At­ten­tion, ou­ra­gan !

Mu­sique. Le groupe rock lil­lois Skip the Use sort lun­di un album ex­plo­sif et joue ce soir à la Cigale. Un concert à suivre en­di­rect sur notre site In­ter­net.

Le Parisien (Paris) - - Loisirs et Spectacles - ERIC BU­REAU

Nous sommes des mi­li­tants de l’ou­ver­ture d’es­prit, dans la mu­sique comme dans la vie”

Mat Bas­tard, chan­teur de Skip the Use

Nouvel avis de tem­pête sur la France lun­di. La tor­nade « Lit­tle Ar­ma­ged­don » dé­ferle du Nord- Pas- de- Ca­lais. Epi­centre de cette « pe­tite apo­ca­lypse » , Skip the Use, groupe lil­lois ré­vé­lé par la chan­son « Ghost » et son ir­ré­sis­tible re­frain avec une cho­rale d’en­fants, et il y a unan­par sa Vic­toire de l’album rock pour « Can Be Late » .

Ce pre­mier disque chez Uni­ver­sal, com­po­sé de chan­sons d’un pre­mier CD au­to­pro­duit et d’un live, ré­vé­lait un ta­lent in­dé­niable et un style puis­sant et dan­sant, mais il ne re­trou­vait ni l’ur­gence ni la puis­sance de ces bêtes de scène qui ap­prochent les 400 concerts en six ans d’exis­tence. « On n’est pas non plus ab­so­lu­ment sa­tis­faits de Can Be Late, re­con­naît le gui­ta­riste Yann Ste­fa­ni. On l’a fait en un mois. On ap­prend de ses er­reurs et, pour son suc­ces­seur, on a tra­vaillé dur et pris notre temps pour com­po­ser et en­re­gis­trer. Près d’un an. »

De dos sur la cou­ver­ture de leur pré­cé­dent album, les cinq mu­si­ciens tren­te­naires posent cette fois de face. « Pour qu’on nous iden­ti­fie, ex­plique le chan­teur, Mat Bas­tard. On a une mu­sique tel­le­ment di­ver­si­fiée que les gens pensent qu’il y a un groupe dif­fé­rent der­rière chaque titre. » « Quand je ré­écoute notre nouvel album, je me dis qu’on a été un peu fous, abonde Yann Ste­fa­ni. Mais on ne s’est pas po­sé de ques­tions. On a tout es­sayé. Et c’est exac­te­ment ce qu’on est. »

En­fants de la scène punk et me­tal, ac­ti­vistes de­puis près de vingt ans, les deux com­po­si­teurs de Skip the Use ont suf­fi­sam­ment connu et souf­fert du sec­ta­risme et de l’éli­tisme pour les com­battre au­jourd’hui. « Nous sommes des mi­li­tants de l’ou­ver­ture d’es­prit, dans la mu­sique comme dans la vie, ré­sume Mat Bas­tard. J’ai écrit ma pre­mière chan­son en fran­çais, Etre heu­reux, en voyant les Ma­nifs pour tous. Je ne com­prends pas comment on peut ma­ni­fes­ter contre un droit et in­ter­dire à des en­fants de sor­tir de leur mi­sère. Ces gens doivent être mal­heu­reux… Pour moi, chan­ter « Je suis heu­reux » , c’est une ma­nière de lut­ter contre Ma­rine Le Pen et les ex­tré­mismes. »

Mat Bas­tard vou­lait d’ailleurs en faire un duo avec Stro­mae, mais l’em­ploi du temps du phé­no­mène belge ne l’a pas per­mis. « Nous sommes un groupe po­pu­laire et fier de l’être, com­mente à ce su­jet le ro­ckeur. Ga­min, j’ai­mais Té­lé­phone parce que c’était le groupe du peuple. Et, quand on a fait la pre­mière par­tie de Rage Against the Ma­chine au Por­tu­gal, on s’est dit qu’on ado­re­rait faire dan­ser 40 000 per­sonnes et voya­ger en­core à l’étran­ger… » Quatre ans plus tard, le rêve est à por­tée de mé­dia­tor. Sur les routes à par­tir d’avril, l’ou­ra­gan Skip the Use est as­sez fort pour souf­fler jus­qu’à Ber­cy et fran­chir nos fron­tières.

Saint- Ouen ( Seine- Saint- De­nis), hier. Yann Ste­pha­ni, le gui­ta­riste de Skip the Use

( à gauche), et Mat Bas­tard, le chan­teur, sont aus­si les com­po­si­teurs du groupe.

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