80ha­bi­tants… 14can­di­dats !

ALoc- En­vel, mi­nus­cule vil­lage bre­ton, la dé­ci­sion dumaire aux cin­q­man­dats de ne­pas se re­pré­sen­ter sus­cite les ap­pé­tits etdes di­vi­sions. Ré­sul­tat, une pluie in­édite de­pré­ten­dants à sa suc­ces­sion.

Le Parisien (Paris) - - Politique - VINCENT MONGAILLARD

( à droite)

Dans les com­munes les moins peu­plées de l’Hexa­gone, il est par­fois très dif­fi­cile de trou­ver un pré­ten­dant au fau­teuil de maire. A Loc- En­vel, plus pe­tit vil­lage des Côtes- d’Ar­mor, c’est tout l’in­verse : dans cette bour­gade de 80 ha­bi­tants, vous avez une chance sur cinq de croi­ser un can­di­dat aux mu­ni­ci­pales. Pas moins de 14 Lo­cen­vel­lois et Lo­cen­vel­loises ont dé­ci­dé de se pré­sen­ter face aux 72 élec­teurs avec l’am­bi­tion de de­ve­nir maire, ad­joint ou simple conseiller mu­ni­ci­pal. C’est donc une cam­pagne où le risque de se mar­cher sur les pieds est très éle­vé !

Six de ces ci­toyens en­ga­gés se sont re­grou­pés sur une liste me­née par l’ad­jointe au maire ac­tuel, sept autres sur une deuxième liste conduite par un conseiller mu­ni­ci­pal et un der­nier, conseiller mu­ni­ci­pal, lui aus­si, qui s’est lan­cé en élec­tron libre. Or ha­bi­tuel­le­ment, les mini- vil­lages ont bien du mal à bou­cler une seule liste.

A Loc- En­vel, per­sonne ne se dé­marque ou­ver­te­ment par sa cou­leur. « Chez nous, on ne fait pas de po­li­tique » , mar­tèle Jacques Le Gor­ju, 76 ans, l’édile qui a choi­si de se re­ti­rer après un quart de siècle aux ma­nettes. Sa suc­ces­sion est plus que ja­mais ou­verte, un comble pour ce­lui qui, à cha­cun de ses cinq man­dats, avait tou­jours « eu du mal » à trou­ver des conseillers. Cette af­fluence de can­di­da­tures s’ex­plique se­lon lui par « une mau­vaise en­tente dès le dé­part » . « Une ad­jointe n’a pas vou­lu re­prendre les an­ciens du con­seil. Alors ceux- ci ont dit : Comme elle ne veut pas de nous, on va faire notre propre liste » , dé­crypte- t- il. L’élue ci­blée par le maire, c’est Vir­gi­nie Doyen. Si cette conseillère en éco­no­mie so­ciale et fa­mi­liale en re­cherche d’em­ploi n’a pas sou­hai­té s’al­lier avec tous les sor­tants, c’est parce qu’elle en­ten­dait in­té­grer « de nou­velles têtes » dont des femmes, ma­jo­ri­taires sur sa liste mais ul­tra- mi­no­ri­taires ac­tuel­le­ment au sein du con­seil mu­ni­ci­pal. Se­lon elle, beau­coup d’ha­bi­tants ont éga­le­ment en­vie « de s’in­ves­tir pour leur com­mune » parce que Loc- En­vel a « un po- ten­tiel tou­ris­tique ma­gni­fique » . Face à cette ba­taille in­édite, le maire « ri­gole » , sans se pro­non­cer.

A Loc- En­vel, comme dans les vil­lages de moins de 1 000 ha­bi­tants, les élec­teurs peuvent rayer des noms sur les listes. Lors du dé­pouille­ment, le dé­compte des voix se fait in­di­vi­duel­le­ment. Dans le bourg bre­ton, sept sièges sont à pour­voir. La moi­tié des can­di­dats res­te­ra donc sur le car­reau. Pas ques­tion pour Jacques Le Bor­ju de se re­pré­sen­ter une sixième fois his­toire de mettre tout le monde d’ac­cord. « « J’ai fait as­sez, ma femme fa­tigue » , souffle- t- il.

Loc- En­vel ( Côtes- d’Ar­mor). Jacques Le Gor­ju

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