Ch­ris­tian Ia­co­no ar­rache un troi­sième pro­cès

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - JÉ­RÔME SAGE

En ap­pre­nant hier après- mi­di l’an­nu­la­tion du ver­dict de la cour d’as­sises d’ap­pel des Bouches- du- Rhône, qui l’a condam­né à neuf ans de pri­son pour viols sur son pe­tit- fils Ga­briel, Ch­ris­tian Ia­co­no, 79 ans, s’est tour­né vers sa fille Cé­cile. Un ti­mide sou­rire aux lèvres, il lui a en­voyé un dis­cret bai­ser de la main. A l’is­sue de la lec­ture de cet ar­rêt de la Cour de ré­vi­sion le ren­voyant une troi­sième fois de­vant une cour d’as­sises alors que l’avo­cat gé­né­ral s’y était op­po­sé, et avant de plon­ger dans le bain de foule des jour­na­listes, la jeune femme s’est je­tée dans les bras de son père, bou­le­ver­sée. L’an­cien maire de Vence ( Alpes- Ma­ri­times) a, à son tour, em­bras­sé ses avo­cats.

« Nous sommes heu­reux » , a chu­cho­té Cé­cile, Ch­ris­tian Ia­co­no res­tant si­len­cieux, en­core sou­mis à une ré­serve im­po­sée de­puis sa li­bé­ra­tion condi­tion­nelle. Il avait été li­bé­ré en avril 2012, après seize mois de pri­son en quatre sé­jours. Un « cal­vaire » , pour cet homme qui s’est tou­jours dit « par­fai­te­ment, com­plè­te­ment in­no­cent » . Pour Me Gé­rard Bau­doux, l’un de ses avo­cats, cette an­nonce est une « sa­tis­fac­tion pro­fes­sion­nelle, hu­maine, mais mi­ti­gée, parce que de­puis qua­torze ans, on sait que les deux condam­na­tions de Ch­ris­tian Ia­co­no sont une er­reur ju­di­ciaire » .

Ain­si, il y au­ra un troi­sième pro­cès Ia­co­no. Après un pre­mier en 2009, un autre en 2011, du­rant les­quels Ga­briel Ia­co­no a ac­cu­sé son grand- père de viols per­pé­trés entre 1996 et 1998, alors qu’il avait entre 5 et 8 ans. Un nou­veau pro­cès éclai­ré par un re­bon­dis­se­ment spec­ta­cu­laire, in­ter­ve­nu en mai 2011, lorsque Ga­briel est re­ve­nu sur ses ac­cu­sa­tions, di­sant avoir « in­cons­ciem­ment men­ti » , peut- être « in­fluen­cé par son père » , en conflit avec Ch­ris­tian Ia­co­no.

L’homme com­pa­raî­tra donc pro­chai­ne­ment de­vant la cour d’as­sises du Rhône, dé­si­gnée hier, où son avo­cat Gé­rard Bau­doux sou­haite « ob­te­nir l’ac­quit­te­ment de Ch­ris­tian Ia­co­no, le ré­ta­blir dans son hon­neur, qu’il soit dé­fi­ni­ti­ve­ment in­no­cen­té » . En at­ten­dant, il doit s’abs­te­nir de ren­trer en contact avec Ga­briel et il se­ra sui­vi par un juge d’ap­pli­ca­tion des peines de Grasse, près de Vence.

Si ce troi­sième pro­cès de­vait dé­bou­cher sur un ac­quit­te­ment, Ch­ris­tian Ia­co­no se­rait le neu­vième condam­né de­puis 1945 à être blan­chi

Ob­te­nir l’ac­quit­te­ment, le ré­ta­blir dans son hon­neur, qu’il soit dé­fi­ni­ti­ve­ment in­no­cen­té” Me Gé­rard Bau­doux, l’avo­cat de Ch­ris­tian Ia­co­no

après une pro­cé­dure de ré­vi­sion. Une dé­marche ex­cep­tion­nelle de la jus­tice qui re­vient sur des condam­na­tions cen­sées être dé­fi­ni­tives. L’oc­ca­sion aus­si pour Me Bau­doux de confron­ter « cer­tains ex­perts, qui sont ap­pa­rus plus comme des mi­li­tants de la cause de l’en­fant » , au re­vi­re­ment de Ga­briel. Fin fé­vrier, l’As­sem­blée na­tio­nale exa­mi­ne­ra à ce pro­pos une pro­po­si­tion de loi vi­sant à fa­ci­li­ter ces re­cours en ré­vi­sion, au « moindre doute » sur la culpa­bi­li­té d’un condam­né.

( AFP/ Jacques De­mar­thon.)

Ch­ris­tian Ia­co­no.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.