Le Mo­ti­lium se­rait à l’ori­gine de morts su­bites

La re­vue « Pres­crire » a de­man­dé hier le re­trait du Mo­ti­lium, un mé­di­ca­ment an­ti nau­séeux très pri­sé parles fa­milles. Elle l’ac­cuse d’avoir pro­vo­qué jus­qu’à123 dé­cès en2012.

Le Parisien (Paris) - - La Une - CH­RIS­TINE MA­TEUS

C’est un in­con­tour­nable des phar­ma­cies fa­mi­liales. Quel pa­rent n’a pas sa boîte de dom­pé­ri­done, com­mer­cia­li­sé sur­tout sous le nom Mo­ti­lium, pour parer les troubles gas­triques de sa pro­gé­ni­ture ? Force est de consta­ter qu’ils sont nom­breux à uti­li­ser ce mé­di­ca­ment, sous or­don­nance, contre les nau­sées et vo­mis­se­ments au re­gard du vent de pa­nique qui se lève sur les ré­seaux so­ciaux. La re­vue « Pres­crire » , qui a été la pre­mière à dé­non­cer le scan­dale du Me­dia­tor, a pré­sen­té, hier, une étude ré­vé­lant que la dom­pé­ri­done était à l’ori­gine de morts su­bites en France, soit entre 25 et 123 dé­cès ré­per­to­riés au cours de l’an­née 2012. Es­sen­tiel­le­ment des pa­tients adultes, vic­times de ce neu­ro­lep­tique qui « aug­mente le risque de troubles du rythme car­diaque » , in­dique le ma­ga­zine.

Il ap­par­tient à la liste noire des 68 mé­di­ca­ments

Tou­jours se­lon ce der­nier, le Mo­ti­lium, « qui peut être rem­pla­cé par de meilleures so­lu­tions pour les pa­tients » , doit être re­ti­ré du mar­ché par les au­to­ri­tés sa­ni­taires eu­ro­péennes, ain­si que sa quin­zaine de gé­né­riques et ses dé­ri­vés comme le Pe­ri­dys. Le re­mède fai­sait d’ailleurs par­tie de sa liste noire des 68 mé­di­ca­ments à évi­ter, pu­bliée fin jan­vier.

« J’en ai pris au cours de ma gros­sesse lorsque j’étais nau­séeuse. Lorsque mon fils est né, il a com­men­cé à en prendre lors­qu’il ré­gur­gi­tait son lait. Ce mé­di­ca­ment le suit et l’ac- com­pagne dans sa vie de pe­tit gar­çon d’un an et de­mi. Au moindre ma­man bo­bo ventre, je dé­gai­nais le Mo­ti­lium sans au­cune crainte. Ce­la ne se­ra plus le cas. Chez moi, j’ap­pli­que­rai le prin­cipe de pré­cau­tion et le pé­diatre de­vra trou­ver autre chose pour le sou­la­ger » , ful­mine Va­nes­sa, ma­man d’un pe­tit Léo.

9,7 mil­lions de boîtes en un an

Même stu­peur chez les nou­nous. « La se­maine der­nière en­core, deux des trois pe­tits dont j’ai la charge ont souf­fert d’une gas­tro. Les deux mé­de­cins avaient pres­crit du Mo­ti­lium, dé­plore Ma­rie- Jo­sé La­moure, as­sis­tante ma­ter­nelle de­puis plus de vingt ans à Pa­ris. Je dois suivre l’or­don­nance qui m’a été re­mise, bien sûr, mais j’es­time avoir un de­voir de con­seil au­près des pa­rents. Et ce­la me fe­rait mal de voir à nou­veau du Mo­ti­lium sur une or­don­nance » , pré­vient- elle.

Chez les adultes, près de 7 % ont eu au moins une fois une pres­crip­tion de ce mé­di­ca­ment en 2012, soit en­vi­ron 3 mil­lions de per­sonnes en France. Se­lon le ré­seau de phar­ma­cies Cel­ti­pharm, fin jan­vier 2014, sur un an, 9,7 mil­lions de boîtes avaient été ven­dues Une baisse de 9,3% par rap­port à l’an­née pré­cé­dente. En dé­cembre 2011, un cour­rier de l’Agence fran­çaise du mé­di­ca­ment avait dé­jà mis en garde les pro­fes­sion­nels de san­té sur les risques car­dio­vas­cu­laires en­gen­drés par cette op­tion thé­ra­peu­tique.

( PhotoPQR/ » L’Al­sace » / Jean- Fran­çois Frey.)

Chez les adultes, près de 7 % ont eu au moins une fois une pres­crip­tion de Mo­ti­lium en 2012, soit en­vi­ron 3 mil­lions de per­sonnes en France.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.