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De­puis l’ac­ci­dent de Mi­chaelS­chu­ma­cher, les ventes et les lo­ca­tions de casques de ski on­taug­men­téde 30 %. Mê­meles adultes s’y mettent.

Le Parisien (Paris) - - Société - COUR­CHE­VEL ( SA­VOIE) De notre cor­res­pon­dant SERGE PUEYO

ans les sta­tions des Alpes, on parle d’ « ef­fet Schu­ma­cher » . De­puis l’ac­ci­dent de l’ex­cham­pion de For­mule 1, le 29 dé­cembre, les ventes et lo­ca­tions de casques sont en très nette aug­men­ta­tion dans les ma­ga­sins de sports. Une pro­gres­sion es­ti­mée à en­vi­ron 30 % par­mi les pro­fes­sion­nels du sec­teur. Chez « Jean Blanc Sport » , à Cour­che­vel ( Sa­voie), on a vu les ventes s’en­vo­ler en jan­vier. « Il y a vrai­ment une de­mande ex­po­nen­tielle. Sur le mois de jan­vier, on a en ven­du 100 de plus que l’an­née der­nière à la même époque. Ce qui est très im­por­tant. L’ac­ci­dent de Mi­chael Schu­ma­cher a vrai­ment mar­qué les es­prits. Les gens sont in­quiets. Ils ont com­pris qu’un ac­ci­dent est vite ar­ri­vé. Alors ils se dé­cident à ache­ter un casque » , ex­plique Ali­cia Che­va­lier, une ven­deuse.

La tête du pi­lote, qui évo­luait entre deux pistes sans vi­tesse ex­ces­sive, a per­cu­té un ro­cher. Son casque a été fis­su­ré sous le choc. Le cham­pion est tou­jours dans le co­ma au CHU de Gre­noble ( Isère).

Dans cet autre ma­ga­sin de Cour­che­vel, les casques s’ar­rachent éga­le­ment comme des pe­tits pains : « Les ventes s’en­volent. La plu­part de nos four­nis­seurs sont en rup­ture de stock » , confie Ber­trand, le res­pon­sable.

DCe qui est ar­ri­vé à Schu­ma­cher nous a vrai­ment

fait ré­flé­chir”

Na­tha­lie, une va­can­cière

Du cô­té des fa­bri­cants, on confirme le phé­no­mène. C’est le cas chez le Fran­çais Bol­lé et Cé­bé. « On est sur une pro­gres­sion de 30 % des ventes en France. Et il est vrai que sur cer­tains mo­dèles, on est en rup­ture de stock. Au­cun fournisseur n’avait pré­vu en dé­but d’hi­ver un tel pic de vente. L’ac­ci­dent de Mi­chael Schu­ma­cher a tout dé­clen­ché » , re­con­naît Louis Cis­ti, res­pon­sable com­mer­cial chez Bol­lé et Cé­bé.

Sur les pistes, Na­tha­lie, une va­can­cière pa­ri­sienne étrenne son nou­veau casque, bleu et rose. « Je l’ai ache­té dès que je suis ar­ri­vée dans la sta­tion. Et mon ma­ri en a pris un lui aus­si. Ce qui est ar­ri­vé à Schu­ma­cher nous a vrai­ment fait ré­flé­chir. C’est quand même un cham­pion qui avait l’ha­bi­tude d’al­ler très vite sur les cir­cuits. Eh bien là, sur les skis, il a fal­lu une chute toute bête pour qu’il se re­trouve dans le co­ma, avec un trau­ma­tisme crâ­nien très grave. Si on peut évi­ter ça, c’est pas plus mal. »

Au dé­part d’un té­lé­siège, Gilles, un autre va­can­cier, a lui aus­si ache­té un casque : « Jus­qu’à pré­sent, seuls mes en­fants en avaient un. Mais j’ai com­pris qu’avec les risques de chute mais aus­si de col­li­sion sur les pistes, il était plus pru­dent d’être pro­té­gé au ni­veau de la tête. Les gens vont de plus en plus vite. On ne se sent plus en sé­cu­ri­té. Le casque n’est pas une as­su­rance tout risque, mais ce­la per­met de li­mi­ter les dé­gâts » , es­time ce skieur.

( LP/ Au­ré­lie Au­du­reau.)

Les skieurs sont de plus en plus nom­breux à mettre un casque pour évo­luer sur les pistes, sur­tout de­puis l’ac­ci­dent du pi­lote de For­mule 1 Mi­chael Schu­ma­cher dans une sta­tion al­pine.

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