ArtS­tocK re­donne vie aux décors et cos­tumes de grands spec­tacles

Elé­ments de décors, ac­ces­soires et cos­tumes des pec­tacles à gros bud­gets sonts to­ckés près de Meaux ( Seine- et- Marne), en at­ten­dant d ’êt re­re­cy­clés par des com­pa­gnies dis­po­sant ain­si de ma­té­riel moins cher.

Le Parisien (Paris) - - Ile-De- France - Ren­sei­gne­ments au 06.83.36.22.00. Site In­ter­net : www. ar­stock. fr.

En­vie de louer une co­lonne égyp­tienne pour votre ma­riage ? De dé­ni­cher un plan­cher en bois pour une salle de spec­tacle ? Des capes rouges de ro­mains pour un spec­tacle ou re­cy­cler un sphinx pour une co­mé­die mu­si­cale ? Tous ces tré­sors dorment dans des en­tre­pôts d’une zone d’ac­ti­vi­tés, à Tril­port, près de Meaux ( Seine- etMarne). Ici re­posent de­puis quatre ans les décors des spec­tacles « Ex­ca­li­bur » , « Ben Hur » et « Ai­da » , joués au Stade de France. Des cen­taines de cos­tumes sont conser­vés, al­lant de la robe d’Ai­da aux san­dales de Ro­mains. Ces décors ne mour­ront pas en déchetterie, comme c’est la cou­tume dans le monde du spec­tacle.

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Ré­gion a ver­sé une sub­ven­tion de 300 000 €

Grâce à l’as­so­cia­tion ArtS­tocK, ils cherchent une se­conde vie. Née en 2009, ArtS­tocK re­cycle des décors de spec­tacles en ré­gion Centre et dans le sud de la France. Elle s’est im­plan­tée en ré­gion pa­ri­sienne grâce au Stade de France ( voir ci- des­sous). A par­tir d’au­jourd’hui jus­qu’à ven­dre­di, ArtS­tocK va cou­per, trier et va­lo­ri­ser les décors et cos­tumes d’ « Ex­ca­li­bur » , « Ben Hur » et « Ai­da » . Les com­pa­gnies de la ré­gion pa­ri­sienne, les col­lec­ti­vi­tés, les pro­fes­sion­nels de l’au­dio­vi­suel et même les par­ti­cu­liers peuvent cher­cher leur tré­sor dans cette ca­verne im­pro­bable. « Tout est ven­du à bas prix, en fonc­tion des moyens de nos adhé­rents. On ne dé- passe pas le quart du prix de la va­leur réelle » , pointe Ju­lien Pillet, co­mé­dien, met­teur en scène et char­gé de dé­ve­lop­pe­ment chez ArtS­tocK.

L’adhé­sion va­rie de 25 € pour une pe­tite com­pa­gnie ou un par­ti­cu­lier, à 500 € pour les mas­to­dontes comme le Théâtre des Champs- Ely­sées, l’Odéon, France Té­lé­vi­sions ou en­core le Stade de France.

Une com­pa­gnie du Ju­ra est ain­si in­té­res­sée par 50 cos­tumes ro­mains pour un car­na­val. Une autre, d’Au­ber­vil­liers ( 93), a ache­té jeu­di une fly­case rem­plie de ma­té­riel au­dio pour 500 € au lieu de 2 500€ ( lire ci- des­sous). « Les décors sont fa­bri­qués grâce à des sub­ven­tions pu­bliques, notre ob­jec­tif est d’ar­ri­ver à une ges­tion in­tel­li­gente, en créant une ma­té­riau­thèque dans la­quelle nos adhé­rents peuvent ti­rer une se­conde vie des décors, des cos­tumes. Nous ven­dons des bar­rières en bois, des plan­chers, nous don­nons des blocs de po- lys­ty­rène aux ly­cées pro­fes­sion­nels » , sou­rit Smaïl Toua­ti, pré­sident d’ArtS­tocK. L’as­so­cia­tion, qui cherche un lieu de sto­ckage plus proche de Pa­ris, sou­haite aus­si créer une plate- forme d’ar­ri­vée des dé­chets, un es­pace de dé­mon­tage et de tri, et une zone de dé­chets non re­cy­clables.

Le con­seil ré­gio­nal lui a oc­troyé, le 30 jan­vier, une sub­ven­tion de 300 000 € pour pou­voir em­bau­cher. Ob­jec­tif : em­ployer l’équi­valent de 600 jours de travail dans trois ans. « Cette va­lo­ri­sa­tion de dé­chets li­mite l’utilisation de ma­tière pre­mière. Elle est bonne pour l’en­vi­ron­ne­ment, et pour l’em­ploi, ap­pré­cie- t- on à la Ré-

Tril­port ( 77), jeu­di. Smaïl Toua­ti ( à gauche), pré­sident d’ArtS­tocK, et Ju­lien Pillet, en charge du dé­ve­lop­pe­ment, es­pèrent pou­voir re­vendre les trois- quarts des décors ( ici des sphinx, des co­lonnes égyp­tiennes, un bou­clier ro­main) de « Ben Hur » , « Ex­ca­li­bur » et « Ai­da » .

VA­LEN­TINE ROUS­SEAU

gion Ile- de- France. Pour 10 000 t de dé­chets trai­tés, on crée un em­ploi si le dé­chet est en­foui, trois s’il est in­ci­né­ré et dix s’il est va­lo­ri­sé. »

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