C’est main­te­nant ou ja­mais

Le Parisien (Paris) - - Sports - SAN­DRINE LE­FÈVRE

Le seuil d’alerte est lar­ge­ment dé­pas­sé. Après 7 épreuves ( sur 10), le ski al­pin fran­çais est tou­jours bre­douille. La 8e place d’Ané­mone Mar­mot­tan en géant hier — le meilleur ré­sul­tat tri­co­lore de­puis l’ou­ver­ture des JO — con­sole à peine une dé­lé­ga­tion qui s’en re­met au­jourd’hui à Alexis Pin­tu­rault.

Un pro­blème de men­tal. A Van­cou­ver, le dis­cours était ro­dé. « Les Jeux, c’est une course comme les autres » , ra­bâ­chaient les Bleus, ren­trés tête basse ( au­cune mé­daille). Quatre ans plus tard, mal­gré les belles promes- ses en­tre­vues lors des épreuves de Coupe du monde ( 13 po­diums cette sai­son) et les der­niers Mon­diaux réus­sis ( 4 mé­dailles dont 2 en or), la France est en­core plus à la peine. L’ab­sence des deux cham­pionnes du monde, Marion Rol­land ( des­cente) et Tes­sa Worley ( géant), n’ex­plique pas tout. « Les en­traî­neurs préparent- ils suf­fi­sam­ment les skieurs à la pres­sion des JO ? Peut- être pas, dé­plore Jean- Pierre Vi­dal, cham­pion olym­pique de sla­lom en 2002. De­puis le dé­but, je n’ai pas vu un skieur fran­çais se sur­pas­ser, je n’en ai pas vu un skier à 100 %. »

L’es­poir Pin­tu­rault. Long­temps, il a ré­pé­té qu’être « le leader de l’équipe de France » ne le dé­ran­geait pas. Ce ma­tin, sur son épreuve de pré­di­lec­tion, Pin­tu­rault, 21 ans, pas­sé au tra­vers du su­per- com­bi­né ( il avait en­four­ché lors du sla­lom) va de­voir mon­trer ce qu’il a dans le ventre.

« Etre leader quand tu n’as pas d’ex­pé­rience, c’est com­pli­qué, es­time Vi­dal, consul­tant pour Eu­ro­sport. Lors de la des­cente du com­bi­né, il ne s’était pas lâ­ché. Aux JO, tu ne peux pas skier à 90 %. Il sait main­te­nant ce qu’est une course olym­pique et a de réelles chances en géant, tout comme Tho­mas Fa­na­ra. »

Lors des six géants dis­pu­tés cette sai­son, les Fran­çais sont mon­tés cinq fois sur le po­dium : trois fois pour Pin­tu­rault, à deux re­prises pour Fa­na­ra. « A Sot­chi, ils vont bé­né­fi­cier d’ex­cel­lents dos­sards ( NDLR : le 1 pour Pin­tu­rault, le 5 pour Fa­na­ra), ce qui, sur une neige qui va vite bou­ger, se­ra un atout im­por­tant, pré­cise Jean- Pierre Vi­dal. Der­rière l’ex­tra­ter­restre Ted Li­ge­ty, il y a un coup à jouer. »

Après le géant de ce ma­tin vien­dront les deux sla­loms, le fé­mi­nin de­main avec Nas­ta­sia Noens ( un po­dium cette sai­son) et le mas­cu­lin, ven­dre­di, où on re­trou­ve­ra Alexis Pin­tu­rault ( vic­toire à Wengen cet hi­ver) et Jean- Bas­tiste Grange qui, même s’il re­vient de bles­sure, pos­sède cette ex­pé­rience souvent utile aux Jeux olym­piques.

Ro­sa Khu­tor ( Rus­sie), le 14 fé­vrier. Après son échec lors de l’épreuve du su­per- com­bi­né, Alexis Pin­tu­rault a une nou­velle chance de mé­daille avec le sla­lom géant.

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