Pe­tits ar­ran­ge­ments entre amisàB­ruxelles

Le Parisien (Paris) - - Politique - V. H.

« Hold- up à Bruxelles » ( la Dé­cou­verte, 17 €) met en lu­mière de fa­çon très concrète les conflits d’in­té­rêts en Eu­rope, poin­tés du doigt par Bo­vé. Voi­ci deux exemples par­mi beau­coup d’autres. nDes in­trus à l’agence de sé­cu­ri­té des ali­ments En 2010, l’Eu­rope donne son feu vert à la mise sur le mar­ché d’Am­flo­ra, une pomme de terre gé­né­ti­que­ment mo­di­fiée mise au point par la so­cié­té al­le­mande BASF. Une dé­ci­sion prise grâce à l’au­to­ri­sa­tion don­née par l’EFSA ( l’Au­to­ri­té eu­ro­péenne de sé­cu­ri­té des ali­ments). Cen­sé être in­dé­pen­dant, cet or­ga­nisme s’avère noyau­té de l’in­té­rieur par les mul­ti­na­tio­nales, écrit Bo­vé. La pré­si­dente du Con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’EFSA, Dia­na Ba­na­ti, une scien­ti­fique hon­groise, est membre du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion du très mé­con­nu Il­si ( l’Ins­ti­tut in­ter­na­tio­nal des sciences de la vie). « Cet ins­ti­tut scien­ti­fique créé en 1978, ba­sé à Wa­shing­ton, est en fait une énorme or­ga­ni­sa­tion de lob­bying agro- in­dus­triel, fi­nan­cé par les plus grandes en­tre­prises mon­diales de ce do­maine : BASF, Bayer, Car­gill, Co­caCo­la, Da­none […]. Leur po­li­tique est de se taire, d’in­fil­trer, d’agir dans l’ombre. » nLe lob­by du ta­bac frappe fort Le 16 oc­tobre 2012, alors que la di­rec­tive ta­bac est dans sa der­nière ligne droite, le com­mis­saire eu­ro­péen à la consom­ma­tion, John Dal­li, char­gé de ce dos­sier, est bru­ta­le­ment li­mo­gé. Mo­tif : un proche de ce haut res­pon­sable eu­ro­péen a de­man­dé 60 M€ en son nom au ci­ga­ret­tier Swe­dish Match. Avec cette somme, il pro­met­tait à l’en­tre­prise sué­doise, en joint- ven­ture avec Phi­lip Mor­ris, d’ob­te­nir l’au­to­ri­sa­tion de la vente de Snus, un ta­bac à pri­ser sué­dois, sur tout le conti­nent. Sauf que, der­rière cette sup­po­sée cor­rup­tion, se cache, se­lon Jo­sé Bo­vé, un scé­na­rio abra­ca­da­brant pour ten­ter de tor­piller la nou­velle di­rec­tive, très sé­vère pour l’in­dus­trie du ta­bac. Une af­faire qui sou­ligne la pra­tique des « re­vol­ving doors » ( l’équi­valent du « pan­tou­flage » en fran­çais, le fait pour des hauts fonc­tion­naires d’al­ler tra­vailler dans le privé). Une tech­nique qui per­met aux en­tre­prises d’avoir des contacts très étroits avec les ins­ti­tu­tions eu­ro­péennes en em­bau­chant des fonc­tion­naires de Bruxelles.

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