Les RER de moins en moins àl’heure

Le­Syn­di­cat des tran­sports d’Ile- de- France ( Stif) vient de pu­blier le bi­lan 2013 de la ponc­tua­li­té. La si­tua­tion s’amé­liore dans le mé­tro, mais conti­nue de se dé­gra­der sur le ré­seau RER et Tran­si­lien.

Le Parisien (Paris) - - Lle-De- France - GRÉ­GO­RY PLESSE

Les mil­lions d’usa­gers des tran­sports en com­mun l’au­ront pro­ba­ble­ment consta­té eux- mêmes : en 2013, la ponc­tua­li­té des trains de ban­lieue et des RER s’est dé­gra­dée sur neuf lignes sur treize ( voir l’in­fo­gra­phie). La si­tua­tion est par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile pour les uti­li­sa­teurs des RER A, B, D et des lignes J et L, qui des­servent les Yve­lines et le Val- d’Oise de­puis la gare Saint- La­zare. Sur ces cinq lignes, le taux de ponc­tua­li­té est en re­trait de près de dix points par rap­port aux ob­jec­tifs fixés par contrat par le Syn­di­cat des tran­sports d’Ilede- France ( Stif). Quant à la ligne K ( Pa­ris - Cré­py- en- Va­lois), si elle fait par­tie des rares à voir sa ré­gu­la­ri­té s’amé­lio­rer, elle reste la moins ponc­tuelle de tout le ré­seau, avec à peine 80,6 % de ré­gu­la­ri­té l’an pas­sé.

On voyage dans des trains bon­dés et, au moindre pro­blème, c’est la catastrophe” Fran­çois Du­ro­vray ( UMP), ad­mi­nis­tra­teur du Stif

Pour Bé­né­dicte Tilloy, di­rec­trice gé­né­rale de Tran­si­lien, « ces chiffres re­flètent une réa­li­té dif­fi­cile à vivre pour nos voya­geurs, que nous ne nions pas. Mais nous ex­ploi­tons un ré­seau de plus en plus dense, fré­quen­té par un nombre de voya­geurs qui a aug­men­té d’un mil­lion en dix ans et de­vons com­po­ser avec des in­fra­struc­tures vieillis­santes. » Ce pro­blème est loin d’être ano­din, puisque, sur le ré­seau Tran­si­lien, on es­time qu’il est la cause de près d’un tiers ( 27,4 % se­lon RFF) des re­tards.

Mais Bé­né­dicte Tilloy rap­pelle qu’avec le Stif, RFF et SNCF In­fra, il a été conve­nu que, sur les lignes en plus mau­vais état, des « tra­vaux com­man­do » al­laient être lan­cés dans l’an­née et ce, quitte à cou­per des por­tions de ligne pour avan­cer plus vite. Elle compte aus­si sur l’ar­ri­vée de nou­velles rames, comme le Fran­ci­lien, pour chan­ger la donne.

Ce­la ne convainc pas Fran­çois Du­ro­vray ( UMP), ad­mi­nis­tra­teur du Stif, se­lon qui ces ré­sul­tats « prouvent l’échec de la po­li­tique de la ré­gion, qui a tout mi­sé sur la ré­no­va­tion des rames et rien, ou presque, sur les in­fra­struc­tures. Le pro­blème cen­tral, c’est l’aug­men­ta­tion, très forte, de la fré­quen­ta­tion ces der­nières an­nées, face à la­quelle on n’a pas mis les moyens né­ces­saires. Du coup, au­jourd’hui, on voyage dans des trains bon­dés et, au moindre pro­blème, c’est la catastrophe. »

Le bi­lan n’est ef­fec­ti­ve­ment pas fa­meux, mais il s’en dé­gage quand même quelques élé­ments po­si­tifs. Ain­si, la ligne H ( Pa­ris- Creil), l’une des seules à avoir été en­tiè­re­ment ré­no­vée, et où ne cir­culent que des trains Fran­ci­lien, ré­cents et fiables, dé­passe les ob­jec­tifs de ponc­tua­li­té ( 94,4 %) fixés par le Stif.

Le bi­lan est éga­le­ment plu­tôt bon sur le mé­tro. A l’ex­cep­tion des lignes 4 et 14, tous les voyants sont au vert.

( LP/ Ca­rol Amar.)

Par­mi les rai­sons in­vo­quées pour expliquer le manque de ré­gu­la­ri­té des RER ou Tran­si­lien, il y a l’aug­men­ta­tion du nombre de voya­geurs ( un mil­lion en dix ans) et des in­fra­struc­tures de plus et plus vieillis­santes.

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