Dans le VIIe, tous contre Da­ti

Avant Ra­chi­da Da­ti, le VIIe éli­sait tra­di­tion­nel­le­ment ses maires de droite dès le pre­mier tour. La sor­tante UMP di­vise son propre camp et risque fort de de­voir à nouve au pas­ser par une tri­an­gu­laire.

Le Parisien (Paris) - - Paris - ELO­DIE SOULIÉ

Dans sa mai­rie de la rue de Gre­nelle, Ra­chi­da Da­ti ne s’en­combre pas des doutes qu’ins­pire à d’autres le wes­tern qui est en train de se jouer dans son propre camp. L’an­cienne garde des Sceaux de Ni­co­las Sar­ko­zy doit faire face à une dissidence à ti­roir : d’un cô­té celle de son pré­dé­ces­seur Mi­chel Du­mont, par­ti en bi­nôme avec l’ac­tuelle pre­mière ad­jointe, Mar­tine Na­my- Caulier ; de l’autre celle de Ch­ris­tian Le Roux, ex- pre­mier ad­joint de Mi­chel Du­mont .

Les six an­nées Da­ti doivent res­ter une pa­ren­thèse dans la vie du VIIe” Mi­chel Du­mont, maire UMP du VIIe de 2002 à 2008

Ra­chi­da Da­ti semble d’au­tant moins pré­oc­cu­pée par les risques de tri­an­gu­laire qu’une ré­cente en­quête d’opi­nion la donne en tête au pre­mier tour avec près de 50 % des in­ten­tions de vote et lar­ge­ment ga­gnante au se­cond. « Un son­dage ne fait pas une élec­tion » , ré­torquent à l’unis­son ses ad­ver­saires.

« Per­sonne d’autre n’a au­tant fait va­loir les in­té­rêts du VIIe au­près de Ber­trand De­la­noë ( NDLR : le maire PS de Pa­ris). En six ans, elle a ob­te­nu 14 M€ de bud­get de voi­rie. En ma­tière de sé­cu­ri­té, elle a par exemple fait fi­nan­cer 75 ca­mé­ras de sur­veillance » , in­dique, di­thy­ram­bique, l’en- tou­rage de la dé­pu­tée eu­ro­péenne. Au PS, l’ar­gu­ment ne fait ni chaud ni froid à la pé­tillante tren­te­naire qui va ten­ter de se­couer la droite.

Capucine Edou, sou­rire aus­si gé­né­reux que son CV de géo­graphe et di­rec­trice d’un ser­vice in­ter­na­tio­nal à Sciences- po est long, as­sure qu’il « n’y a pas de fief im­pre­nable » . Op­ti- miste et com­ba­tive, sa cam­pagne est un ma­ra­thon de porte- à- porte quand Ra­chi­da Da­ti pré­fère les réunions d’ap­par­te­ments et les stand- upde mi­li­tants sur les mar­chés. Ce­la suf­fi­ra- t- il ? Pas sûr, mal­gré les 20 % dont la can­di­date so­cia­liste est cré­di­tée au 1er tour et 25 % au se­cond en cas de tri­an­gu­laire, se­lon le der­nier son­dage TNS- Sofres. A moins d’un ex­tra­va­gant ral­lie­ment « an­ti- da­tiste » des dis­si­dents de droite à son pa­nache, Capucine Edou se pré­pare quand même, à mots cou­verts, à re­trou­ver sa « car­rière pro­fes­sion­nelle très so­lide et pas­sion­nante » .

Les deux dis­si­dents sont beau­coup plus re­van­chards. Pour le re­ve­nant Mi­chel Du­mont, qui n’ou­blie pas qu’il a dû s’éclip­ser de­vant l’an­cienne porte- parole de Ni­co­las Sar­ko­zy, « im­po­sée » par l’UMP en 2008, « les six an­nées Da­ti doivent res­ter une pa­ren­thèse dans la vie du VIIe, qui a be­soin d’un vé­ri­table maire de proxi­mi­té » . Quant à Ch­ris­tian Le Roux, il voit aus­si Da­ti « plus me­na­cée qu’on ne croit » . Les deux hommes au­raient pu par­tir en lice en­semble mais la « né­go­cia­tion » a ca­po­té sur la place de leader, vi­sée par les deux ex. « On a le mê­me­pro­gramme mais pas la même mé­thode » , se jus­ti­fie Ch­ris­tian Le Roux.

( LP/ Ca­rol Amar.)

Champ- de- Mars ( VIIe), l’hi­ver der­nier. A la tête de l’ar­ron­dis­se­ment de la tour Eif­fel de­puis six ans, Ra­chi­da Da­ti se targue, par la voix de son en­tou­rage, d’avoir fait va­loir les in­té­rêts du VIIe comme au­cun de ses pré­dé­ces­seurs avant elle.

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