« Cer­tains doivent com­men­cer à rê­ver »

RUG­BY Tour­noi des Six Na­tions/ Bles­sé, le 3 e ligne juge le Galles- France de de­main Thier­ry Du­sau­toir, vain­queur du Grand Che­lem en 2010

Le Parisien (Paris) - - Sports - TOU­LOUSE ( HAUTE- GA­RONNE) De notre cor­res­pon­dant Pro­pos re­cueillis par VINCENT PIA­LAT

De­main, la France ira dé­fier le Pays de Galles lors de la troi­sième jour­née du Tour­noi des Six Na­tions. Une vic­toire lui per­met­trait de prendre une op­tion sur le 10e Grand Che­lem du rug­by fran­çais. Le der­nier, c’était en 2010. Thier­ry Du­sau­toir, le ca­pi­taine de l’époque, qui a dû dé­cla­rer for­fait pour l’édi­tion 2014 en rai­son d’une rup­ture du ten­don du bi­ceps droit, évoque ce sou­ve­nir. Le sou­ve­nir du Grand Che­lem 2010 est- il en­core frais dans votre mé­moire ? THIER­RY DU­SAU­TOIR. Oui ! C’est un su­per sou­ve­nir. Ce Tour­noi m’avait mar­qué parce que les choses avaient en­suite été un peu plus dif­fi­ciles en bleu… L’ins­tant qui m’a le plus mar­qué, c’est au mo­ment de le­ver le tro­phée. Je me sou­viens de cette der­nière ren­contre, face aux An­glais, sous la pluie, si dif­fi­cile, qu’on avait tout de même réus­si à ga­gner. C’était in­tense. C’est aus­si un grand sou­ve­nir parce qu’il s’agis­sait de mon pre­mier tro­phée sur le plan in­ter­na­tio­nal. Avant ça, je n’avais rien ga­gné. C’était émou­vant. Au fur et à me­sure que le Tour­noi avan­çait, on es­sayait de ne pas trop pen­ser au Grand Che­lem, de peur qu’il nous échappe. On avait même du mal à y croire.

Le che­min est en­core long”

Lors des an­nées paires, quelle im­por­tance re­vêt ce dé­pla­ce­ment au pays de Galles ? C’est un des mo­ments clés du Tour­noi. Se­lon moi, il y en a deux plus im­por­tants que les autres. Il y a tout d’abord le pre­mier match, car il condi­tionne la suite de la com­pé­ti­tion, dé­fi­nit l’état d’es­prit et peut mettre l’équipe sur de bons rails. Avec une vic­toire, on lance par­fai­te­ment l’aven­ture, alors qu’une dé­faite fait dé­jà s’écrou­ler le rêve de Grand Che­lem. Le re­vers en Ita­lie, l’an der­nier, avait plom­bé tout notre Tour­noi. Le deuxième mo­ment clé de la com­pé­ti­tion est jus­te­ment ce troi­sième match. Car une vic­toire lors de cette ren­contre peut of­frir en­suite une fi­nale. Après ce troi­sième match, le plus dur a été fait. Ce Millennium Sta­dium est- il aus­si par­ti­cu­lier qu’on le dit ? C’est mon stade pré­fé­ré. J’aime l’am­biance qui y règne. On sent le pu­blic très proche, d’au­tant plus quand le toit est fer­mé. C’est un peu comme une salle om­ni­sports, sauf qu’il y a 80 000 per­sonnes à l’in­té­rieur ! C’est comme une cu­vette. Il y a beau­coup de fer­veur. On en­tend tou­jours les Gal­lois chan­ter. Du­rant la com­pé­ti­tion, faut- il pen­ser à un pos­sible Grand Che­lem ou, au contraire, l’éva­cuer de son es­prit ? On s’au­to­rise à y pen­ser. C’est in­évi- table, à me­sure que les étapes sont fran­chies avec suc­cès. Là, j’ima­gine que cer­tains doivent com­men­cer à en rê­ver. En rê­ver, c’est nor­mal. Mais le che­min est en­core long. Comment naît un Grand Che­lem ? Comme tous les titres. Pe­tit à pe­tit, un groupe se forme. En 2010, nous pre­nions nos marques pour la Coupe du monde. On était plu­sieurs joueurs à prendre pos­ses­sion de l’équipe de France. Il y avait une gé­né­ra­tion qui s’af­fir­mait. Mais il n’y a pas for­cé­ment de bonne ou de mau­vaise ma­nière d’avan­cer dans le Tour­noi. L’es­sen­tiel, c’est la vic­toire. Comment gère- t- on cet en­chaî­ne­ment de cinq ren­contres ? Le plus dif­fi­cile, c’est de res­ter concen­tré du­rant le mois et de­mi de com­pé­ti­tion. Il y a plu­sieurs cou­pures tout au long du Tour­noi. C’est une bonne chose quand on est dans une mau­vaise passe, car ce­la per­met de cas­ser la spi­rale né­ga­tive. Mais, quand on gagne, on pré­fère en­chaî­ner im­mé­dia­te­ment. Quel dis­cours faut- il te­nir à la veille de ce troi­sième match, qui peut faire bas­cu­ler le Tour­noi du bon ou du mau­vais cô­té ? Tout dé­pend des cir­cons­tances. Il faut vivre avec le groupe pour sen­tir ce qu’il faut dire. En tant que ca­pi­taine, je n’ai ja­mais vrai­ment pré­pa­ré à l’avance mes in­ter­ven­tions. Là, je ne connais pas leur état d’es­prit, comment se passent les en­traî­ne­ments, s’il y a le bon en­ga­ge­ment ou s’il y a un be­soin de re­mo­bi­li­sa­tion. En tout cas, le groupe semble bien gé­rer son aven­ture. Le pre­mier match face aux An­glais a été très po­si­tif, parce qu’ils ont su al­ler cher­cher la vic­toire. Et l ors du deuxième match, ils ont réus­si à faire cra­quer l’Ita­lie en deuxième mi- temps après une pre­mière pé­riode com­pli­quée.

Stade de France

( Saint- De­nis), le 20 mars 2010. « L’ins­tant qui m’a le plus mar­qué, c’est au mo­ment de le­ver le tro­phée...

C’était in­tense » , se sou­vient Thier­ry Du­sau­toir, ha­bi­tuel ca­pi­taine des Bleus,

qui a connu le bon­heur de réus­sir le Grand Che­lem.

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