Cy­gnu­sest( bien) tom­bée !

Deretour de l’ISS avec 1,8 t de­dé­chets, la cap­sule de ra­vi­taille­ment s’est dés­in­té­grée hier soir dans l’at­mo­sphère au- des­sus­duPa­ci­fique Sud. L’opé­ra­tion s’est dé­rou­lée sans en­combre.

Le Parisien (Paris) - - Société - TAN­GUY DE L’ES­PI­NAY

pla­sh­down ! Après s’être désa­mar­rée avant- hier de la sta­tion spatiale in­ter­na­tio­nale ( ISS), la cap­sule de ra­vi­taille­ment Cy­gnus, rem­plie à ras bord de dé­tri­tus pro­ve­nant de la sta­tion spatiale, s’est dés­in­té­grée hier soir dans l’at­mo­sphère avant de s’écra­ser dans l’océan Pacifique. En réa­li­té, seuls 20 % de la masse du vais­seau cargo de­vait tou­cher la sur­face de l’eau. L’es­sen­tiel de ce bi­jou de tech­no­lo­gie et ses presque 2 t de dé­chets, qu’il ra­me­nait, étant pu­re­ment et sim­ple­ment consu­mé par le plas­ma gé­né­ré lors de l’en­trée dans l’at­mo­sphère.

Pour s’as­su­rer que les pièces ayant sur­vé­cu, gé­né­ra­le­ment les mor­ceaux les plus denses, en mé­taux lourds, ne tombent pas sur nos têtes, la cap­sule a ef­fec­tué son ul­time plon­geon vers la Terre au- des­sus d’une zone non ha­bi­tée, dans le Pacifique Sud.

Sjus­qu’à l’en­trée dans l’at­mo­sphère

nCon­trôle Avions et ba­teaux avaient été pré­ve­nus d’évi­ter cette zone si­tuée à quelque 3 000kmau sud de la Po­ly­né­sie fran­çaise, et dans la­quelle les dé­bris contrô­lés par les agences spa­tiales sont en­glou­tis. Car Cy­gnus était en­core sous contrôle après s’être dé­ta­ché de l’ISS. « Ce vé­hi­cule n’est pas au­to­nome, ex­plique Ch­ris­tophe Bon­nal, ex­pert au Centre na­tio­nal d’études spa­tiales ( Cnes).

Une fois dé­ta­ché, il amorce avec ses propres mo­teurs une sé­quence de pous­sée avant de s’ar­rê­ter à un point d’at­tente, où les équipes au sol font un check- up avant de l’en­voyer au point d’étape sui­vant, et ain­si de suite, jus­qu’à l’en­trée dans l’at­mo­sphère. » Au­cun risque donc qu’un étage de fu­sée fi­nisse un jour dans la tour Eif­fel ? « Il y a tou­jours une pos­si­bi­li­té que ça se passe mal » , es­time le scien­ti­fique, mais 99,9 % des pro­blèmes sont ré­so­lus et la pro­ba­bi­li­té de vic­times au sol est es­ti­mée à 1 sur 10 000. Et si la ré­gle­men­ta­tion in­ter­na­tio­nale im­pose de ra­me­ner vers la Terre une cap­sule comme Cy­gnus, c’est parce que le dan­ger est en­core plus grand de lais­ser un tel ob­jet dans l’es­pace. Car « à cette al­ti­tude, il fi­ni­ra par tom­ber » . Mais de fa­çon in­con­trô­lée.

Le vrai risque n’est fi­na­le­ment pas dans les quelques car­gos ra­vi­tailleurs que l’on sait désor­bi­ter, mais bien plus dans les 1 500 sa­tel­lites morts et au moins au­tant d’étages de fu­sée qui flottent au- des­sus de nos têtes. Chaque se­maine, un ou deux de ces ob­jets font une en­trée « aléa­toire » dans l’at­mo­sphère. La se­maine der­nière, les dé­bris d’un sa­tel­lite russe sont tom­bés près de Mé­dine, en Ara­bie saou­dite. « On ne compte au­cun mort pour l’ins­tant, mais on touche du bois. »

( Na­sa.)

La cap­sule de ra­vi­taille­ment Cy­gnus ( à droite) a quit­té la sta­tion spatiale in­ter­na­tio­nale ( à gauche) et ses restes sont tom­bés dans le Pacifique.

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