Dans son fief du VIe, l’UMP est se­reine

Aux prises avec des dis­si­dences, le­maire UMP sor­tant Jean- Pierre Le­coq af­fiche son as­su­rance et se contente de concen­trer ses at­taques sur son ad­ver­saire so­cia­liste, l’ad­joint de Ber­trand De­la­noë Ro­main Lé­vy.

Le Parisien (Paris) - - Paris - CÉ­LINE CAREZ

D’un cô­té, Jean- Pierre Le­coq, maire UMP sor­tant, co­péiste ca­ta­lo­gué « ca­tho » , « bap­ti­sé à SaintSul­pice et ma­rié à Saint- Ger­maindes- Prés » , sou­rit l’in­té­res­sé. De l’autre, Ro­main Lé­vy, un « jeune loup du PS » taxé d’ « ap­pa­rat­chik » , de « pur pro­duit de Ber­trand De­la­noë » . « J’en suis fier » , ré­plique- t- il. Entre les deux, un éco­lo élu en 2008 sur une liste PS, star du bar­reau et des li­brai­ries, Em­ma­nuel Pier­rat. Mais aus­si un proche de Ma­rine Le Pen, le sou­ve­rai­niste Paul- Ma­rie Coû­teaux. Bien­ve­nue à Saint- Ger­main- des- Prés. Ici, dans ce bel ar­ron­dis­se­ment de la rive gauche tout ac­quis à la droite, six can­di­dats — peut- être sept — s’af­fron­te­ront.

Un maire, c’est quel­qu’un qui doit sa­voir jouer

de la flûte et du tam­bour” Jean- Pierre Le­coq, le maire UMP du VIe

En ver­tu de l’ac­cord pas­sé avec les cen­tristes, le maire UMP a dû faire une place à Ma­rielle de Sar­nez, bras droit de Fran­çois Bay­rou et vice- pré­si­dente du Mo­Dem. Ce qui lui per­met de re­ven­di­quer une équipe qui « ras­semble sans ex­cep­tion toutes les sen­si­bi­li­tés de la droite et du centre » . En 2008, lors des mu­ni­ci­pales, la can­di­date Mo­Dem, soute- nue par Ma­rielle de Sar­nez, écri­vait pour­tant : « La ges­tion de Jean- Pierre Le­coq, un bi­lan qui pose ques­tion. » L’ajointe ( UDI) du VIe Ge­ne­viève Ber­trand, fi­dèle lieu­te­nant de Jean- Pierre Le­coq, n’a pas ou­blié. « Cruel­la » , comme elle sur­nomme Ma­rielle de Sar­nez, « va tuer » le maire sor­tant, pré­dit- elle. Ecar­tée, Ge­ne­viève Ber­trand me­nace à pré­sent de mon­ter une liste dis­si­dente si on ne lui fait pas une place. Ce qui, avec la can­di­da­ture de Do­mi­nique Baud, ex- élue UMP qui a re­joint les rangs de l’homme d’af­faires Charles Beig­be­der, fe­rait trois listes de droite concur­rentes.

Le maire UMP, qui af­fiche une « pru­dence de sioux » , reste pour­tant « zen » : « Un maire, c’est quel­qu’un qui doit sa­voir jouer de la flûte et du tam­bour » . Jean- Pierre Le­coq, de son propre aveu, ne joue d’au­cun ins­tru­ment. « Et en plus, je chante très mal ! »

En at­ten­dant un hy­po­thé­tique re­tour à l’ordre dans les rangs de la droite, le maire sor­tant dé­roule son bi­lan. Des pro­jets phares dont l’ad­joint PS de Ber­trand De­la­noë, char­gé de la pro­tec­tion de l’en­fance, re­ven­dique aus­si la pa­ter­ni­té : le ré­amé­na­ge­ment de la rue de Rennes, la créa­tion de crèches et d’un éta­blis­se­ment d’hé­ber­ge­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes ( Eh­pad) rue de Sèvres… Cha­cun bran­dit en re­vanche ses propres pro­messes : « la pro­pre­té de l’ar­ron­dis­se­ment, main­te­nir la vo­ca­tion uni­ver­si­taire avec no­tam­ment la créa­tion de la cité du mé­di­ca­ment » pour le maire UMP ; « re­pen­ser la place du 18- Juin à Mont­par­nasse, re­dy­na­mi­ser le mar­ché Saint- Ger­main, en­cou­ra­ger la po­li­tique cultu­relle, les li­brai­ries et les ga­le­ries d’art » pour Ro­main Lé­vy.

( LP/ Guillaume Rou­jas.)

Rue de Rennes ( VIe). Le maire sor­tant et son ad­ver­saire so­cia­liste re­ven­diquent tous les deux la pa­ter­ni­té du ré­amé­na­ge­ment de la rue de Rennes.

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