L’étrange té­moi­gnage de sa soeur

Ch­ris­tine, l’une des soeurs­deXa­vier de Li­gon­nès, au­rait eu connais­san­ce­du­dra­me­qui al­lait se jouer, se­lo­nu­nau­tre­mem­brede la fa­mille. L’in­té­res­sée n’a ja­mais été en­ten­due sur ce point­par le juge.

Le Parisien (Paris) - - La Une - THI­BAULT RAISSE

Presque trois ans de mys­tère, et une piste qui reste à ex­plo­rer com­plè­te­ment. Le 21 avril 2011, les corps d’Agnès de Li­gon­nès et de ses quatre en­fants, abat­tus par balles, étaient dé­cou­verts sous la ter­rasse du pa­villon familial à Nantes ( Loire- At­lan­tique). Sus­pect nu­mé­ro un, le père, Xa­vier, de­meure in­trou­vable. Par­mi les zones d’ombre, la per­son­na­li­té in­tri­gante de Ch­ris­tine de Li­gon­nès, la grande soeur de Xa­vier, qui a mul­ti­plié les in­ter­ven­tions mé­dia­tiques pour dé­fendre la thèse de l’in­no­cence de son frère, al­lant jus­qu’à nier la réa­li­té du drame. Le té­moi­gnage d’un membre de la fa­mille, à ce jour ja­mais for­mel­le­ment dé­men­ti, jette une lu­mière nou­velle sur ce com­por­te­ment.

C’est l’une des belles- soeurs d’Agnès de Li­gon­nès qui a ou­vert cette piste. En­ten­due en jan­vier 2012 par la po­lice ju­di­ciaire à Nan­terre, elle a ra­con­té une anec­dote rap­por­tée lors d’un dî­ner par Vé­ro­nique de Li­gon­nès, l’autre soeur de Xa­vier. nSon Le 21 avril 2011 au­tour de mi­di, soit trois heures avant la dé­cou­verte des corps, Ch­ris­tine de Li­gon­nès est ve­nue son­ner chez Vé­ro­nique, à Ver­sailles ( Yve­lines). Après avoir pé­né­tré dans son immeuble, la grande soeur au­rait fait cette étrange confes­sion : « Tu vas en­tendre des choses graves, mais tout se­ra faux. Il ne fau­dra pas croire ce que dit la po­lice. » Après cette phrase, l’aî­née est re­par­tie, sans s’étendre da­van­tage.

Ch­ris­tine était- elle au cou­rant du drame qui al­lait être dé­cou­vert ? A- telle ca­ché des élé­ments aux po­li­ciers ? Ce té­moi­gnage est pris très au sé­rieux par les en­quê­teurs, qui dé­cident d’en­tendre Vé­ro­nique au plus vite. Il leur fau­dra at­tendre plu­sieurs se­maines avant que celle- ci, qui vit l’es­sen­tiel de l’an­née au cô­té de son ma­ri au Con­go- Braz­za­ville, re­passe

do­mi­cile per­qui­si­tion­né

par la France. Lors de son au­di­tion, elle confirme l’exis­tence de ce bref en­tre­tien mais va « mi­ni­mi­ser les termes rap­por­tés » , se­lon une source ju­di­ciaire. « Rien ne per­met de rat­ta­cher for­mel­le­ment les phrases pro­non­cées au drame » , se­lon cette même source.

Face à cette in­cer­ti­tude sur les pro­pos te­nus, le juge d’ins­truc­tion de Nantes Ro­bert Tcha­lian, en charge du dos­sier, ne va pas es­ti­mer utile d’en­tendre Ch­ris­tine de Li­gon­nès, ni de confron­ter les deux soeurs sur cet épi­sode. « Si ce té­moi­gnage n’est pas sûr, il mé­ri­tait quand même d’être vé­ri­fié jus­qu’au bout » , tranche pour sa part un proche d’Agnès de Li­gon­nès. La piste est- elle aban­don­née pour au­tant ? « Au­jourd’hui, elle n’est pas dé­fi­ni­ti­ve­ment re­fer­mée, mais elle n’est pas ju­gée prio­ri­taire » , ré­sume une source ju­di­ciaire.

De­puis le dé­but des in­ves­ti­ga­tions, la per­son­na­li­té de Ch­ris­tine de Li­gon­nès n’a ces­sé de sur­prendre les en­quê­teurs. Dans ses au­di­tions comme lors de ses in­ter­ven­tions dans les mé­dias, l’aî­née de la fra­trie a af­fir­mé ne pas croire à la mort de la fa­mille. Elle dé­fend la thèse d’un dé­part pré­ci­pi­té des Li­gon­nès aux Etats- Unis, comme évo­qué par Xa­vier dans un cour­rier en­voyé à ses proches peu après les meurtres. Un scé­na­rio ju­gé to­ta­le­ment fan­tasque par la jus­tice. Le do­mi­cile qu’elle oc­cupe avec sa mère à Ver­sailles a été per­qui­si­tion­né en juillet 2011, et son or­di­na­teur et son té­lé­phone por­table pas­sés au peigne fin. Sans que rien de com­pro­met­tant ait pu y être re­le­vé. Contac­té hier soir, Me Sté­phane Gol­den­stein, l’avo­cat de Ch­ris­tine de Li­gon­nès, n’a pas pu joindre sa cliente pour connaître son point de vue.

( AFP/ Mi­guel Me­di­na.)

Ch­ris­tine de Li­gon­nès, la soeur aî­née de Xa­vier,

a tou­jours af­fir­mé ne pas croire à la mort de la fa­mille. Elle pré­fère

dé­fendre la thèse d’un dé­part pré­ci­pi­té

pour les Etats- Unis.

Xa­vier de Li­gon­nès de­meure in­trou­vable de­puis la dé­cou­verte des corps de sa femme et de leurs quatre en­fants sous la ter­rasse du pa­villon familial.

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