Un pays sous per­fu­sion de Mos­cou

Le Parisien (Paris) - - Le Fait Du Jour - MOS­COU ( RUS­SIE) De notre cor­res­pon­dant EM­MA­NUEL GRYNSZPAN

Entre les deux « pays frères » , il n’est presque plus ques­tion que d’ar­gent. Le 21 no­vembre der­nier, le pré­sident ukrai­nien fait volte- face en re­fu­sant de si­gner un ac­cord d’as­so­cia­tion avec l’Union eu­ro­péenne, dé­clen­chant la contes­ta­tion. Mais, pour l’UE, Kiev de­vait pro­cé­der à des ré­formes dras­tiques et for­cé­ment im­po­pu­laires. Le gaz, moyen de pres­sion Pou­tine, de son cô­té, a pro­po­sé un prêt de 15 Mds$, et la baisse du prix de ses li­vrai­sons en gaz, dont l’in­dus­trie ukrai­nienne est si consom­ma­trice. Entre l’Eu­rope et la Rus­sie, Ia­nou­ko­vitch a donc choi­si la se­conde, d’au­tant que le Krem­lin a as­sor­ti ses offres al­lé­chantes de pres­sions peu ami­cales, comme de fer­mer le mar­ché russe aux en­tre­prises. As­phyxiée, l’Ukraine a cé­dé, comme souvent. Et sur les 15 Mds$, Kiev n’en a pour l’heure re­çu que trois. Une fa­çon de te­nir le ré­gime — très af­fai­bli par une dette co­los­sale et un PIB à la baisse — en laisse. Et ce d’au­tant plus que la Rus­sie en­tend in­té­grer l’Ukraine à son pro­jet d’union éco­no­mique qui re­groupe peu ou prou les pays de l’ex- URSS. Sur le pa­pier, c’est un pen­chant as­sez lo­gique : les éco­no­mies des deux pays sont in­ter­pé­né­trées. Mais, dans les faits, la re­la­tion de dé­pen­dance, voire de vas­sa­li­sa­tion, ne fait pas de doute : Mos­cou est en ef­fet le pre­mier par­te­naire com­mer­cial de Kiev ( 36 % des échanges), mais l’Ukraine — qui fut long­temps le grenier à blé de l’URSS — ne pèse que 6 % dans les échanges ex­té­rieurs russes.

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