C’était Pou­pou contre Maître Jacques

Documentaire. La­sé­rie « Duels » ( France5,21 h 35) fait re­vivre la ri­va­li­té en­treAn­que­til etPou­li­dor sur le Tour­de­France.

Le Parisien (Paris) - - Télévision et médias - PIERRE VAVASSEUR

En France, l’his­toire des duels my­thiques em­prunte la route du Tour 1964 où re­plon­ge­ront, ce soir dans « Duels » ( France 5, 21 h 35), les ama­teurs de bi­cy­clette. Pré­sen­tée par la jour­na­liste An­nick Co­jean, cette étape du sou­ve­nir, avec le Puy- de- Dôme en juge de guerre, dure cin­quante- deux mi­nutes. Son réa­li­sa­teur, Jean- Louis Sa­po­ri­to, y rap­pelle comment, lors d’un ca­ni­cu­laire mois de juillet, le Tour cou­pa le pays en deux : d’un cô­té, les pou­li­do­ristes, apôtres de SaintRay­mond, ga­min de la Creuse pas­sé pro­fes­sion­nel quatre ans plus tôt et dé­rou­lant du boyau avec ses tripes ; de l’autre, les an­que­ti­listes, vé­né­rant une mé­ca­nique faite homme, à pos­ture er­go­no­mique, ava­lant les ki­lo­mètres comme le mé­choui dont il fit bom­bance un jour de re­pos.

Le livre n’a pas en­core été écrit sur l’éter­nel deuxième pro­pul­sé en tête du pal­ma­rès dans le coeur des Fran­çais. Il n’en est pas fait men­tion dans le com­men­taire, mais l’écri­vain et jour­na­liste An­toine Blon­din évo­quait la « pou­pou­la­ri­té » du gar­çon de vaches. En face, le fils de pro­duc­teurs de fraises ré­pon­dait aux jour­na­listes en me­su­rant ses mots, avec des « se­lon » ronds comme des gui­dons de course. Cette an­née- là, nous rap­pelle- t- on, mon­tra pour la pre­mière fois la course vue d’hé­li­co. On croise An­to­nin Magne, ma­li­cieux ma­qui­gnon, usant de quelques es­broufes pour aug­men­ter les chances du Creu­sois.

Dans les an­nales de la Grande Boucle

En face, Ra­phaël Gé­mi­nia­ni, qui pré­si­dait aux des­ti­nées de Maître Jacques, jure sur la tête de ses en­fants qu’il ne s’est ja­mais pros­ter­né de­vant l’au­tel des ar­ti­fices. Quelques grandes fi­gures de sui­veurs — Jacques Au­gendre, Da­niel Pau­trat, An­dré Le Dis­sez — ap­portent leur éclai­rage sur cette édi­tion qui res­te­ra gra­vée dans les an­nales de la Grande Boucle.

Mais le maillot jaune de la ré­vé­la­tion re­vient à Louis Ros­tol­lan, équi­pier d’An­que­til. Ce der­nier confesse comment il sau­va son leader au bord de l’aban­don dans l’étape An­dor­reTou­louse. La ré­gle­men­ta­tion or­don­nant de tou­jours gar­der, dans les côtes, les mains sur le gui­don, Ros­tol­lan trac­ta le Nor­mand au coude- àcoude jus­qu’au som­met du col d’En­va­li­ra. Le 14 juillet, à l’is­sue de 4 359 km par­cou­rus et de 123 heures en selle, An­que­til l’em­por­tait pour une poi­gnée de se­condes et Pou­li­dor dé­cla­rait, sous la cla­meur : « Je ne suis pas dé­çu. »

Puy- de- Dôme, le 12 juillet 1964. Jacques An­que­til ( à gauche) et Ray­mond Pou­li­dor dans l’une des as­cen­sions my­thiques du Tour.

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