vices en­core pré­sents : l’oph­tal­mo­lo­gie et la psy­chia­trie ? Dans les trois ans à ve­nir, nous avons dé­ci­dé de main­te­nir et de sou­te­nir l’oph­tal­mo­lo­gie et ses ur­gences à l’Hô­tel- Dieu, ce qui re­pré­sente 170 pa­tients par jour. A terme, l’AP- HP se­ra do­tée d’un centre oph­tal­mo­lo­gique à Co­chin ( XIVe) re­grou­pant nos forces, aus­si per- for­mant dans un hô­pi­tal pu­blic que les Quinze- vingt ou Roth­schild. Il y au­ra tou­jours de la psy­chia­trie à l’Hô­tel- Dieu sur la base d’un pro­jet que nous avons de­man­dé aux mé­de­cins de pro­po­ser. Vous par­lez « d’ar­ti­cu­la­tions mé­di­cales à faire » et « d’op­por­tu­ni­tés à prendre » pour l’Hô­tel- Dieu, un exemple pré­cis ? Un pro­jet qui se concré­ti­se­ra dans les mois qui viennent, c’est l’ar­ti­cu­la­tion avec l’hos­pi­ta­li­sa­tion à Do­mi­cile ( HAD), dont les équipes m’ont sou­mis leurs pro­blèmes, no­tam­ment pour les chi­mio­thé­ra­pies re­cons­ti­tuées à do­mi­cile dans des condi­tions de sé­cu­ri­tés in­sa­tis­fai­santes. Il se trouve que l’Hô­telDieu a une phar­ma­cie tout à fait équi­pée mais… qui de­vait être en par­tie dé­truite. Dé­sor­mais pour­ront y être pré­pa­rés jus­qu’à 30 000 trai­te­ments. D’autres pro­jets s’af­finent ? Après les dé­parts d’ac­ti­vi­tés de ces der­nières an­nées nous en fe­rons ve­nir d’autres. A l’Hô­tel- Dieu, j’ai beau­coup d’idées, qui me sont aus­si ap­por­tées par les équipes des autres hô­pi­taux et qui se­ront mises en co­hé­rence par le co­mi­té stra­té­gique. Par exemple quand l’hô­pi­tal Ro­bert- De­bré n’a pas la ca­pa­ci­té d’étendre ses consul­ta­tions pé­dia­triques, et de­mande à pou­voir le faire à l’Hô­tel- Dieu, ce­la semble in­té­res­sant. Dans les pro­chains mois, l’Hô­tel- Dieu se­ra do­té d’un nou­veau scan­ner et d’une nou­velle IRM, fonc­tion­nant dé­sor­mais sans dé­pas­se­ment d’ho­no­raires. En moyenne 700 pa­tients viennent chaque jour, toutes ac­ti­vi­tés in­cluses, ce­la fait plus de 200 000 par an. Il y en au­ra au moins au­tant en 2014 et de plus en plus.

( L. P/ ES.)

Siège de l’AP- HP, ave­nue Vic­to­ria ( IVe), ven­dre­di. « J’ai des idées pour l’Hô­telDieu, il n’y a au­cun ta­bou à y re­mettre des ac­ti­vi­tés » , af­firme Mar­tin Hirsch

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