Comment les Fran­çais gèrent leurs comptes

Trente pour cent des Fran­çais consultent da­van­tage leurs comptes de­puis lacrise. Beau­coup notent toutes leurs dé­penses. Et pas seule­ment ceux en dif­fi­cul­té.

Le Parisien (Paris) - - La Une - (

De vé­ri­tables pe­tits ronds- de­cuir im­pro­vi­sés. Sans at­ta­ché- case ni logiciel de ges­tion so­phis­ti­qué, les Fran­çais se sont trans­for­més, crise oblige, en ex­perts- comp­tables du quo­ti­dien, à en croire les ré­sul­tats d’une étude* CSA pour For­tu­neo que nous ré­vé­lons au­jourd’hui. Trente pour cent des son­dés consultent ain­si da­van­tage leurs comptes qu’il y a cinq ans. « Les contraintes concernent tout le monde, les plus dé­fa­vo­ri­sés mais aus­si les classes moyennes et les cadres in­ter­mé­diaires, ana­lyse Ber­nard Sa­na­nès, pré­sident de l’ins­ti­tut CSA, sur­veiller et an­ti­ci­per ses dé­penses ap­porte une no­tion de sé­cu­ri­té. » n8 Fran­çais sur 10 consultent leurs comptes au moins une fois par se­maine. Ils sont même 38 % à les consul­ter qua­si­ment tous les jours ! Une fré­né­sie liée à la pos­si­bi­li­té de gé­rer ses comptes en temps réel mais sur­tout aux contraintes éco­no­miques pe­sant sur les mé­nages. Se­lon l’étude, 25 % des in­ter­ro­gés ne par­viennent d’ailleurs pas à épar­gner. Si la veille des dé­penses peut être quo­ti­diene, « le point le plus im­por­tant a lieu une fois par mois » , re­lève Pas­cal Don­nais, di­rec­teur gé­né­ral de la banque en ligne For­tu­neo. C’est à ce mo­ment- là que la moi­tié des Fran­çais conser­vant leurs ti­ckets de carte ban­caire listent les dé­penses réa­li­sées. nUn Fran­çais sur 5 note ses dé­penses dans un car­net. Mal­gré l’exis­tence de dif­fé­rents lo­gi­ciels de ges­tion des comptes, tout noter sur pa­pier « se trans­met en­core des pa­rents aux en­fants dans les fa­milles, re­marque Ber­nard Sa­na­nès. Ce­la tra­duit aus­si cette vo­lon­té de pro­té­ger ses don­nées nu­mé­riques et de gar­der ses in­for­ma­tions fi­nan­cières pour soi » . Et puis, c’est presque plus simple avec cette mé­thode de vé­ri­fier où on en est… nOn épargne les en­fants ! Seuls 7 % des son­dés parlent de leurs comptes à leurs en­fants. « En pé­riode de dif­fi­cul­tés, on pro­tège les en­fants. L’ar­gent est un su­jet de la vie de couple » , note Ber­nard Sa­na­nès, tan­dis que seuls 10 % des conjoints font compte à part. « On re­marque par ailleurs que tout ce qui re­lève des consom­ma­tions quo­ti­diennes est da­van­tage gé­ré par les femmes, ob­serve Pas­cal Don­nais. Elles ont d’ailleurs gé­né­ra­le­ment un com­por­te­ment plus pru­dent et épargnent de fa­çon plus ré­gu­lière que les hommes. » nLes va­cances, bud­get sa­cré. Cin­quante- trois pour cent des son­dés dé­clarent mettre de l’ar­gent de cô­té pour fi­nan­cer leurs va­cances, loin de­vant les sor­ties, qui font l’ob­jet d’une en­ve­loppe à part pour 21 % des Fran­çais, ou les soldes ( 18 %). nLes plus jeunes, moins at­ten­tifs. C’est par­mi eux que l’on trouve le plus grand nombre d’in­sou­ciants. Près d’un son­dé de moins de 35 ans sur quatre gère ses comptes… au flair, tan­dis que 17 % de l’en­semble des ré­pon­dants as­surent « ne pas noter [ leurs] dé­penses et sa­voir glo­ba­le­ment com­bien il [ leur] reste » . Et pour­tant les jeunes, éga­le­ment les plus tou­chés par le chô­mage, sont aus­si ceux qui se sont le plus at­te­lés au sui­vi de leurs comptes par rap­port au reste de la po­pu­la- tion : près de la moi­tié des moins de 35 ans dit éga­le­ment consul­ter da­van­tage ses comptes de­puis cinq ans. « Sans culpa­bi­li­ser, il vaut mieux se mettre à suivre son bud­get avant de se re­trou­ver en in­ter­dit ban­caire, re­marque Thier­ry Da­mien, pré­sident de l’as­so­cia­tion de consom­ma­teurs Fa­milles ru­rales. Le plus im­por­tant est de connaître l’en­semble de ses dé­penses fixes. » * Etude réa­li­sée les 4 et 5 fé­vrier en ligne au­près d’un échan­tillon re­pré­sen­ta­tif de 1 006 Fran­çais âgés de 18 ans et plus.

Crise oblige, les mé­nages ont mo­di­fié leur fa­çon de gé­rer leur bud­get.

Pa­ris ( XIXe), hier. Si les moins de 35 ans sont par­mi les moins at­ten­tifs à leurs fi­nances, l’en­quête CSA ré­vèle qu’ils ont mo­di­fié leur com­por­te­ment ces cinq der­nières an­nées.

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