At­ten­tion, la­grip­pear­rive

Plus tar­dive que d’ha­bi­tude, l’épi­dé­mie de­vrait at­teindre son­pic d’ici trois se­maines. Plus de250­cas graves ont été re­cen­sés à ce jour.

Le Parisien (Paris) - - Société - CH­RIS­TEL BRI­GAU­DEAU

Le re­gard vi­treux sous ses pau­pières mi- closes, ce père n’en mène pas large, ava­chi lun­di dans la salle d’at­tente du mé­de­cin. A cô­té de lui, sa femme et ses trois en­fants toussent de concert. « On s’est tous re­fi­lé le vi­rus ! » sou­pire la mère. Le mé­chant syn­drome ne s’ar­rê­te­ra pas à cette fa­mille fran­ci­lienne : se­lon l’Ins­ti­tut na­tio­nale de veille sa­ni­taire ( InVS), qui doit pu­blier ce ma­tin ses der­niers chiffres en la ma­tière, la grippe qu’on n’at­ten­dait plus s’est bel et bien ins­tal­lée sur le ter­ri­toire. nLe pic est en­core à ve­nir. L’épi­dé­mie a débuté plus tar­di­ve­ment que l’an der­nier, il y a deux se­maines, à la fa­veur d’une mé­téo fa­vo­rable. « Le froid sec est un dé­clen­cheur, re­lève Da­niel Lé­vy- Bruhl, mé­de­cin épi­dé­mio­lo­giste à l’InVS. On de­vrait at­teindre le pic cou­rant mars. » C’est en Pa­ca, en Languedoc- Rous­sillon et en Rhône- Alpes que les symp­tômes se sont le plus ma­ni­fes­tés. Dans la ré­gion pa­ri­sienne, les va­cances sco­laires « sont ar­ri­vées à point pour conte­nir la pro­pa­ga­tion » , note Vincent Au­vigne, épi­dé­mio­lo­giste pour la so­cié­té de col­lecte d’in­for­ma­tions mé­di­cales Cel­ti­pharm. Nous en sommes ac­tuel­le­ment à 175 cas par se­maine et par tranche de 100 000 ha­bi­tants. L’épi­dé­mie semble moins forte que l’an­née der­nière. » nDeux souches en pré­sence. Vi­rale, la grippe en tant que telle ne se soigne pas. « On ne fait que com­battre les symp­tômes : une fièvre su­pé­rieure à 39 o, des cour­ba­tures et une toux » , dé­crit le doc­teur Vic- toire Rous­sel, res­pon­sable du ré­seau de mé­de­cins Sen­ti­nelle. Cette an­née, le vi­rus se dé­com­pose en deux souches : le A/ H3N3 et le dé­sor­mais cé­lèbre A/ H1N1. Pas de pa­nique pour au­tant : la grippe aviaire a per­du beau­coup de son agres­si­vi­té de­puis 2009, à me­sure qu’elle s’est pro­pa­gée par­mi la po­pu­la­tion. « Il faut tout de même la prendre au sé­rieux, en par­ti­cu­lier chez les per­sonnes à risque, pré­vient Da­niel Lé­vy- Bruhl. On a dé­pas­sé cette se­maine les 250 cas graves de per­sonnes en ré­ani­ma­tion. » nComment se pré­mu­nir. Ceux qui ne se sont pas fait vac­ci­ner peuvent en­core le faire, à condition de ne pas tar­der : l’as­su­rance ma­la­die a pro­lon­gé jus­qu’à la fin du mois sa cam­pagne de vac­ci­na­tion, gra­tuites pour les pu­blics sen­sibles. Pour les autres, mieux vaut « li­mi­ter les contacts avec les per­sonnes ma­la- des et se la­ver le nez pré­ven­ti­ve­ment pour éva­cuer les vi­rus pré­sents dans la fosse na­sale » , pré­co­nise Vic­toire Rous­sel. Ceux que la fièvre a dé­jà mis KO n’ont plus qu’à consul­ter et à at­tendre des jours meilleurs, de pré­fé­rence au chaud. Cou­rage : même si la toux peut s’ins­tal­ler pen­dant deux se­maines, la grippe pro­pre­ment dite dure entre cinq et sept jours.

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