PATRIMOINE

Ce­té­té, Brégançon ouvre au pu­blic

Le Parisien (Paris) - - La Une - CH­RIS­TOPHE LEVENT

S’of­frir des va­cances de chef d’Etat ? Ce se­ra pos­sible pour cha­cun d’entre nous à par­tir du 26 juillet. Au moins le temps de quelques heures… Le fort de Brégançon, à Bormes- lesMi­mo­sas ( Var), jus­qu’ici lieu de vil­lé­gia­ture des pré­si­dents de la Ré­pu­blique, se­ra ou­vert au pu­blic à par­tir de cette date et jus­qu’à la Tous­saint.

Ins­tal­lé sur un îlot ro­cheux oc­cu­pé de­puis 118 av. J.- C., le fort est éle­vé à la de­mande de Ri­che­lieu au dé­but du XVIIe pour dé­fendre les côtes fran­çaises contre les Es­pa­gnols. Estce cette vo­ca­tion mi­li­taire qui at­ti­ra en 1964 le gé­né­ral de Gaulle ? En par­tance pour Tou­lon, et faute d’avoir trou­vé un hô­tel, il y passe une nuit « cau­che­mar­desque » , se­lon ses termes. Mal­gré cette pre­mière ra­tée, un dé­cret de 1968 fait de l’en­droit la ré­si­dence of­fi­cielle des pré­si­dents.

En­suite, au gré des élec­tions, le fort se­ra plus ou moins oc­cu­pé. Seuls le couple Pom­pi­dou et le couple Gis­card d’Es­taing semblent avoir vrai­ment ap­pré­cié la vue, la dou­ceur du cli­mat et la pe­tite plage pri­vée. Mit­ter­rand n’y fe­ra que de rares sé­jours. Chi­rac avoue « s’y em­mer­der » . Sar- ko­zy y sé­jour­ne­ra quatre fois, avec Cé­ci­lia et Car­la, en­suite, mais pré­fère le cap Nègre où la fa­mille Bru­ni pos­sède une pro­prié­té. En 2012, Fran­çois Hollande dé­couvre le lieu avec sa com­pagne d’alors, Va­lé­rie Trier­wei­ler. Et n’ap­pré­cie guère. En oc­tobre 2013, il an­nonce que le fort ne se­ra plus ré­si­dence pré­si­den­tielle et en confie la ges­tion au Centre des mo­nu­ments na­tio­naux ( CMN).

Une vue re­mar­quable

« Pour nous, c’est l’évé­ne­ment de 2014, com­mente Phi­lippe Bé­la­val, à la tête du CNM. Il s’agit d’une pre­mière ou­ver­ture à titre ex­pé­ri­men­tal. Il y a quelques pe­tits sou­cis à ré­soudre. L’en­droit est en­cla­vé et la seule route d’ac­cès passe sur une pro­prié­té pri­vée. Il fau­dra donc mettre en pla- ce des par­kings et des na­vettes. Et on ne peut ac­cueillir que 150 per­sonnes en même temps sur le site. »

Pour y voir quoi ? Si le lieu est ma­gni­fique et la vue, no­tam­ment sur Por­que­rolles, re­mar­quable, le vi­si­teur ne doit pas s’at­tendre à un éblouis­se­ment. La dé­co­ra­tion est qua­li­fiée de « post- pom­pi­do­lienne » et l’en­semble « pas en mau­vais état mais pas ex­trê­me­ment en­tre­te­nu » . « Il s’agit de per­mettre aux gens d’en­trer dans l’in­ti­mi­té des chefs d’Etat, pré­cise Phi­lippe Bé­la­val. Il y a un cô­té un peu people. »

Le lieu res­te­ra sou­mis, par une conven­tion, à de pos­sibles uti­li­sa­tions pré­si­den­tielles. Sans doute une sage pré­cau­tion. En po­li­tique, la vé­ri­té d’un jour est ra­re­ment celle du len­de­main.

Bormes- les- Mi­mo­sas ( Var). Les vi­si­teurs pour­ront pro­fi­ter d’un pa­no­ra­ma re­mar­quable au fort de Brégançon, ou­vert pour la pre­mière fois au pu­blic.

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