L’heure est dé­sor­mais à la sé­vé­ri­té

Le Parisien (Paris) - - Le fait du jour - B. C.

Sale temps pour les frau­deurs. En France, la mé­thode douce uti­li­sée par Eric Woerth, mi­nistre du Bud­get de 2007 à 2010, pour faire re­ve­nir les éva­dés fis­caux ne semble plus d’ac­tua­li­té. Of­fi­ciel­le­ment, plus pos­sible d’en­trer ano­ny­me­ment en contact avec le fisc fran­çais et de né­go­cier avec l’ad­mi­nis­tra­tion… La fa­meuse cel­lule de ré­gu­la­ri­sa­tion, for­mée sous son mi­nis­tère, avait pour­tant per­mis de ré­cu­pé­rer la ba­ga­telle de 1,2 Md€… Dé­sor­mais, l’heure est plu­tôt au bâ­ton. Dès 2011, Va­lé­rie Pé­cresse alour­dis­sait les peines en­cou­rues par les frau­deurs. La gauche, trau­ma­ti­sée par l’af­faire Ca­hu­zac ( l’ex- mi­nistre du Bud­get a re­con­nu avoir frau­dé le fisc…), a dur­ci les choses : amendes plus lourdes lorsque les frau­deurs passent par des sys­tèmes de trust, au­to­ri­sa­tion don­née à l’ad­mi­nis­tra­tion d’ef­fec­tuer des écoutes ou d’uti­li­ser des fi­chiers vo­lés, créa­tion d’un pro­cu­reur fi­nan­cier… La loi contre la fraude fis­cale vo­tée à l’au­tomne der­nier ren­force en­core les pou­voirs du fisc. Même en Suisse, pays ré­pu­té pour sa dis­cré­tion ban­caire, les frau­deurs ne semblent plus en odeur de sain­te­té. Sous la pres­sion des autres Etats oc­ci­den­taux, les banques hel­vètes de­mandent dé­sor­mais à leurs clients de prou­ver qu’ils ont bel et bien dé­cla­ré leurs fonds au fisc de leur pays d’ori­gine. Faute de quoi, ils ne sont plus les bien­ve­nus.

( AP/ Dpa/ Pic­ture- al­liance/ H. Os­sin­ger.)

Les banques suisses de­mandent dé­sor­mais à leurs clients de prou­ver qu’ils ont bien dé­cla­ré leur ar­gent au fisc de leur pays d’ori­gine.

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