Avec les fa­milles aux ur­gences

Le Parisien (Paris) - - Télévision et médias - CAR­LO­TA HA­KI­KI

Chaque té­moi­gnage met le doigt sur nos peurs les plus pro­fondes”

Ju­liette, jour­na­liste

Après Mont­pel­lier, en jan­vier 2013, l ’ équipe de « 24 Heures aux ur­gences » a in­ves­ti le CHU de Poi­tiers. Si le concept de la sé­rie documentaire reste in­chan­gé — fil­mer, à l’aide de 70 ca­mé­ras, le quo­ti­dien des ur­gences —, la deuxième sai­son ( TF 1, 23 h 50) a pris le pa­ri d’ac­cor­der da­van­tage la parole aux pa­tients et à l eurs proches. « L’an­née der­nière, on vou­lait mettre en avant le per­son­nel soi­gnant. Cette vo­lon­té a été d’au­tant plus forte que la plu­part des pa­tients et leurs fa­milles ne vou­laient pas être fil­més, concède Fré­dé­rick La­croix, co­pro­duc­teur. Cette an­née, les chiffres se sont in­ver­sés. Les 70 % de non sont de­ve­nus des oui. »

Dans une salle spé­cia­le­ment amé­na­gée, quatre jour­na­listes, toutes des femmes, ont vé­cu du­rant dix jours au rythme des équipes des ur­gences. Des gardes de 12 heures, de jour comme de nuit, pour re­cueillir les témoignages poi­gnants des mé­de­cins, mais aus­si des fa­milles des pa­tients. « On a pas­sé deux mois sur place, avant l’ar­ri­vée des ca­mé­ras, pour voir le mode de fonc­tion­ne­ment des ur­gences. Ça nous a per­mis de nous ap­pro­cher de la vé­ri­té et de don­ner aux in­ter­viewés l’op­por­tu­ni­té d’éva­cuer la sur­charge d’émo­tion » , ex­plique Ju­liette, 33 ans, l’une des jour­na­listes re­cru­tées par Shine France pour l’émission.

C’est à elle que Jo­sian, dont la fille s’est frac­tu­ré le coude, avoue la voix che­vro­tante : « On a beau être le plus fort du monde, dans ces mo­ments- là, on est juste un pa­pa. » Karine, dont le fils s’est cas­sé le pé­ro­né, lâche : « Si je pou­vais prendre sa dou­leur, je le fe­rais. » « On se prend une claque face à la di­gni­té des fa­milles et des mé­de­cins qui sauvent des vies. Ça m’est ar­ri­vé de pleu­rer par­fois plus que les in­té­res­sés, confie Ju­liette. Chaque té­moi­gnage met le doigt sur nos peurs les plus pro­fondes. »

Pour la deuxième sai­son de « 24 Heures aux ur­gences » , l’équipe a in­ves­ti le CHU de Poi­tiers et pris le pa­ri d’ac­cor­der da­van­tage la parole aux pa­tients et à leurs proches.

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