« Je ne sors plus le soir, au cas où »

Mi­chel, un Fran­çais ins­tal­lé à Kiev

Le Parisien (Paris) - - Le Fait Du Jour -

De chez lui, à 1 km de la place Maï­dan, épi­centre de la contes­ta­tion à Kiev, Mi­chel voit un « im­mense nuage de fu­mée de pneus brû­lés s’échap­pant des bar­ri­cades, signe que les ma­ni­fes­tants sont tou­jours là » . « Mais, en bas de chez moi, je croise aus­si des gens qui pro­mènent leur chien » , dé­crit- il. Pour ce Fran­çais tra­vaillant pour une banque hexa­go­nale, « le contraste est très sai­sis­sant dans la ville » . « Il y a deux fa­çons de voir la crise. D’un cô­té, il y a un champ de ba­taille avec ses morts et ses flammes de l’autre, à deux rues de là, une vie quo­ti­dienne qui se pour­suit, même si le mé­tro et les écoles sont fer­més, même s’il y a moins de cir­cu­la­tion qu’avant. Ma femme vient d’al­ler faire les courses au su­per­mar­ché, il y avait certes plus de clients que d’ha­bi­tude, mais le ma­ga­sin reste ap­pro­vi­sion­né nor­ma­le­ment » , ob­serve- t- il. Comme lui, ils sont 945 Fran­çais re­cen­sés par

Les in­sur­gés ukrai­niens sont très mo­ti­vés, ils ne sont pas près de par­tir”

l’am­bas­sade de France à Kiev dont deux tiers vi­vant dans la ca­pi­tale ukrai­nienne. Quelque 160 en­tre­prises fran­çaises sont im­plan­tées dans tout le pays. L’am­bas­sade a mis en place une cel­lule de crise, ap­pe­lant aus­si ses res­sor­tis­sants à la plus grande pru­dence. Le ly­cée fran­çais et l’Ins­ti­tut fran­çais à Kiev ont été fer­més. Mi­chel, le cadre sup, a dé­ci­dé de

« prendre quelques pré­cau­tions » . « Evi­dem­ment, je ne me rends pas sur la zone de com­bats. En jour­née, j’es­saie de li­mi­ter mes dé­pla­ce­ments. Et le soir, je ne sors plus, au cas où des bandes vien­draient à en dé­coudre » , pré­cise- t- il, ju­geant « la si­tua­tion po­li­tique dra­ma­tique » . « Les in­sur­gés ukrai­niens sont très mo­ti­vés, ils ne sont pas près de par­tir. Ce sont des Slaves, ils ac­ceptent le mal­heur. On ne peut pas être in­dif­fé­rent. La cor­rup­tion est très forte aux som­mets du pou­voir » , sou­ligne- t- il. Pour l’heure, il n’envisage pas un re­tour au ber­cail. « Mais bien sûr, je me pose des ques­tions » , re­con­naît- il. Il est en « alerte » , en contact ré­gu­lier avec « un chef d’îlot » , un ré­fé­rent par quar­tier qui trans­met les consignes de sé­cu­ri­té de l’am­bas­sade de France.

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