L’Eu­rope bran­dit la me­nace des sanctions

Le Parisien (Paris) - - Monde - PH. M.

L’Ukraine n’est pas dans l’Eu­rope mais elle est en Eu­rope. » C’est par cette for­mule que Fran­çois Hollande, qui s’ex­pri­mait hier aux cô­tés d’An­ge­la Mer­kel, à la fin du Con­seil des mi­nistres fran­co- al­le­mand, a jus­ti­fié que l’Union eu­ro­péenne ne reste pas les bras croi­sés face au dé­chaî­ne­ment de vio­lences en Ukraine. « Il se pro­duit des actes in­qua­li­fiables, in­ad­mis­sibles, in­to­lé­rables » , a fus­ti­gé le pré­sident fran­çais en ap­pe­lant à des « sanctions eu­ro­péennes ra­pides et ci­blées à l’en­contre des prin­ci­paux res­pon­sables de ces actes » . La chan­ce­lière al­le­mande a ren­ché­ri en pré­ci­sant que, sur ce dos­sier en par­ti­cu­lier, les deux pays étaient en « to­tale concor­dance » , dé­ter­mi­nés à faire ces­ser les vio­lences. Mais les sanctions ne ré­gle­ront pas tout, a- t- elle re­con­nu. Pour par­ve­nir à im­po­ser le « re­tour au calme » et à en­clen­cher une tran­si­tion dé­mo­cra­tique et des élec­tions libres, le couple fran­co- al­le­mand et l’Union eu­ro­péenne sont dis­po­sés à prendre « tous les contacts pos­sibles, no­tam­ment en di­rec­tion de la Rus­sie » , as­sure Mer­kel. Elle se dit aus­si dis­po­sée à avoir des dis­cus­sions aus­si bien avec l’op­po­si­tion qu’avec le gou­ver­ne­ment ukrai­nien. Y com­pris le pré­sident Vik­tor Ia­nou­ko­vitch, « pour au­tant qu’il y soit dis­po­sé » . Au­jourd’hui à Bruxelles, les mi­nistres des Af­faires étran­gères eu­ro­péens doivent dé­battre de la na­ture et de la gra­dua­tion des sanctions à l’en­contre du pou­voir pro- russe de Kiev. Une af­faire qui ne va pas de soi car tout le monde n’est pas d’ac­cord par­mi les pays membres de l’Union. Cer­tains voi­sins de l’Ukraine et des pays du sud de l’Eu­rope re­doutent en ef­fet de pro­vo­quer un dur­cis­se­ment de Mos­cou. Et de je­ter un peu plus le pré­sident ukrai­nien dans les bras de Pou­tine, comme ce­la avait été le cas en Bié­lo­rus­sie il y a quelques an­nées. Pour faire pré­va­loir son in­fluence dans la ré­gion, la Rus­sie ne re­cu­le­ra de­vant au­cune in­ti­mi­da­tion, et sur­tout pas face à une Eu­rope que le Krem­lin juge faible. Hier ma­tin, le mi­nistre des Af­faires étran­gères russe, Ser­gueï La­vrov, n’hé­si­tait pas à qualifier les évé­ne­ments de Kiev de « ten­ta­tive de coup d’Etat » . Et il aver­tis­sait les Eu­ro­péens qu’ils avaient « suf­fi­sam­ment fait les mé­dia­teurs » .

Pa­lais de l’Ely­sée ( Pa­ris VIIIe), hier. An­ge­la Mer­kel et Fran­çois Hollande.

( LP/ Del­phine Gold­sz­te­jn.)

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