« Une chute de 20 % de l’ac­ti­vi­té »

Yves Guir­riec, di­rec­teur du port de pêche de Lo­rient

Le Parisien (Paris) - - Economie - LO­RIENT ( MOR­BI­HAN) Pro­pos re­cueillis par B. L.

Pour Yves Guir­riec, le pa­tron du port de pêche de Lo­rient, l’heure est au bi­lan. Quel est l’im­pact éco­no­mique des tem­pêtes sur l’ac­ti­vi­té du port de Lo­rient ?

YVES GUIR­RIEC. Ici, nous avons en­re­gis­tré de­puis dé­cembre une chute de 20 % de l’ac­ti­vi­té, en termes de volume de pois­sons et de va­leur. C’est très dou­lou­reux pour les équi­pages. Du ja­mais- vu. Les pe­tits ba­teaux de pêche cô­tière sont les plus tou­chés car ils ont été obli­gés de res­ter à quai de­puis mi- dé­cembre. Mais même les cha­lu­tiers de pêche hau­tu­rière qui vont vers l’Ecosse et l’Ir­lande ont été frap­pés. Sor­tir en mer avec un vent de 55 noeuds et la houle au­rait été trop ris­qué. Dans cer­tains ports de la côte ouest, il y a deux mois de perte sèche pour les ma­rins pê­cheurs. Com­bien de per­sonnes ont été tou­chées par ces dif­fi­cul­tés ? Le port est l’un des prin­ci­paux em­ployeurs du sec­teur de Lo­rient,

c’est le pre­mier port fran­çais en termes de va­leur ( NDLR : le pre­mier en ton­nage de pois­sons étant ce­lui de

Bou­logne- sur- Mer). Avec les ma­rins, les ma­reyeurs, les per­sonnes char­gées des chan­tiers, de la lo­gis­tique et l’ad­mi­nis­tra­tion, on compte 3 000 em­plois di­rects et au moins 6 000 in­di­rects. Le manque à ga­gner touche aus­si tous les pois­son­niers car la mar­chan­dise est plus chère sur les étals, le pois­son se vend moins bien. En amont, en aval, tout le monde est concer­né. Le co­mi­té ré­gio­nal des pêches de Bre­tagne doit au­jourd’hui éva­luer l’en­semble des pertes su­bies par la fi­lière.

Il y a une ten­sion la­tente ”

Quel est le sen­ti­ment des pê­cheurs ? Les ma­rins n’ont pas en­vie d’en dé­coudre comme en 2007 et 2008 lors de la flam­bée des prix du ga­zole. La tem­pête est un phé­no­mène na­tu­rel et ils le com­prennent bien ! Mais ils sont un peu déses­pé­rés. Il y a une ten­sion la­tente dans la pro­fes­sion de­puis des mois à cause de la hausse des charges et des ré­gle­men­ta­tions eu­ro­péennes. Les pro­blèmes mé­téo ont exa­cer­bé ces pro­blèmes. La pêche est un mé­tier pas­sion­nant mais ex­trê­me­ment dur.

Lo­rient, hier. Yves Guir­riec.

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