Troi­sans­de­plus­pourFo­fa­na

L’an­cien chef­du « gang­des­bar­bares » , condam­néà­la­per­pé­tui­té­pourl’as­sas­si­nat d’Ilan Ha­li­mi, aé­co­pé­hier­de­troi­sans­de­pri­son­pourdes vio­lences surdes sur­veillants.

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - ALEN­ÇON ( ORNE) De notre en­voyée spé­ciale LOUISE COL­COM­BET

à droite lors de son ar­res­ta­tion à Abid­jan en mars 2006) oup de sang, ten­ta­tive d’éva­sion, pro­vo­ca­tions en tous genres… L’ad­mi­nis­tra­tion pé­ni­ten­tiaire avait tout en­vi­sa­gé. Sans doute moins, fi­na­le­ment, que Yous­souf Fo­fa­na se montre aus­si peu com­ba­tif. Pour ju­ger l’an­cien chef du « gang des bar­bares » , qui com­pa­rais­sait hier de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Alen­çon ( Orne) pour des vio­lences et des me­naces sur des sur­veillants pé­ni­ten­tiaires de la cen­trale de Con­dé- sur- Sarthe, l’ad­mi­nis­tra­tion avait mis les gros moyens. Ex­trait de sa cel­lule avec l’aide du Raid, il a été ache­mi­né jus­qu’au pa­lais de jus­tice dans un convoi es­cor­té par des mo­tards, toutes si­rènes hur­lantes. Bas de jog­ging en co­ton gris, haut de sur­vê­te­ment noir, Fo­fa­na, lui, est ar­ri­vé avec non­cha­lance, je­tant à peine quelques coups d’oeil à la salle, l’air

Cmi- amu­sé, mi- en­nuyé… Condam­né en juillet 2009 à la ré­clu­sion cri­mi­nelle à per­pé­tui­té pour avoir sé­ques­tré, tor­tu­ré et tué Ilan Ha­li­mi en 2006 à Ba­gneux ( Hauts- de- Seine), de nou­veau condam­né l’an der­nier à sept ans de pri­son pour avoir fait l’apo­lo­gie d’actes de ter­ro­risme et pro­vo­qué à la dis­cri­mi­na­tion dans des vi­déos dif­fu­sées… de­puis sa cel­lule, l’homme a gar­dé le mê­meair ma­li­cieux, presque nar­quois, im­mor­ta­li­sé en mars 2006 par un pho­to­graphe sur le tar­mac de l’aé­ro­port d’Abid­jan, en Côte d’Ivoire, où il s’était en­fui.

face aux ques­tions de la pré­si­dente

nA­mu­sé « Est- ce qu’on pour­rait m’en­le­ver les me­nottes ? » de­mande le pré­ve­nu, la sil­houette alour­die et une grosse barbe lui man­geant le bas du visage. « Non, on en a dis­cu­té et on ne le sou­haite pas, même si on com­prend que ça soit pénible pour vous » , lui ré­pond, en dou­ceur, la pré­si­dente du tri­bu­nal. « Pas de pro­blème » , glisse Fo­fa­na, dans la même veine, in­dif­fé­rent aux deux po­li­ciers qui l’en­cadrent et qui, mu­nis de gi­lets pare- balles, gar­de­ront toute l’au­dience les yeux sur lui et la main sur le pis­to­let.

Com­meau ci­né­ma, Yous­souf Fo­fa­na et la salle vi­sionnent alors les deux sé­ries d’agres­sions, dont les scènes ont été cap­tées par les ca­mé­ras de vi­déo­sur­veillance de cette pri­son de haute sé­cu­ri­té, flam­bant neuve, théâtre d’in­ci­dents à ré­pé­ti­tion. La pre­mière date du ré­veillon de Noël. On y voit Fo­fa­na, dans un cou­loir, ré­cla­mer de quit­ter le quar­tier d’iso­le­ment, me­na­çant les sur­veillants avec un cou­teau de for­tune réa­li­sé avec une boîte de conserve, avant d’être im­mo­bi­li­sé à terre. Dans la se­conde, qui date du 10 fé­vrier, alors qu’il est rac­com­pa­gné vers sa cel­lule

( ci- des­sus après une conver­sa­tion avec son amie in­car­cé­rée, il tire de sa poche une nou­velle arme ar­ti­sa­nale. Une brosse à dents af­fû­tée, cette fois, qu’il plante dans la main d’un sur­veillant. « Est- ce bien cette arme ? » l’in­ter­roge la pré­si­dente. « Je ne sais pas, je n’ai rien à dire » , lance Fo­fa­na. « Aviez­vous tour­né le bout cou­pant vers les sur­veillants ? » « Je ne sais pas. » « Vou­liez- vous être trans­fé­ré ? » « Je ne sais pas. » Fo­fa­na s’amuse et n’en di­ra pas plus. De même que son avo­cat qu’il a menacé de ré­cu­ser et à qui il a in­ter­dit de plai­der.

Sans cil­ler, il écoute alors le tri­bu­nal pro­non­cer une nou­velle peine de trois ans, comme ré­cla­mé par le par­quet, avant de clore sur d’im­pro­bables de­mandes : pou­voir s’ins­crire sur le site de vente en ligne eBay et que le di­rec­teur de la pri­son de Con­dé- surSarthe prenne sa re­traite…

Yous­souf Fo­fa­na est ar­ri­vé au pa­lais de jus­tice en four­gon, dans un convoi es­cor­té par des mo­tards. L’an­cien chef du « gang des bar­bares »

a no­tam­ment agres­sé des sur­veillants de la cen­trale de Con­dé- sur- Sarthe avec des armes ar­ti­sa­nales.

Alen­çon ( Orne), hier.

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