Mer­kel vend son mo­dèle à Hollande

Une qua­ran­taine de mi­nistres fran­çais et al­le­mands passent la jour­née en­semble. Ob­jec­tif : amé­lio­rer la co­opé­ra­tion entre les deux pays.

Le Parisien (Paris) - - Politique - PHI­LIPPE MARTINAT

Ce se­ra la se­conde sor­tie à l’étran­ger pour An­ge­la Mer­kel de­puis sa ré­élec­tion à la chan­cel­le­rie. La pre­mière l’avait dé­jà ame­née à Pa­ris le 18 dé­cembre avant qu’un ac­ci­dent de ski ne l’oblige à an­nu­ler tous ses dé­pla­ce­ments. Mer­kel vient à Pa­ris ac­com­pa­gnée de 18 mi­nistres. Face à eux, 24 de leurs ho­mo­logues fran­çais et Fran­çois Hollande. Un face- à- face sym­bo­lique qui doit néan­moins amé­lio­rer la co­opé­ra­tion entre Pa­ris et Ber­lin, dont l’éco­no­mie est en bien meilleure san­té. Pour­quoi un con­seil ? C’est à l’oc­ca­sion du 40e an­ni­ver­saire du Trai­té de l’Ely­sée, en jan­vier 2003, qu’il a été dé­ci­dé de trans­for­mer les tra­di­tion­nels som­mets fran­co- al­le­mands en Con­seil des mi­nistres conjoint. « Un cadre unique au monde » , sou­ligne- t- on à l’Ely­sée pour mieux « vendre » le couple mo­teur de l’Eu­rope. Ce 16e Con­seil des mi­nistres fran­coal­le­mand in­ter­vient en tout cas dans un contexte po­li­tique plus fa­vo­rable après l’en­trée du SPD ( allié des so­cia­listes fran­çais) dans la coa­li­tion di­ri­gée par Mer­kel, avec no­tam­ment la pro­chaine mise en place outre- Rhin d’un sa­laire mi­ni­mum. Dé­sor­mais, Mer­kel et Hollande dis­posent de trois ans sans élec­tions gé­né­rales pour re­lan­cer le tan­dem. De quoi va- t- on par­ler ? Le pro­gramme de la ren­contre d’au­jourd’hui, dont la plu­part des su­jets ont été pré­pa­rés et ar­bi­trés en amont, est co­pieux. Après une sé­rie d’en­tre­tiens bi­la­té­raux en fin de ma­ti­née aus­si bien entre Hollande et Mer­kel qu’entre les mi­nistres, un « dé­jeu­ner plé­nier » per­met­tra de ba­layer les prin­ci­paux thèmes : af­faires étran­gères et dé­fense, tran­si­tion éner­gé­tique et co­opé­ra­tion in­dus­trielle, conver­gence éco­no­mique et so­ciale, jus­tice et af­faires in­té­rieures, etc. Une confé­rence de presse à l’Ely­sée clô­tu­re­ra la jour­née.

Quelles dé­ci­sions concrètes ?

Le menu est — comme souvent en pa­reilles cir­cons­tances — plus al­lé­chant que le conte­nu de l’as­siette. La dé­ci­sion la plus forte de­vrait être l’of­fi­cia­li­sa­tion de l’en­voi de la bri­gade fran­co- al­le­mande au Ma­li. 250 sol­dats se­ront af­fec­tés en juin, dans le cadre des mis­sions eu­ro­péennes ( EUTM), à la for­ma­tion de l’ar­mée ma­lienne.

En ma­tière d’har­mo­ni­sa­tion fis­cale ou d’union ban­caire, les pro­grès s’an­noncent plus lents. Idem dans le do­maine de la tran­si­tion éner­gé­tique. A la mi- jan­vier, Fran­çois Hollande avait ap­pe­lé de ses voeux un « Air­bus de l’éner­gie » , c’est- à- dire une grande en­tre­prise sur le mo­dèle de l’im­mense suc­cès de l’avion­neur. Mais le som­met pa­ri­sien ne de­vrait pour l’ins­tant ac­cou­cher que d’une sou­ris. « Ce n’est pas aux Etats de dire aux in­dus­triels ce qu’ils doivent faire » , re­con­naît- on à l’Ely­sée. Au grand dam des éco­lo­gistes.

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Fran­çois Hollande ac­cueille ce ma­tin la chan­ce­lière al­le­mande pour une longue sé­rie d’en­tre­tiens.

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