Les Yve­lines en guerre avec les taxis pa­ri­siens

Des chauf­feurs de la ca­pi­tale pren­draient des clients illé­ga­le­ment dans leur dé­par­te­ment

Le Parisien (Paris) - - Jeux - MEH­DI GHERDANE

De plus en plus, les col­lègues voient pas­ser sous leurs yeux leurs concur­rents di­rects”

Les ma­ni­fes­ta­tions ré­centes des taxis pa­ri­siens contre les voi­tures de tou­risme avec chauf­feur ( VTC) ont re­lé­gué au se­cond plan un autre com­bat, moins mé­dia­tique mais tout aus­si ten­du. Il y a quelques jours, les taxis des Yve­lines ont or­ga­ni­sé une réu­nion syn­di­cale afin de ri­pos­ter à la pré­sence crois­sante de taxis pa­ri­siens dans leur dé­par­te­ment.

Les chauf­feurs de la ca­pi­tale n’ont en ef­fet pas le droit de prendre des clients à la vo­lée en grande cou­ronne. Tra­di­tion­nel­le­ment, il est aus­si d’usage de ne pas dé­mar­cher les hô­pi­taux ou les cli­niques pour pro­po­ser ses ser­vices. Pour­tant, cer­tains d’entre eux n’hé­sitent pas à bra­ver l’in­ter­dit, au nez et à la barbe des lo­caux. « Ils prennent les clients à la vo­lée à Ver­sailles ou Pois­sy ( 78). Et, main­te­nant, ils ar­rivent à Mantes- la- Jo­lie, dé­nonce un chauf­feur de la ré­gion man­taise. Ils dé­marchent di­rec­te­ment hô­pi­taux et cli­niques. »

Antonio Ne­to, pré­sident du Syn­di­cat des taxis des Yve­lines

Sur le ter­rain, la si­tua­tion s’en­ve­nime et les ba­garres ne sont pas rares. « Il y a un vrai ras- le- bol dans la pro­fes­sion, note Antonio Ne­to, pré­sident du Syn­di­cat des taxis des Yve­lines. De plus en plus, les col­lègues voient pas­ser sous leurs yeux leurs concur­rents di­rects. »

Si le phé­no­mène n’est pas nou­veau, il a, semble- t- il, pris de l’im­por­tance ces der­niers mois sous l’ef­fet conju­gué d’une concur­rence ac­crue à Pa­ris et du sen­ti­ment d’im­pu­ni­té. « En­freindre la loi n’est pas ad­mis­sible, mais cer­tains d’entre nous sont confron­tés à un manque à ga­gner qui les oblige à se dé­pla­cer » , dit Ab­del­ka­der Mor­ghad, dé­lé­gué de la Fé­dé­ra­tion des taxis in­dé­pen­dants de Pa­ris.

La ré­gle­men­ta­tion n’ar­range pas les choses : pour une même course, le taxi pa­ri­sien se­ra mieux payé que son ho­mo­logue yve­li­nois. « Nous fac­tu­rons l’al­ler- re­tour Mantes - Bou­logne- Billancourt ( Hauts- deSeine) en­vi­ron 115 €. Mon col­lègue de la ca­pi­tale de­man­de­ra 200 €. Plus il s’éloigne de Pa­ris, plus il gagne » , ajoute, dé­pi­té, Antonio Ne­to.

En­fin, la loi per­met aux so­cié­tés de pla­ce­ment d’en­voyer des Pa­ri­siens ré­cu­pé­rer des clients en grande cou­ronne. Ces en­tre­prises — qui mettent en re­la­tion clients et ar­ti­sans — ne sont pas concer­nées par les li­mi­ta­tions géo­gra­phiques im­po­sées à la pro­fes­sion. « Cette dé­marche est tout à fait lé­gale. C’est la loi, ap­prouve Ab­del­ka­der Mor­ghad. Mais ce­la n’ex­cuse pas cer­tains com­por­te­ments. Nous de­man­dons à nos col­lègues yve­li­nois de re­le­ver les plaques des frau­deurs et de nous les trans­mettre. »

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