Comment notre cer­veau re­tient nos rêves

Pour se sou­ve­nir de ses rêves, il faut se ré­veiller la nuit, le tempsque le cer­veau en­re­gistre le songe, ré­vèle une étude.

Le Parisien (Paris) - - La Une -

Pour­quoi rê­vons- nous ? D’où viennent les rêves ? Et d’ailleurs, pour­quoi cer­tains d’entre nous s’en sou­viennent- ils si bien, alors que d’autres pas du tout, ou juste quelques bribes ? Si les deux pre­mières ques­tions gardent en­core leur mys­tère, une par­tie du voile vient de se le­ver sur la troi­sième. Ce­ci grâce aux tra­vaux d’une équipe du centre de re­cherche en neu­ros­ciences de Lyon*, qui a fait ap­pel à des vo­lon­taires. D’un cô­té, un groupe de 21 gros rê­veurs ( ils se sou­viennent de plus de cinq de leurs songes en moyenne par se­maine), de l’autre, des pe­tits rê­veurs ( pas plus de deux rêves par mois), tous en bonne san­té par ailleurs.

Si vous dor­mez bien, vous ne re­tien­drez... rien !

« Pre­mière conclu­sion, dé­taille Per­rine Ru­by, char­gée de re­cherche qui a pi­lo­té l’opé­ra­tion, les gros rê­veurs se ré­veillent plus souvent que les autres. Deuxiè­me­ment, ces gros rê­veurs ré­agissent aus­si da­van­tage aux sti­mu­li de l’en­vi­ron­ne­ment lors­qu’ils sont plon­gés dans le som­meil. » Ain­si, ils se ré­veillent plus que les vo­lon­taires de l’autre groupe s’il y a du bruit.

Deux dé­cou­vertes qui appuient une hy­po­thèse émise dès 1976, dé­sor­mais va­li­dée : pour conser­ver la mé­moire d’un songe, il faut que nous sor­tions du som­meil, le temps suf­fi­sant pour que notre cer­veau en­code le rêve et en garde une trace au ré­veil. A l’in­verse, ceux qui dorment comme une souche et font une nuit sans in­ter­rup­tion ne gardent lo­gi­que­ment au­cun sou­ve­nir de leur ac­ti­vi­té cé­ré­brale noc­turne.

A l’aide d’un scan­ner TEP ( to­mo­gra­phie à émis­sions de po­si­tons), les cher­cheurs ont d’ailleurs mon­tré que, lors du som­meil, deux zones spé­ci­fiques du cer­veau fonctionnent da­van­tage : la jonc­tion tem­po­ro- pa­rié­tale et le cor­tex pré­fron­tal mé­dian. « Or, sou­ligne Per­rine Ru­by, des tra­vaux an­té­rieurs ont mon­tré que des lé­sions de ces deux zones em­pêchent de se sou­ve­nir de ses rêves. »

Ses re­cherches ayant été me­nées sur des su­jets en bonne san­té, Per­rine Ru­by n’est, par contre, pas sûre que ses conclu­sions sont ap- pli­cables aux in­som­niaques qui se ré­veillent à de mul­tiples re­prises au cours de la nuit. * Equipe In­serm ( Ins­ti­tut na­tio­nal de la san­té et de la re­cherche mé­di­cale)/ CNRS ( Centre na­tio­nal de la re­cherche scien­ti­fique)/ Uni­ver­si­té Claude- Ber­nard. Tra­vaux pu­bliés dans la re­vue spé­cia­li­sée « Neu­ro­psy­cho­phar­ma­co­lo­gy » .

( In­serm.)

Les « co­bayes » de l’étude me­née par le centre de re­cherche en neu­ros­ciences de Lyon ont été exa­mi­nés à l’aide d’un scan­ner pen­dant leur som­meil.

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