Me­na­ce­sur­les­sa­la­riés des­mai­sons­del’em­ploi

Les­cré­dits­del’Eta­taux­col­lec­ti­vi­tés­lo­cales, qui­gè­rent­ces­struc­tures, ont­bais­sé­de­près de50 % cet­tean­née. De­nom­breuxé­luss’in­di­gnent­de­cet­te­po­li­tique… an­ti- em­ploi.

Le Parisien (Paris) - - Economie - PAS­CALE AUTRAN ET BO­RIS CAS­SEL

Des élus qui s’in­dignent, des grèves en pré­pa­ra­tion… La grogne monte face à la baisse des cré­dits de l’Etat aux mai­sons de l’em­ploi ( MDE). Ces 182 struc­tures dé­diées à l’em­ploi et la for­ma­tion, gé­rées par les col­lec­ti­vi­tés lo­cales, voient leurs sub­ven­tions di­mi­nuer presque de moi­tié cette an­née. Avec pour con­sé­quence que cer­taines ne savent plus comment ne pas… li­cen­cier leurs sa­la­riés !

Dès l’an­nonce du pro­jet de bud­get, 25 élus, an­ciens mi­nistres et fi­gures lo­cales, d’Alain Jup­pé à Xa­vier Ber­trand en passant par Mar­tine Au­bry ou Gé­rard Col­lomb, ont écrit au pré­sident de la Ré­pu­blique pour si­gni­fier leur in­com­pré­hen­sion to­tale. Des pro­tes­ta­tions res­tées lettre morte. De­puis l’adop­tion de la loi de fi­nances 2014, la co­lère gagne le ter­rain et les quelque 1 200 sa­la­riés des MDE. Cer­tains se sont mis en grève, comme à Alen­çon ( Orne). En Ile- de- France, où une cen­taine d’em­plois sont me­na­cés, des ma­ni­fes­ta­tions se préparent pour dé­but mars.

« On est anéan­tis, on ne s’at­ten­dait pas à une telle charge ! » pro­teste Ma­rie- Pierre Es­ta­blie d’Ar­gen­cé, la dé­lé- guée gé­né­rale d’Al­liance villes em­ploi, l’as­so­cia­tion qui fé­dère le ré­seau des MDE. « Alors que les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales par­ti­cipent de­puis tou­jours à la po­li­tique de l’em­ploi, ce travail est au­jourd’hui re­mis en ques­tion » , sou­ligne la res­pon­sable, qui dé­nonce la mort à pe­tit feu des MDE. Car les me­naces ne datent pas d’hier. Leur dis­pa­ri­tion avait même été en­vi­sa­gée lors de la créa­tion de Pôle em­ploi, en 2008.

De­puis, l’Etat s’est conten­té de bais­ser ses sub­ven­tions — qui re­pré­sentent 60 % de leur fi­nan­ce­ment en moyenne. De­puis quatre ans, ces sub­sides sont pas­sés de 100 M€, en 2009, à 36 M€ cette an­née.

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mul­tiples struc­tures de lutte contre le chô­mage

Comment jus­ti­fier cette baisse en pé­riode de crise ? Au nom d’une meilleure ef­fi­ca­ci­té dans l’utilisation de l’ar­gent pu­blic. Com­man­dé par Ma­ti­gnon à l’au­tomne, un rap­port de l’ins­pec­tion gé­né­rale des af­faires so­ciales ( Igas) es­time que les mul­tiples struc­tures de lutte contre le chô­mage se marchent par­fois sur les pieds. « Notre prio­ri­té est de fi­nan­cer des me­sures qui pro­fitent di­rec­te­ment aux chô­meurs, comme les em­plois d’ave­nir, etc. Ce n’est pas le cas des mai­sons de l’em­ploi » , jus­ti­fie- t- on au mi­nis­tère du Travail.

Ef­fec­ti­ve­ment, seule une qua­ran­taine de struc­tures ac­cueille en­core du pu­blic. « Et leurs coûts de fonc­tion­ne­ment sont im­por­tants » , avance- t- on au mi­nis­tère, qui ren­voie la balle aux col­lec­ti­vi­tés lo­cales. « L’Etat s’ima­gine que les col­lec­ti­vi­tés […] vont com­pen­ser, mais elles ne pour­ront pas ! » pré­vient Al­liance villes em­ploi.

( Google Street.)

Créée en 2007 pour fa­vo­ri­ser l’in­ser­tion des jeunes et la créa­tion d’en­tre­prises, la mai­son de l’em­ploi de Pé­ri­gueux ( Dor­dogne) a sup­pri­mé huit postes l’an der­nier.

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