Ac­cu­sée d’avoir em­poi­son­né et dé­cou­pé son com­pa­gnon

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - JÉ­RÔME SAGE

ujourd’hui dé­bu­te­ra à Mou­lins ( Al­lier), un sin­gu­lier pro­cès d’as­sises : ce­lui d’Odile Va­rion, une femme de 46 ans, soup­çon­née d’avoir em­poi­son­né son com­pa­gnon, Di­dier La­cote, un soir de fé­vrier 2009.

Le 10 mars 2009, la Peu­geot 306 de cet homme de 51 ans est dé­cou­verte de­vant la gare de Dom­pierre- surBesbre, à une ving­taine de ki­lo­mètres à l’est de Mou­lins. Son corps pu­tré­fié et cou­pé en deux au ni­veau du bas­sin est en­fer­mé dans deux sacs pou­belles po­sés dans le coffre. Di­dier La­cote n’avait plus don­né signe de vie de­puis le jeu­di 12 fé­vrier. Après

Aa­voir quit­té l’usine PSA de Dom­pierre où il tra­vaille, l’ou­vrier a ren­du vi­site à An­nie, sa maî­tresse de­puis quelques jours. Il est re­par­ti vers chez lui à Vau­mas, dix ki­lo­mètres plus loin, pour dî­ner avec sa com­pagne Odile et leurs deux en­fants Alexan­dra et Au­ré­lien.

La suite est plus obs­cure. Se­lon l’ac­cu­sa­tion, la mère de fa­mille au­rait em­poi­son­né la nour­ri­ture de Di­dier, à l’aide de col­lyre d’atro­pine, un li­quide pres­crit, entre autres, pour les ma­la­dies des yeux. Un pro­duit qui, ab­sor­bé à forte dose, pro­voque hal­lu­ci­na­tions, dé­lires, déso­rien­ta­tion tem­po­relle et spatiale, jus­qu’à la mort. Le corps de la vic­time a en­suite été dé­cou­pé à l’aide d’un ou­til. Odile, qui nie toute im­pli­ca­tion dans l’as­sas­si­nat, ex­plique que Di­dier n’est pas ren­tré ce soir- là.

Des pho­tos de son ago­nie

tion n’était pas in­quié­tante, puisque Di­dier lui avait dit qu’il pre­nait des congés, comme à ses pa­rents, à des col­lègues… Et puis dans le couple, cha­cun fai­sait ce qu’il vou­lait. »

Un autre élé­ment in­trigue. Odile se se­rait pro­cu­ré en 2007, en 2008 et en 2009, à au moins cinq re­prises, des fla­cons de col­lyre. Di­dier souf­frait d’une in­flam­ma­tion de l’oeil et re­ce­vait à ce titre des pres­crip­tions d’atro­pine, se dé­fend- elle. Pour­tant, elle a d’abord nié ces achats, qui pourraient cor­res­pondre à des ten­ta­tives d’ho­mi­cide, lorsque Di­dier est hos­pi­ta­li­sé, par trois fois, ne sa­chant plus tout à coup ce qu’il fait… Au­tant d’élé­ments qui, note Me Do­mi­ni­queJean Lar­dans, avo­cat de la fa­mille de Di­dier, « co­lorent » le dos­sier.

Lui au­ra beau­coup de ques­tions à po­ser à Au­ré­lien, 15 ans au mo­ment des faits. Ini­tia­le­ment mis en exa­men pour as­sas­si­nat, il se­ra pour­sui­vi, de­vant le tri­bu­nal pour en­fants, pour avoir dé­truit des preuves, par la suite re­trou­vées par les en­quê­teurs. Des pho­tos, mon­trant le père de fa­mille au mo­ment de sa mort, ago­ni­sant dans le sa­lon du do­mi­cile. Mais hor­mis Au­ré­lien et sa mère, per­sonne ne peut éta­blir qu’elles datent de ce fu­neste 12 fé­vrier 2009. Pour­tant, tout en ex­plo­rant d’autres pistes — une ren­contre par In­ter­net qui tourne mal, le mi­lieu échan­giste lo­cal… —, les en­quê­teurs s’étonnent du dé­lai de près de trois se­maines qui s’est écou­lé entre la dis­pa­ri­tion du père de fa­mille et son si­gna­le­ment à la gen­dar­me­rie.

« Pour ma cliente, dé­fend son avo­cat Jean- Fran­çois Ca­nis, la dis­pa­ri-

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