Des va­cances se­reines sans bé­bé

Le ski à 10mois, c’est loin d’être l’idéal. Pour pro­fi­ter des va­cances en couple ou avec les plus grands, pour­quoi ne­pas confier bé­bé à pa­pi et ma­mie ?

Le Parisien (Paris) - - Lerendez- Vous - PAUL GIU­DI­CI

L’idée de le confier au ba­by club toute la jour­née ne vous en­chante guère. Si le pro­gramme des va­cances n’est vrai­ment pas adap­té au pe­tit der­nier ou que vous rê­vez de vous re­trou­ver en couple, pour­quoi ne pas le confier aux grands- pa­rents ou à une tante qu’il connaît bien ? C’est tout à fait pos­sible si on laisse de cô­té le prin­ci­pal écueil cô­té pa­rents : la culpa­bi­li­té. Deux spé­cia­listes, la psy­cho­thé­ra­peute Isa­belle Fillio­zat* et la psy­cha­na­lyste Ni­cole Fabre**, donnent les clés d’une pre­mière sé­pa­ra­tion réus­sie pour vous et pour lui. Et ça marche aus­si si c’est bé­bé qui part prendre l’air pen­dant que vous res­tez à la mai­son pour cause de bou­lot.

A par­tir de quel âge se lan­cer ?

Il n’existe pas de mi­ni­mum à res­pec­ter scru­pu­leu­se­ment. Ain­si, Ni­cole Fabre, psy­cha­na­lyste, es­time que l’en­fant peut pas­ser un week- end loin de ses pa­rents dès 6- 8 mois. Isa- belle Fillio­zat, psy­cho­thé­ra­peute de la pe­tite en­fance, pré­co­nise, elle, de ne pas par­tir avant que son en­fant ait 2 ans. « L’en­fant a des be­soins d’at­ta­che­ments im­por­tants, de se sen­tir en sé­cu­ri­té. Toute rup­ture trop longue peut ne pas être bien vé­cue ni par lui, ni par le pa­rent. » Dans tous les cas, mieux vaut y al­ler pro­gres­si­ve­ment. Pour une pre­mière ex­cur­sion, mieux vaut pri­vi­lé­gier un week- end, puis quatre jours la se­conde fois…

Ne pas culpa­bi­li­ser

Les pa­rents et sur­tout la ma­man ne doivent pas y al­ler à re­cu­lons « si­non elle va y pen­ser tout le week- end et ne pas for­cé­ment être bien alors qu’elle est en train de re­prendre sa vie de femme » , aver­tit Isa­belle Fillio­zat. Et les pa­rents doivent gar­der à l’es­prit que leur pe­tit bout « aime bien faire un do­do de­hors, ce­la fait par­tie de leur ou­ver­ture au monde » , rap­pelle- t- elle.

Le jour J, ne pas par­tir sans que l’en­fant le sache pour évi­ter les pleurs. Et si les larmes coulent, il ne faut pas y voir « un ap­pel en dé­tresse ou un mal­heur mais plu­tôt un ap­pel lié à l’at­ta­che­ment » , as­sure Isa­belle Fillio­zat. « Mais ce n’est pas la peine de pré­pa­rer un dis­cours, ajoute Ni­cole Fabre. On l’em­brasse et on lui dit qu’on re­vient bien­tôt. »

Une fois le dé­part ac­té, le contact ne doit pas être cou­pé. L’ap­pe­ler ou al­ler le voir sur Skype est pri­mor­dial. Pen­sez aus­si à de­man­der à la per­sonne qui le garde comment la jour­née s’est pas­sée.

Bien an­ti­ci­per

Pre­mière dé­marche à ef­fec­tuer : le pré­ve­nir dès que vous con­nais­sez la date de votre dé­part. « Au dé­but, on in­forme l’en­fant sans trop lui en par­ler, pré­co­nise la psy­cho­thé­ra­peute. Et plus la date ap­proche, plus on dé­taille. » Le ché­ru­bin doit aus­si dé­jà bien connaître la per­sonne qui va le gar­der. Qu’il soit par exemple ac­cli­ma­té à la pré­sence de pa­pi et ma­mie. « C’est la condition, in­siste la psy­cha- na­lyste. Il faut qu’il ait dé­jà été seul avec ses grands- pa­rents, pen­dant quelques heures, voire une jour­née. »

Tout doit s’ef­fec­tuer de ma­nière na­tu­relle. « Il faut lui lais­ser en­tendre que c’est quelque chose de nor­mal et que ça ar­ri­ve­ra de nou­veau » , si­gnale- t- elle. La per­sonne qui va gar­der l’en­fant doit se sen­tir à l’aise en sa pré­sence, « si­non l’an­goisse se trans­met à lui » , note Isa­belle Fillio­zat.

A ne sur­tout pas oublier

Pour que son sé­jour se dé­roule le mieux pos­sible, quelques at­ten­tions sont utiles. « Il faut lui dire le plus pré­ci­sé­ment pos­sible comment ce­la va se pas­ser, dé­taille Isa­belle Fillio­zat. Tu vas dor­mir là, ta grand- mère va te ra­con­ter une his­toire, on va te ré­cu­pé­rer à ce mo­ment- là… On peut aus­si lui lais­ser un vêtement avec notre odeur, ce qui va le sé­cu­ri­ser. » Ni­cole Fabre conseille de « faire sa va­lise avec lui » . On y met son py­ja­ma, son livre pré­fé­ré, son dou­dou…

Lâ­cher prise La psy­cho­thé­ra­peute pré­cise que les en­fants « sont ex­trê­me­ment adap­tables » . « S’il a be­soin d’un verre d’eau tous les soirs pour dor­mir, il vaut mieux lui lais­ser. Si­non, il peut chan­ger de brosse à dents, man­ger dif­fé­rem­ment qu’à la mai­son… »

Des pro­pos confir­més par la psy­cha­na­lyste : « Je crois qu’il n’est ja­mais très bon que les pa­rents im­posent les ha­bi­tudes de l’en­fant. Quand on le confie, on le confie. »

( Image Source/ Chad Sprin­ger.)

Le temps d’un week- end d’abord, puis quatre jours ou une se­maine, votre en­fant se­ra ra­vi de par­tir dor­mir chez ses grands- pa­rents. « Ce­la fait par­tie de leur ou­ver­ture au monde » , note la psy­cho­thé­ra­peute Isa­belle Fillio­zat qui in­siste sur l’im­por­tance de dé­cul­pa­bi­li­ser.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.