« Saint- Ger­main au­rait be­soin d’ être se­coué »

Le Parisien (Paris) - - Paris - C. C.

Aux Deux Ma­gots, où tout le gra­tin de Saint- Ger­main- des­Prés dé­file, « les mu­ni­ci­pales, on prend, ça à la cool » . « On a notre pe­tite clien­tèle d’ha­bi­tués qui parlent po­li­tique » , ré­sume Ni­co­las, 30 ans, ser­veur en frac.

Dans ce cé­lèbre ca­fé fon­dé en 1933, juste en face de l’église SaintGer­main- des- Prés, clients et ser­veurs qua­li­fient l’ar­ron­dis­se­ment de « belle en­dor­mie » . At­ta­blé de­vant un ca­fé à 4,40€, Da­niel, 29 ans, un fi­dèle, aime « ce VIe un peu in­tel­lo » . Mais le jeune homme, qui a un pen­chant pour l’UMP, ne vo­te­ra pas en mars.

Ju­lie, 75 ans, cuis­sardes noires, lu­nettes de so­leil et ver­nis à ongles jaune mé­tal­li­sé, qui ha­bite le VIe de­puis 1975, ne sait pas qui est le maire mais es­time que « l’ar­ron­dis- se­ment est bien te­nu » . Un peu plus loin, Ni­co­las amène un verre de vin à Jen­ni­fer. « On a beau­coup de tou­ristes ici » , se ré­jouit le ser­veur. Cette Amé­ri­caine de 42 ans a « le fee­ling qu’ici, c’est po­li­ti­que­ment à droite, très à droite » . Se­lon elle, il y a « des gens très riches ici mais aus­si très pauvres » . Dé­si­gnant le clo­chard ins­tal­lé en bas de la phar­ma­cie, elle lâche : « Le contraste est cho­quant. »

Pierre- Adrien, jeune pu­bli­ci­taire et « fan des Deux ma­gots » , vo­te­ra, lui, à gauche. « J’ai la chance d’être pro­prié­taire dans le quar­tier et de ne pas avoir de sou­cis mais cet ar­ron­dis­se­ment est trop conser­va­teur, trop éli­tiste et trop mu­séi­fié. Ici, on est loin des vrais gens. SaintGer­main- des- Prés au­rait be­soin d’être un peu se­coué. »

( LP/ C. C.)

Place Saint- Ger­main- des- Prés ( VIe), mer­cre­di der­nier. Ni­co­las est ser­veur dans la plus cé­lèbre bras­se­rie du quar­tier.

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