« C’est ras­su­rant »

Mar­tine, 35ans, ma­man de 4 en­fants

Le Parisien (Paris) - - Société - FL. G.

Ka­ke­bo » . C’est dans ce car­net au drôle de nom que Mar­tine, 35 ans, tient un re­le­vé très sé­rieux. Le cahier ja­po­nais, mé­lange entre l’agenda et le re­gistre de comptes com­porte les dé­penses, dans le dé­tail, de cette fa­mille avec quatre en­fants vi­vant à Gap ( Hautes- Alpes). « C’est moi qui gère le bud­get parce que c’est moi qui dé­cide des dé­penses » , ra­conte cette an­cienne auxi­liaire pué­ri­cul­trice, mère au foyer de­puis cette an­née et dont le ma­ri tra­vaille comme sai­son­nier. « Boire- man­ger » — sec­tion dans la­quelle sont éga­le­ment re­le­vés les frais de can­tine des en­fants —, « élec­tri­ci­té » , « loyer » , « san­té » , mais aus­si « beau­té » , « ca­deaux » ou « loi­sirs » , Mar­tine note tous les frais de la fa­mille, « même 3,50 € à la bou­lan­ge­rie » . « Pour boire- man­ger, je sais qu’il ne faut pas dé­pas­ser 800 € par mois. Le bud­get beau­té, sur­tout du ma­quillage et des soins pour ma fille et moi, est fixé à 25 € » , cal­cule cette Ga­pen­çaise qui éva­lue les res­sources fa­mi­liales à 2 500 € men­suels en­vi­ron.

Je dis­cute des gros pro­jets avec mon époux ”

Cette mère de fa­mille se plie à ce ri­tuel : vé­ri­fi­ca­tion des comptes sur In­ter­net, « tous les trois- quatre jours en moyenne » , avant un re­le­vé ban­caire chaque fin de mois. « Au cours du mois, je vois si les chèques sont pas­sés ou si je com­mence à dé­pas­ser un des bud­gets. Si c’est le cas, je mo­di­fie la liste des courses en ache­tant du pain à la place des boîtes de cé­réales ou du pou­let au lieu du boeuf. »

Sans gar­der les dé­penses de la fa- mille dans le se­cret, Mar­tine ne confie pas le dé­tail de ses comptes à ses en­fants âgés de 4, 8, 11 et 13 ans. « Je dis­cute des gros pro­jets avec mon époux, comme le chan­ge­ment de mo­bi­lier dans la chambre de ma fille. Mais je ne pense pas que ça in­té­resse mes en­fants de sa­voir où en est le bud­get de boire- man­ger ! » Quand les de­mandes de ses ados se font trop pres­santes, la ma­man ex­plique « que l’ar­gent se gagne en tra­vaillant » . « Je leur pro­pose de tondre la pe­louse pour 5 € ou de ra­che­ter la tâche mé­na­gère des autres sur notre ta­bleau des tâches. » Mar­tine, qui trouve son car­net en pa­pier bien plus pra­tique que les ta­bleaux sur or­di­na­teur aux­quels elle s’est es­sayée sans convic­tion, a fi­ni par prendre goût à ses fonc­tions de comp­table. « Je ne trouve pas ça désa­gréable fi­na­le­ment. Et sur­tout, c’est ras­su­rant. »

( DR.)

Gap ( Hautes- Alpes), hier. Mar­tine ins­crit tous les comptes de son foyer dans un cahier, « parce c’est [ elle] qui dé­cide des dé­penses » .

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